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LES SATURNALES, LIV. III.
faire pour le second. Aussi le poëte a-t-il comptécelte action de plonger dans le fleuve les trou-peaux bêlants au nombre des choses permises.S’il se fut arrêté là, il eût confondu la chose per-mise avec la chose prohibée; mais en ajoutantà la fin du vers le mot salubre, ( Jliwio mersaresalubri) il donne à entendre le cas qui rend l’a-blution permise.
CHAPITRE IV.
Qii’nst-co que le delubrum , et les dieux Pénales? Que
Virgile a employé ces ternies avec son exactitude ordi-naire.
C’est une partie de la science pontificale, dedonner aux lieux sacrés les dénominations quileur sont propres. Voyons donc ce que les pon -tifes appellent proprement delubrum, et dansquel sens Virgile a employé ce mot. Varron,liv. VIH des choses divines, dit: « Les unsn pensent que le delubrum est cet emplacement« qui, dans les édifices sacrés, est plus particuliè-« renient consacré au dieu, comme celui qui dans« le cirque Flnminien est consacré à Jupiter Sla-« tor ; d’autres croient que c’est le lieu même où« est placé le simulacre du dieu. » Et il ajoute :« l)e même qu’on appelle candelabnm l’instru-« ment qui reçoit la chandelle ( candela ), de mêmenon appelle delubrum le lieu où est posé le« dieu. i. De ce passage de Varron, on peut con-clure que, selon l’opinion pour laquelle il penche,et qu’il est dans l’usage d’émettre la dernière, lemot delubrum dérive de dei dcdicatum simula-cro (dédié à la statue d’un dieu). Virgile s’estconformé tour à tour à l’une et à l’autre opinion.Tour commencer parla seconde, voici unexem-
juirgctur, foslis diebus purgandæ lanæ gratia oves ln-varo non liceat; liront nulom, si curalione scabies ab-luomln sit. Itleo Imc quoque inter concassa numcravil :
Bnluntumqun gregeui (Invlo mersare.
Quoi! si lincnsqiieilixissct, licitaet votila confudcral : sedadjiciendo, salubri, causam conccssæ ablnlionis expres-sif.
CAPQT IV.
Onid delubrum', qui Dii Pénates. Et quoi! ne in liis quidamJ Vcrgilius u sua rccesscrit dlligenlln.
Nomina etiatn sncrorumlooonim sub cnngrimproprictatcproferre pontilicnlis observatio est. Ergo delubrum quidponliliecs proprie voceut, ctqualiterboc nominc Vcrgiliususas sit, requiramus. Varro, libroortavo Rerum divina-rum, « Delubrum » ait, « alios existimarc, in qui) præter« ædem sit area assimila Deimi causa, nt est in cirro« l'Iaininin Jovis Slatoris; alios, in quo loco Dei siinula-« cruin dedicatoin sit. » Et adjccit : « sieut locum, in quo« figèrent candelani, candelabi uni appcllalmn ; ita in quo« Di'tiin poncrcnt, nominatmn delulirum. » llisaVarroncpræscriptis intelligere possmrms, id potissimimi ab eoprobalum, qnod ex sua consuotiidine in ultimo posuit, nt
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pie où il prend le mot delubrum comme étant lenom du simulacre du dieu, ou au moins du lieusur lequel il est posé.
n Cependant les deux serpents fuient vers les« parties les plus élevées de la citadelle sacrée»{délabra ml surnma).
Et, aussitôt, pour désigner la divinité dont ellerenferme la statue, le poëte ajoute :
« ils gagnent le sanctuairo de la cruelle Pallas,
« Ils se réfugient aux pieds de la déesse, et se« mettent à couvert sous l’égide de son bouclier. »Ailleurs il a dit :
« Malheureux! c’était notre dernier jour, et« nous ornons {délabra) de festons de feuillage« les sanctuaires des dieux de notre vil le I »Virgile a employé aussi le mot delubrum suivantla dernière acception énoncée par Varron, quile fait synonyme A'area (l’aire où repose l’autel) :
« Anne et Didon vont d’abord dans le sanctuaire« ( délabra ) chercher la paix au pied des au-« tels ; » et peu après le poëte ajoute :
« Didon porte ses pas [spatiatur] devant lesstatues des dieux ( ante ora denm.) et aux piedsde leurs autels arrosés de sang. »
Or, que signifie le mot spatiatur, si ce n’estqu’elle parcourt un certain espace? Ad aras, quele poëte ajoute ensuite, indique que cet espaceest celui qui entoure le simulacre de la divinité.C’est ainsi que, scion son usage, sans avoir l’airde s’en occuper, Virgile ne néglige pas de se con-former aux mystères sacrés.
On trouveçà et là, dans les ouvrages de Vir-gile, des éclaircissements précieux sur les dieuxparticuliers aux Romains, c’est-à-dire sur les Pé-nates. Nigidius, dans son traité Des dieux, If-
ci Dei (ledicato simulacre ilelubrtim cœperit nuncupaivVergilins lamen utramque ratîonem diligenter est exse-cutiis. Ct cnitn a poslrema incipiamtis; ohscrvavit deln-hnim nominaliinis. aut proprie Dconnn nomina, nul ea,qnæ Diis accommodarentur, insercre :
At gemini lapsu dclubrn ad summu dracones
Eflugiunl.
Et, lit inox siiniilacriim nominaret, sublexuit :
Srevæquc pelunt Tritonidos arcem,
Snb pedibusque Deæ clypeique sub orbe teguntur.ilem :
Nos délabra Dcum miser), quibus ultimus esset
llledies.
Illani vero opinionem de area, quam Varro prædixeral,mm omisit :
Principio delubraadeunt , pacemque per aras
Exquirunl.et mox :
Aut mile ora Deam pingues spatiatur ad aras.
Quid enim aliud est spatiatur, quam spatio lali itiiiorlsobambulal? qnod adjicicndo, ante aras , ostendit, areamassunitam Deorutii causa, lia suo morevelut aliud agendaimplet arcana.
De Diis quoque Itoinanonini propriis, id est, Pennfibus,adspersa est baie operi non incuriosa subtilitas. Nigidius
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