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MACROBE
traité Des choses divines, dit que les autels[arm) s’appelaient anciennement asm (anses)parce qu’il fallait qu’ils fussent tenus, par ceuxqui offraient les sacrifices, de la même façon qu’ontient les vases par les anses. Au moyen d’unchangement de lettre, A'asa on aura fait ara,comme de Valesim et de Fttsius qui se disaientanciennement, on a fait aujourd’hui les noms deValérius et de Furius. Virgile, dans le vers sui-vant, n'a pas négligé nos observations :
« Le dieu tout-puissant entendit les prières« qu’larbe lui adressait en tenant ses autels« embrassés. »
Me croirait-on pas qu’larbe est écouté, non pastant parce qu’il priait, que parce qu’il tenait lesautels embrassés? Lorsque Virgile dit ailleurs :
« Filée priait la Sibylle en ces termes, et tenait« embrassé l’autel; »
Et dans un autre endroit, lorsque le poète faitdire à Latinus :
« Je touche les autels, j’atteste les dieux, et les« feux qui y brûlent en leur honneur »,
Il entend donner une signification analogue autermequiexprime l’action de saisir l’autel [tarujo).
Le même poëte, savant aussi profond qu’espritingénieux, a usé de certains vieux mots qu’il sa-vait appartenir spécialement aux rites sacrés, demanière qu’en changeant le son du mot, la signi-fication restât tout entière. Ainsi dans le premierlivre de Pictor, « du Droit pontifical,» on trouve lemot vilulari, dont Titus explique ainsi la significa-tion : « Vilulari , c’est voce lœturi (se réjouir de la«voix.) » Varron, dans le livre quinzième Deschoses, divines, dit que» dans certains sacrifices« le prêtre fait éclater sa joie (vitulalur)-, ce que« lesGrees appellent TcaiavfÇetv. » Virgile, avec sa
primum asas dictas; quod essct nccessarium, a sacvifi-catilibus eas teneri. Ansis aiitem teneri solere vasa, quisdiiliitet? commutatione erg» lileranim aras ilici cieplas,ut Valesins et lùisios dictas prias, mine Valerios et Fu-rios dici. Haie omnia illo versa puela exseculus est :
Tulilms orantem diclis, arasipie tenentem,
Audiit omnipotens,
nonneeo addition credideris, non quia orabat tautani,sed quia et aras tenebat, audition ? nee non cum ait :
Talibus orabat diclis, arasque tenebat.item :
Tango aras, medios Ignés ac numina testor.liandem vim norninis ex appreliensione signifient.
Idem poeta lam scientia profundns, quain amoenus in-génié, nonnulla de veleribus verbis, quæ ad proprielalemsacrorum noverat perlinere, ita interpretatus est, ut,înutato verbi sono, integer intellectus inaneret. Namprimo J’onlilicii juris libro apud Pictorem verbuin hoc po-situm est, vilulari. De cujus verbi signilicutn Titius itaretulit : « Vilulari est voce ladari. Varro etiam in libro« quiutodecimo Rerum divinarum ita refert, quod ponti-« léx in sacris quibusdam vilulari soleat, quod Græci« iraiavgetv vocant. » lias lot interpretuliouis ambages,
docte élégance, rend en peu de mots cette inter-prétation compliquée :
« Ils chanlent en chœur des hymnes d’allé-« gresse ( pœana)-, »
car puisque vilulari, qui n’est autre chose quevoce lœtari, s’exprime par TTaiaviÇsiv, pour dési-gner ceux qui sont joyeux en chantant, peut-ontrouver un terme plus propre que l’adjectif iraia-voç? Arrêtons-nous un moment sur le mot vilu-lari. Hyllus, dans le livre qu’il a composé surles dieux, dit qu’on appelait Vitula la déesse quipréside à la joie. Pison dit que c’est la victoirequ’on appelle Vitula, et voici la raison qu’il endonne : Le lendemain des nones de juillet, lesRomains ayant mis en fuite les Toscftns qui lesavaient battus la veille, ce qui a fait donner àces nones le surnom de Populifugia (fuite dupeuple), après la victoire, l’on offrit certains sa-crifices appelés Vitulations. D’autres pensent quele nom de Vitula vient de ce que cette déesse ale pouvoir de nous faire soutenir la vie( vila);c’est pourquoi on lui offre des sacrifices pour laremercier des productions de la terre, parce queces productions servent à soutenir la vie del’homme. Delà vient que Virgile a dit :
« Viens te joindre à moi lorsque je sacrifierai« une génisse (cùm Jaciam vilula) pour les fruits« de la terre. »
Il a dit vitula pour vitulatione, qui, ainsi quenous venons de le voir, est la dénomination d’unsacrifice offert en signe de joie. Observons deplus qu’il faut lire à l’ablatif, cum jaciam vi-tula : c’est comme si le poëte avait dit, cum ja-ciam remdivinam (lorsquej’offrirai un sacrifice),non avec une brebis, non avec une chèvre, mais,vitula, avec une génisse ; employant, au moyen
quam pancis verbis docta Maronis eleganlia expressif :
Lætumque clioro piétina cimentes,nam si vilulari est voce lœtari, quod est naiavttlaiv,nonne in cantu læli rcaiâvo; enarrnlio verbi perlecta ser-vataest? et, ut hoir, vocabiilodiulius immoremur, llylluslibro, qnem de Diis composait, ait, Vilulam voeariDnam, quæ lætiliæ pratest. I’iso ait, vitulam vicloriamnominari. Cujus rei boc argunienlum piolert, quod post-ridie Nonas Julius re bene gesta, cum pridie populus aTuscis in fngam versus sit, nnde Populifugia vocanlur,post victoriam certis sacriticiis fiatvitulatio. Quidam no-men ejus animadversum pillant, quoi! païens sil vilse to-lerandæ. Ideo liuic Deæ pro lïugibus lieri sacra dicunlur,qiiinfrugilni; vita bumana toleralur. Unde hoc esse ani-madvertlmus, quod ait Vergilius :
Cum facinm vilula pro lruglbus, ipso venito :ut vilula dixerit pro vilulalione : quod nomen esse sa-critieiiob lætiliam laeli, superius expressimus. Meininc-linius tamen, siclegendmn perablativuin :
Cum faciam vilula jiro frugibus.id est , cum faciain rem divinain, non ove, non capra,sed vitula; lanquam dical, cum vitulam pro frugibus sa-criticaveio, quod est, cum vitula remdivinam feeero.