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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES, L1V. 111.

d’une ellipse, l'ablatif, au lieu de l’accusatif.

Virgile signale la qualité de pontife dansÉnée, jusque dans la qualification qu’il donneau récit de scs labeurs. Les pontifes avaient laprérogative d'écrire sur des tables le récit desévénements publies; on appelait ces tables an-nales maxirni, pour désigner qu’elles étaientl’ouvrage des souverains pontifes; c’est à cause decela que Virgile fait dire par Énée (à Didon ) :

« Si vous avez le loisir d’écouter les annales de« nos malheurs, si grands et si nombreux. »

CHAPITRE 111.

J)u sacré, du iirofuiie, du saint, et du religieux. Ce quesignifient ces expressions; et avec quelle exactitudeVirgile u exprimé la valeur de ces mots.

On demande souvent ce que signifient dans lesdécrets des pontifes les expressions de sacré,d a profane, de saint, de religieux. Voyons si Vir-gile a employé ees mots d’une manière conformeà leur définition, et si, selon son usage, il a con-servé à chacun sa signification propre.

Trébatius au livre 1 er Des choses religieuses,s’exprime ainsi : « La chose sacrée est celle qui«appartient aux dieux. « Le poète, ayant cette défi-nition présente à la mémoire, a prononcé à peinele mot de sacré, qu’il fait suivre presque aussitôtle nom de la divinité :

« Je sacrifiais (sacra ferebam) aux dieux été« ma mère, fille de Dionée. »

Ailleurs :

« Le sacrifice (sacra) que j’ai disposé pour être,« suivant les rites religieux, à Jupiter Stygien.»Ailleurs :

Pmitificem Æncain vel ex nomme referendorum laborumejus ostendil. l’ontilicibus enim permisse est potestus me-moriain renun geslarum in tabulas cunfercmli; et lins an-nales uppellant liquident maximos, quasi a ponlificibusmaxitnis l'acios. Undeex persona Æiioat ait :lit vacct annales nostroruiii audire laborum.

CA P UT lit.

De sacro, profano, sancto, et religloso : quid eu slnl.elqiiam diligenter lioruin verboruin proprlotates expresse-rit Maro.

lit quia inter décréta pontificinn Itou maxime qiiæritur,quid sacrum, quid prqfanum , quid sanctum, quid re-liqmum ■ quærendiiin, iitnim bis seeiindumdeiinitionemxnani Vergilius iisus sit, rl singulis vecabiili sui proprie-tatein sim more servarit. .....

Sacrum est, ut Trébatius libre primo de rebgiombiisrel'erl, (îuulauul est (fliod Deorum habetu) . Uojiisdcliuitionis poeta memor, ubi sacrum nomiuavit, admuni-liuiiem Dcoruin pâme semper adjecil.

Sacra Dloneie inidrl Divisque fccebam.

Hem :

Sacra Jovi Slygio quæ rilo incepla paravi.lient :

Tilti eulm, tibl, muxima Juno,

Mactat sacra ferons.

«C’est à toi, puissante Junon, qu’il l’immole« en sacrifice (mactat sacra). »

Tout le monde convient à peu près que lachose profane est celle qui n’a aucun rapportavec le temple, ni avec nulle autre partie du cultereligieux. Virgile, en parlant d'un bois sacré et del’entrée des enfers, également sacrée, nous fournitun exemple de la signification de ce mot :

« Loin d’ici, profanes, s’écria la Sibylle; loin<> d’ici; sortez decebois sacré. «

C’est ici le lieu de remarquer que Trébatius ditque la choseprojane est proprement celle qui,d’un usage religieux et sacré, a été transportée à-l’usage et à la propriété de l’homme. Virgile aparfaitement observé cette nuance, lorsqu’il a dit :

«Divinités, s’écrie Turnus, dont j’ai toujours« respecté le culte, que les soldais d’Énée ont« profané durant cette guerre., ô Faune, secours-« moi, je t’implore! et toi, Terre protectrice des« hommes, retiens son javelot! »

Et en effet, le poète venait de dire plus haut :

« Que les Troyens, sans aucun respect, avaient« coupé le tronc d’un arbre sacré. »

Par où il est démontré que la chose profane estproprement celle qui est transportée d’un usagesacré, aux actes communs de la vie humaine.

La chose sainte, d’après la définition du mêmeTrébatius, liv. X Des choses religieuses, « est,« ou la même que la chose sacrée, ou la même« que la chose religieuse, ou différente de l’une« et de l’autre. » Voici un exemple de cette der-nière espèce ;

« Mon âme sainte et exempte de faute descen-«dra vers vous. »

Prqfanum omnes pâme consentiimt id esse, quod extrafanalicam causam sit, quasi porro a fano, et a reiigionesccrcltnn. Cujiis signilicatus exemplum exsecutus est,coin de luco et adilu inferonnn sacro utroque loquere-tur :

Procul, o procul este profuni,

Conclnmal vales , totoque absistite luco.lioaccedil, quod Trebutius, profamtm id proprie dici,ail, « quod ex rcligioso vel sacro iu lioinimiui usum pro-« pi'iotatcmquc conversion esl. » Quod apertissiine poêlaservant, cuin ait :

Faune, precor, miserere, inquit, luqueoplima ferrum'

Terra lone; celui vestros si semper honores :

Qoos contra ÆueadiB bello fecere profanos.dixerat enim,

Sed slirprm Teucrl nulle discrimine sacrum

Suslulurunt.

umlc ostendil proprie prqfanum, quod ex sacro prorni-scmim Immaiiis actilms commodatum est.

Sanctum est, ut idem Trébatius libre decimo religio-niiiu refert, « inleidiim idem, quod sacrum, idemqtie,« quod religiosmn ; inlcrdum aliud, hoc est, nec sacrum,« nec rcligiosum esl. » Quod ad secundam speciem per-tinet :

Sancta ad vos anima, alquc istiua nescia culpai,

Descendant.