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MACROBE.
vre XIX, demande si les dieux pénates ne sontpointl’Apollon et le Neptune des Troyens, qui bâ-tirent, à ce qu’on dit, les murs de leur ville; et sice n’est pas Énée qui les apporta en Italie. Corné-lius Labéo exprime la même opinion sur les.dieuxpénates. C’est celle que Virgile a suivie, lorsqu’ila dit :
« Anchise, ayant ainsi parlé, rendit aux autels« les honneurs ordinaires; il immola un taureau à« Neptune, et un autre à toi, ô bel Apollon. »
Varron, dans son traité Des choses humaines,livre second, rapporte que Dardanus transportales Pénates de Samothrace en Phrygie, et Énéede Phrygie en Italie. Il ne s’explique point surles dieux pénates; mais ceux qui ont fait des re-cherches plus approfondies disent que les Péna-tes sont les dieux par lesquels nous respirons,par lesquels nous avons un corps et une âmeraisonnable: ils disent de plus que Jupiter estl’air mitoyen, Junon la terre et la partie inférieurede l’air, et Minerve la partie la plus élevée del’atmosphèrev: ils tirent un argument en faveurde cette opinion, de ce que Tarquin, fils de Dé-marate de Corinthe, instruit des secrets mystè-res du culte des Samothraces, consacra un mêmetemple, sous les noms réunis de ces trois divinités.Cassius Hemina dit que les dieux des Samo-thraces, qui sont les mêmes que les Pénates desRomains, étaient spécialement qualifiés de dieuxgrands, dieux bons, dieux puissants. Virgile,instruit de ces particularités, fait dire à Anchise :
« J’amène avec moi mon fils, mes compa-« gnons, nos Pénates, et les grands dieux; »ce qui rend 0sobç Dans des passages
divers, il donne les trois épithètes à une seule des
enim de Diis libro nonodecimo requirit, nom Dii Penatessint Trojanorum Apollo et Neptunus, qui muros eis fe-cisse dicuntur; et num eos in Italiara Æneas advexeril.Cornélius quoque Labeo de Diis Penatibus eadem existi-mal. Hanc opinionem sequilur Maro, cum dicit :
Sicfatus,roeritos aris mactabat honores,
Taurnm Neptuno, taurum tibi, pulcher Apollo.
Varro Humanarum secundo Dardanum refert Deos Pe-nales ex Samothrace in Phrygiam, ex Æneam et Troja inItaliam detulisse. Qui sint autem Dii Penates, in libroquidem niemorato Varro non exprimit : sed, qui dili-gcntius eruunt veritatem, Penates esse dixerunt, perquos penitus spiramus, per quos habemus corpus, perquos rationem animi possidemus : esse autem mediumætliera Jovem, Junonem vero imum aéra cum terra, elMinervam summum ætheris cacumen. Et argumentoutuntur, quod Tarquinius Demarati Corinthii fiiius,Sa-molhracicis reiigionibus mystice imbutus, uno templo acsub eodem tecto numina memorata conjunxit. CassiusHemina dicit, Samothracas Deos, eosdemque RomanorumPenales, proprie dici ôeoùç pLeydXouç, 0-.O'j; ^pr,(ruoOç, 0eoù;SuvaTO-jç. Noster hæc sciens ait :
Cum sociis natoque, Penatibus et magnis Dis.quod exprimit 0 eoùç peyâXouç. Sed et omnia hæc nominacum in uno de supradictis numinibus servat, doctrinal»
divinités nommées plus haut; ce qui démontrepleinement sa manière de voir à l’égard de l’opi-nion ci-dessus émise. Ainsi, lorsqu’il dit :
« Commencez par adresser vos prières et vos« adorations à la grande Junon, »il lui donne l’épithète de p.£YaX-/i. Lorsqu’il dit :
« Que Bacehus qui inspire la joie, que la bonne« Junon, président à cette fête, »il emploie pour la deésse l’épithète de ypr,ff-rr,.Ailleurs il lui donne celle de dominamque po-tentem, qui correspond à Suvarê, (puissante). Vir-gile a aussi donné la même épithète à Yesla, la-quelle, au reste, fut certainement du nombredes dieux pénates, ou leur fut au moins asso-ciée; si bien que les consuls, les préteurs et lesdictateurs, au commencement de leur magistra-ture, allaient à Lavinium sacrifier aux Fénateset en même temps à Vesta; aussi Virgile à peinea-t-il dit, en faisant parler Hector :
« Troie vous recommande son culte et ses pé-nates , »
qu’il ajoute bientôt après :
« Il dit; et aussitôt il enlève du sanctuaire de la« puissante Vesta la statue de la déesse, ses or-« nements, et le feu éternel. »
Higin, dans son traité Des dieux pénates,ajoute qu’on les appelait aussi 0eolpç TtaTpwouç,dieux paternels ou de la patrie. Virgile ne l'apas ignoré »
« Dieux paternels, a-t-il fait dire à Anchise,« conservez ma maison, conservez mon petit-fils ! »Patriosque Penates (Pénates paternels), dit-ilencore ailleurs.
procul dubio suam de onmi bac opinione confirmât. Cumenim ait :
Junonis ncagnæ primum prece numen adora ;t/,v fisyâXï]v nominavit :
Assit lætitiæ Bacchus dator, et bona J uno;
■rijv xp?]TTr;v ; dominamque potentem, vip 8uvair,v. Eo-dem nomine appellavit et Vestam. Quam de numéro l’e-nalium, aut certe comitem eorum esse manifestum est:adeo ut et consules, et prætores, seu dictatores, cumadeunt magistratum, Lavinii rem divinam faciant Penati-bus pariler et Veslæ. Sed et Vergilius, ubi ex personaHectoris dixit :
Sacra suosque tibi commendat Troja Penates ;mox subjecit :
Sic ail, et manibus vittas Vestamque potentem,
Ælernumque adytis effert penelralibus ignem.addidit Higinus in libro', quem de Diis Penatibus scripsit,vocari eos 0eoùç «arpciov;. Sed ne hoc Vergilius ignorvtum reliquit :
Dii patrii, servate domum, servale nepotem,et alibi,
Patriique Penates.