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MACROBE.
fonde du droit pontifical qu’il montre dans plu-sieurs parties de ses ouvrages, comme si cettescience eut été le principal objet de ses études.Tu t’es engagé, si l’occasion se présentait detraiter un sujet aussi important, à prouver queVirgile devait être considéré comme le premierde nos pontifes : remplis donc maintenant ta pro-messe; sans quoi je devrai croire ou que tu asoublié ton engagement, ou plu têt que le pré-sident du collège de nos pontifes ignore le méritede Virgile considéré comme pontife.
Le visage de Prætextatus se couvrit d'unerougeur modeste, et il répondit : Je vais prouver,et que je n’oublie point mes engagements, et queVirgile ne fut pas ignorant des rites sacrés. Je leferai, Évangelus, non à cause de tes paroles ,beaucoup plus inconsidérées que vraies, maispar égard pour cette réunion, qui, je le sais, m’é-coutera avec empressement. La première chosepar laquelle je crois devoir commencer, c’est lacérémoniede la purification, par où doit toujourscommencer quiconque veut offrir aux dieux duciel un sacrifice régulier. C’est ce que Virgiledémontre clai'rement, lorsqu’introduisant Énéeen qualité de pontife, il lui fait adresser à sonpère les paroles suivantes :
« Toi, mon père, prends dans tes mains les« ustensiles sacrés et nos pénates domestiques;« sortant d’un si terrible combat, et la main en-« eore fraîchement ensanglantée, je serais sacri-« lége de les toucher avant de m’être lavé dans« l’eau vive du fleuve. »
Après la sépulture-de sa nourrice Ca'iète, oùtend la navigation d’Énée?
omnia, quihiis eminet laus Maronis, hoc te leclorem as-siduum admirari, quia doctissime jus PonUfidum, lan-quam hoc professas, in milita et varia operis sui parteservavit. Et si tanin; dissertations sermo non cederel,promislsli, fore ut Vcrgilius noster ponlil'ex maximusvideretur. Nunc igitur complu promissum, vel sermonemainemoria tua credam cessisse, vel potins præsulem no-slrum Vergilium ponlilicem ignorasse. Tune Prætextatus,decenti rubore peiïiisus : Non, inipiit, o Euangole, pro-pter verba tua mugis vana , ipiam vern , sud propter toliuscmtus reverenliam, cpiem scio avide istuil audire, oslen-dam, nec me sermonis ohlitmn, uec saerornm Vergilimnimperitum. Hoc autem reput» principalilcr præmiltcn-dum , quo ad hoc qnis Diis siqieris rem saeram recto per-liciat, prius cum rite purilicari oporlere. Et hoc Yergiliusprius plane demonslrat, cum Æneam pontificem intro-ducit, patri suo sieloquentem :
Tu, genitor, cape sacra manu palriosque Penales.
Me, belle c lanto digression el cæde recenli,
Attrectare nefas ; donee me Ikunine vivoAbluero.
post Cajelæ quoqiie nulricis sepulluram, quo putissimmnnavigans apprdlitur, quam ad catn parlent,
Per quam fluvio Tiberinus amœnolu mare prorumpit,
« Vers les lieux riants par où coule le Tibre« pour se précipiter dans la mer; »afin qu’aussitêt qu’il aura mis le pied sur le scuide l’Italie, lavé dans les ondes du fleuve, ilpuisse invoquer avec pureté Jupiter,
« Et sa mère Vénus, qui lui donna le jour ena Vhrygie. »
Et pourquoi tout cela? parce qu’il naviguesur le Tibre pour aller joindre Evandre, et que,devant le trouver occupé à célébrer les l'êtesd’Hercule, il veut être purifié, afin de pouvoirparticiper aux sacrifices de son bête. Aussi Junonne se plaint-elle pas tant de ce que contre sa vo-lonté Énée est parvenu en Italie, que « de cequ’il est entré dans le lit désiré du Tibre, »parce qu’elle savait qu’une fois purifié dans cefleuve, il pouvait régulièrement sacrifier à elle-même, et qu’elle ne voulait pas seulement êtreintercédée par lui.
Maintenant que nous avons démontré, parl’autorité de Virgile, que la purification est unecérémonie essentielle aux sacrifices que l’on offreaux dieux du ciel, voyons si ce poète a observéla même exactitude de rites à l’égard du culte desdieux des enfers. Lorsqu'on veut sacrifier auxdieux du Ciel, il faut se purifier par l’ablutionde tout le corps; mais lorsqu’on veut sacrifieraux dieux des enfers, il suffit seulement del’aspersion. Enée veut donc parler de sacrificesci faire aux dieux du ciel, lorsqu’il dit : « Jusqu’à« ce que je me sois lavé dans l’eau vive du lleuve. »Mais lorsque Bidon veut sacrifier aux dieux in-fernaux , elle dit :
« O ma chère nourrice, fais venir ici ma sœur
ut confestim iu ipso Italiæ limine lluviali unda ablutus,posset quam purissime Jovem,
Phrygiamque ex ordine mal rem,invoenre. Quiil? quocl Evamlrum adiluriis perTiheriin nu-vigat, quml eumesset repertunis llemili sacra celehran-tem, ut sic punlirahis sacris possit hospitalilms intér-esse? Ilinc cl Juin) ipsa conqucrilur, mm magis qumlÆneam conligisset contra suuin vcllc in llaliam pervo-nire, quam quoi] oplato potiretor Tibridu ulvco : quiasciret, ému hocamnc purilicatum posse sacra eliatn sibirite perficere; nam ne supplieari quidem silii ali eo vellet.Nunc, qtioniain purilicalionem ail sacra supororum porli-nentem Deorum in Vergilianaobservationeinonslraviimis,videamus, utrum et circa inlerormn Deorinn cultmn pro-prielatem moris idem poêla servaveril. Constat, IJiis su-peris sacra facto mm corporis abbitionc porgari. Cum ver»inleris lilamlum est, salis aelum viiletur, si ailspersio solaconlingat. De sacris igitur superorum aitÆueas:
Douée me Humilie vivo
Abluero,
at Dido, cum sacra Diis inferis institnil, ail :
Annam, cara milii iiufrix, hucsisle soi'orein :
Die corpus properel lluviali spargere lymplia.
et alibi :
Sparserat et lalices simulalos fontis Averni.