804
CHAPITRE X.
Oes emprunts que Virgile a faits à Homère dans les au-tres livres de l’Énéide.
« Ils lancent leurs traits, et tels que les grues,«regagnant les bords du Strymon, se donnent« entre elles des signaux au milieu des nuées«épaisses, et, traversant les airs avec bruit,« fuient les vents du midi en poussant des cris« d’allégresse- »
« Les Troyens s’avancaient en poussant des«cris, semblables aux troupes de grues qui,« après avoir fui l’hiver et ses longues pluies,« retournent en criant vers l’embouchure des« fleuves qui descendent dans l’Océan. »(Virgile ) :
« Le casque d’Enée jette sur sa tâte un éclat« étincelant; la crinière s’agite, semblable à la« flamme, et son bouclier d’or vomit au loin des« éclairs. Telle une comète lugubre lance scs« feux rougeâtres au sein d’une nuit sans nuage;« ou tel le brûlant Sirius se lève pour apporter« aux mortels consternés la sécheresse et les« maladies, et attriste le ciel même de sa funeste« lumière. »
« Le casque et le bouclier de Diomède jetaient« autour de lui la flamme, semblables, à l’étoile« d’automne, qui brille davantage alors qu'elle« se plonge dans l’Océan. Ainsi rayonnaient sa« tête et sa poitrine. »
(Le même) :
« Achille s’avançait, semblable à l’étoile bril-« lante d’automne, appelée le Chien d’Orion,dont« les rayons étincellent entre ceux de tous les
CAPUT X.
Quæ in reliquis libris mutuatus sit ab Homero Vergilius
Tria manu jaciunt : quales sub nubibus atrisSlrymoniæ dant signa grues, atque adhéra tranantCum sonilu, fugiunlque Notos clamore secundo.
TpûEç p.sv xXaYYÀ z ’i ^voTtrj t' îaav, ôpviOeç w;-’HÛts rap xXayyii yspàvm raXsi oùpavôüi irpô,
Ait’ irai oov ysiptov» <pÛY ov xal àOsmpaTov 5p.ëpov,KX«YYti Tœ ‘ Y s itÉTOvvai i~\ (ixeavoïo foâwv.
Ardet apex capilis, cristisque ac vertice flammaFunditur, et vastos umbo vomil aureus ignés.
Non secus ac liquida si quando nocle comelæSanguine! lugubre rubenl, aut Sirius ardor :
Ole silim morbosque ferens morlalibus aigrisNascilur, et lævo conlristat luinine cœluni.
Aaie ol êx xôpuOôî te xal àanîSot; axaparav râp,
AuTEp ÔTtüipivtji évaXiYXiov, ô<jte pâXKJTaAap.7ipôv ETapKpaivijai XeXoup.évo; ooxEavoîo.
I oïôv oj jtùp SaÏEv ànà xpavô; te xal ü>p.wv.
II appalvovO’ oiç t’ à.Gxép' £raacjp.Evûv raôtoio,
Oç (Sx t ÔTraipriç eTgiv, àpiîhqXoi 8s oi aùyal
tpaîvorau TüîXXoïai [jiet’ Sarpcun vuxtô; àpoXyip,
«autres astres, au milieu d’une nuit sereine;« mais cette lumière brillante est un signe de« deuil, qui ne promet que la mort aux tristes« mortels. »
« Chacun a son jour marqué; le temps de la« vie est court et irréparable. »
« Il n’est, je pense, aucun des humains, et le« fort pas plus que le faible, qui évite le destin« qui lui fut assigné en naissant. »
(Le même) :
« Quelles paroles inconsidérées dis-lu, û fils« de Saturne? Veux-tu soustraire un mortel à la« triste mort qui lui est depuis longtemps réser-« vée par le destin : «
« Ses destinées l’appellent, Turnus touche à la« borne des jours qui lui furent accordés. »
( Homère).:
« Le destin funeste de Pésandre le conduisit« à la mort ».
« Au nom des mânes de votre père, au nom« d’iule, votre espoir naissant, conservez-moi la« vie pour mon père et pour mon fils. Je possède« une belle maison; des objets en argent ciselé,« de la valeur de plusieurs talents y sont en-« fouis; j’ai encore beaucoup d’or brut et ouvré.« La victoire des Troyens n’est pas attachée à mon« existence, et un homme de plus ne changera« rien aux événements. A ces paroles de Magus« Enée répond : Gtirde pour tes enfants ces«talents d'or et d’argent dont tu me parles;« Turnus a le premier, en tuant Dallas, banni« de cette guerre ces sortes de transactions;
"Ovte xvv’ YlfJtüvoç èmxXrjiJiv xaXÉouaiv.
Aa[MrpoTaTO(; piv ôy' iaTi, xaxôv 8é te arjpia TETUXTat.Kal te çépei iroXXôv nupETÔv SeiXoïsi [IpOTOtaiv.
Sial sua cuique (lies : breve et irreparabile tempesOmnibus est vite.
Moïpav 8 ’oütocc (pïip.i racp’JYpÉvrjv ëp.p.Evai àvBpûv,
Où xaxôv, où8t piv éaOXàv, TaxpÜTa YÉvriTai.AlvoTaTE KpovlSq, tvûïov tôv p/jüov üeira?;
'AvSpa OvrjTÔv êovra, miiXai rairp<i>p.évov atar ( ,
'A^ ôOéXei; GavaTOio o\>ai\'/éo( èîavaXüaai ;
Fata vocant, metasque (Iali pervenit ail œvi.v 1Iïe' tôv 8’ âye piciîpa xaxû OavaTOio TéXouûE.
Per palrius mânes, per spes surgentis Iuii,
Te precor, liane animam serves natoque palrique.lîst (lomus alla : jacent penilus ilefossa talentaOielali argenti : sunt auri pondéra factiInfeclique mibi. Non liic Victoria TcucrumVerlitur, aut anima una dabit discrimina tanta.
Dixeral. Æneas contra cui taliareddit :
Argenli atque auri memorns quæ milita talentaNalis parce luis. Bclli commercia 'l'urnusSustulic isla prior, jam tum l'allante peremto.