I.I'.S S AT U H IN/
vrcr en Italie. Homère , dans son premier livre,donne Apollon pour ennemi aux (irons, et il placele motif de sa haine dans l'injure faite à sonpontife. Virgile donne .limon pour ennemie auxTrayons ; mais les motifs de la haine de la déessesont Ce la création du poète. Une observationque je ferai sans y attacher beaucoup d’impor-tance , quoique tout le monde, je crois, ne l’aitpas signale*!,c’est que Virgile , après avoir pro-mis, dès le premier vers, de prendre Énée à sondépart des rivages troyens : — « (Je chunte)«celui qui, poursuivi par le destin, arriva le« premier des bords troyens en Italie , et atteignit« les rivages latins; » — lorsqu’il en vient à com-mencer sa narration, ce n’est point de Troie,mais de la Sicile qu'il fait appareiller la Hotted'Enée : « A peine leurs voiles joyeuses, perdant« de vue la terre de Sicile , commençaient» cingler« vers la liante mer. » — Ce qui est entièrementimité d’Homère , lequel évitant dans son poèmede suivre la marche de l'histoire, dont la premièreloi consiste a prendre les faits à leur origine età les conduire jusqu'à leur tin par une narrationnon interrompue, entre en matière par le milieude l’action, pour revenir ensuite vers son com-mencement ; artifice usité par li« poètes. Ainsi,il ne commence point par montrer Ulysse quittantle rivage troyen; mais il nous le fait voir s’é-chappant de i’ile de Calypso, et abordant chez lesl’héaeiens C’est là qu’à la table du roi Al-cinoiis, Ulysse raconte lui-nu'me sa traversée deTroie chez Calypso. Après cela, le poète reprenddo nouveau la parole en son propre nom, pour I
Hlyssi : npud Maronom vero Æne.e navigalio bella, quaiposte» in llnlia omit gesla > prircesserit. llursiis, Homerus in primo non vellet iniipmtnC,ra-i is Apollioem fa-rcie, rausam slruxit do sacerdolis injuria. Ilic, ut Tro-jauis .lunooem faeerel iiiteslam, cansarimi silii congeriemromparavil. Mer. illml rom cura magna rolalurus soin,tiret, iilexislimo, n.iu omnibus observation, quod mmprimo verso promisissut, producliirum sese de Trojielibilibus .T'.iirnin :
Trojirqui priniu» aborlallaliam , (alo proingus, l-avlnaque venllI.itora.
ubi ad jaiiiiam uairaudi vouit, Æneai rlassem non doTroja, sed dr Si*'ilia produeit :
Vit e ronspertu Sirului te I lu ris tu alluniVêla dabanl læti.
Quod toiiiin lloiiiericis lilis Icxuil. Ille eiiim titans in poèmate liiatoriroi uni simililudiiiem, (piibus lex estineiperral) iuilio m uni, et conlimiam iiamitionem ad iinem lis-que pordurerr : ipse poëlira disciplina a muni mediociepit, et ad iiiiüiim post reversas est. Lrgu Ulyssis erm-rem non inci|iil aTrojano litorr desrribere, sed lai il emnprimo navigantcni de iiisula Calypsoiiis, et ex persona suaperilncit ad l’tuearas. |llic in ronvivio Aleinoi régis nar-ra l ipse, ipiemaduiodiiui do Troja ad Calypsourni usipirpenenerit. l’ost l’Iueaeas nirsiis Clyssis navigalionemnuque ad 1 Lliacani, ex persona propria, poêla doscribit.
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nous raconter la navigation de son héros, dechez les Phéaeiens jusqu’à Ithaque. Virgile , al’imitation d’Homère, prend Huée en Sicile , et leconduit par mer jusqu’en Libye . Là, dans unfestin que lui donne Didon , c’est Enée lui mêmequi raconte sa navigation depuis Troie jusqu’enSicile , en résumant en un seul vers, ce que lepoète avait décrit longuement : « C’est de là que«je suis parti pour venir, [toussé par quelque dieu,« aborder sur vos côtes. » A près cela le poète dé-crit de nouveau, en son propre nom, la route dela Hotte, depuis l'Afrique jusqu'en Italie : « Ce-« pendant la Hotte d'Enee poursuivait sa route« sans obstacles. » Que dirai-je enfin ? le poème deVirgile n’est presque qu'un miroir fidele de celuid’Homère . L’imitation est frappante dans la des-cription de la tempête. On peut, si l’on veut,comparer les vers des deux poèmes. Vénus rem-plit le rôle de INausieaa, Hile du roi Alcinoiis ;Didon , dans son festin, celui d'Alcinoiis luimême. Elle participe aussi du caractère debeylia, de Cliarybdc et de Cireé. Ut fiction desîles Stroplindcs celle des troupeaux
du Soleil. Dans les deux poèmes, la descenteaux enfers, pour interroger l’avenir, est intro-duite avec l'accompagnement d’un prêtre. Onretrouve Epanor (Lins l’alinurc; Aja.x en cour-roux, dans Didon irritée; et les conseils d’An-cliise correspondent a ceux deTirésias. Voyez lesbatailles de l’Iliade, et celles de l'Enéide, où l’ontrouve peut-être plus d’art; voyez, dans les deuxpoèmes, l'énumération des auxiliaires, lu 1a -I brication dus armes, les divers exercices gymnas-
Qiiem scrutas Moro, .Kneam de Sicilia produeit : cujusnavigalionem describcndo pentucil ad Libyaui. (Hic Incniivivio Didonis narrai ipse .Kueas iisquc ad Sicilbun deTroja navigationem suam : et addidit uno versa, quodcopiosc |xiëta deseripserat :
Utile mu digression vcslris Drus appui» oris.
l'ost Africain ipimpie rursus poëta ex persona sua ilerclassis usipio ad ipsam deseribit llaliam :
Interca ini-illuiii Ænrns Jam classe (enelial
Certus lier.
(Juiil? quodet omne opus Vergilianum velut de ipiodamllomerici operis speeulo formalum est? Nam et tempes-tas mira imitalione descripta est. Versus ulriusipie, quivolet, conférât; ut Venus in Nausicaæ loeimi Aleinoililiie sucressil. Ipsa aiitcm llido relert speeiem regis Alei-noi, couvivium cclehranlis. Sr.ylla ipioqueel Cbarybdis,et Cirée deeeuter atlingitur; vt pro Solis armenlis, Stro-pliades insnlie fingunlur. Al pro consiillalione inleroriim,descensus ad eos cum coniitatu saeerdotis inducitiir. tldl’alinurus lipcnori, sed et infesto Ajaci infesta Dido, etTiresiie cousiliis Aneliisai inonita respondent. Jam pnrlialliadis, et viilneiimi non sine disciplinai perfeclione des-criplio, et enumeratio auxiliorum duplex, et faillirai inarmorum, et tudicri certaminis varietas, iitomque interreges et rupUiin fudus, et speculationoclurna, et legatio