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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MAC no I1E.

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CHAPITRE XIII.

Des passais dans lesquels Virgile n’atteint pas h la ma-jesté du vers d’Homère.

Puisque Virgile n’aurait pas à rougir de s'a-vouer lui-même inférieur à Homère, je vaisdire en quels passages il m’a semblé plus faibleque son modèle :

« Alors (Énéc), sans écouter les prières (de Tar-« quitus) et tout ce qu'il se disposait à lui dire,« abat sa tête par terre et la sépare, du tronc. »Ces deux vers de Virgile sont traduits de ce versd’Homère :

« (Dolon) parlait encore, que sa tête roulait dans« la poussière. »

Quelle rapidité d’expression, sans rien ôter àla plénitude de l’image! Les efforts de Virgilen’ont pu atteindre jusque-là. Dans la course deschars, de quelles couleurs Homère peint l’und’eux qui devance d’un peu celui qui le suit, etqui presque l’atteint !

« (Les chevaux de Diomède) échauffaient leursvastes flancs ausouflle d’Kumélus, et volaient, latête tendue vers lui. «

(Virgile) :

« Ils mouillent de leur souffle et dçleurécume« ceux qui les suivent.

Homère est plus admirable encore dans la pein-ture de la rapidité de celui qui suit immédiate-ment le premier dans la course à pied :

« Les pieds (d'Ulysse) foulaient la trace de ceux« (d’Ajax) avant qu’ils eussent soulevé la pous-« sière. »

Voici quel est le sens de ce vers : Si quelqu’uncourt sur un sol poudreux aussitôt que son pied

CAPUT XIII.

In quibus Vergilius Homerici carminis majcslalem non«quel.

Et quia non est crubesrendum Vergilio, si minorem scIlontero vel ipse l'alealur, dicam, in quibus milii visas sitgracilior auctore.

Tune caput orantis noquidquam, et mulla parantisDicere, deturbat terra?, truncumque reliquit.

Hi duo versus de illo translati sunt :

*I>0£qqop.£VOU 8’ Ôpa XOÜfE xdpT) XOVV-pOlV âplxib)-

Vide nimiam celeritatem salvo pondéré; ad quam nonpotuit conatus IMaronis accedere. In curuli certamine Mo-mems allerum ciirimn paululum antecedeiilem, cl alle-rnm psene conjuncturn sequendo, qua lucc signavilPIlvotv) B’ lvj|j.?)Aoto pEvâppEvov, eùpÉe x’ iipuiit)£pp.Ex’ - èn’ aùxqi yàp xEtpaXà; xaxaOÉvxE irexéoOriV.Huinescunt spuinis, flatuque sequenlum.

Mirabilior est releritas consequentis prioreni in cursu pe-dum apud eumdem vatem :

’lpia XU7CXE 7 t68e< 7(TI , TtàpOÇ xéviv à|AÇi;(u05jvai.

Est aillent lmjus versus lue sensus : Si per solum pulvereum forte curralur; ubi pes l'uerit de terra a currente

aura quitté la terre, on en découvre infaillible-ment l’empreinte ; et cependant la poussière que lecoup du pied a soulevée est retombée sur l’em-preinte plus vite que la pensée. Le divin poêledit donc que le second des coureurs suivait de siprès le premier, qu’il occupait la trace de sonpied avant que la poussière lut. retombée. Pourexprimer la même chose, que dit le poète latin?

«... Déjà le pied de Diorès foule celui (d'Hé-« lymus). »

Remarquez danscet autre vers l’exactitude d’ilo-mère :

« (Polyphème) était couché, laissant pencher« sa lourde tête. »

Virgile a dit :

« (Polyphème) reposa sa tête penchée. »Comparons encore, si vous voulez, les vers sui-vants :

(Homère) :

« Les chars tantôt touchaient la terre, et tan-« tôt voltigeaient en l’air. »

(Virgile) :

« (Les chevaux) paraissaient tantôt raser la« terre, et tantôt s’élancer en haut, portés dans« le vide des airs. »

(Homère) :

x Diane surpasse de la tête toutes les Nymphes,x au-dessus desquelles apparaissait son front. »(Virgile) :

x (Diane) marchant an milieu des Nymphes,x élève sa tête au-dessus de toutes. »

(Homère) :

x (Muses) vous êtes des déesses, vous ôtes« présentes ; vous savez toutes choses. »

(Virgile) :

sublatus, vestigium sine dubio signalant videtur : et ta-men celerius engilatione pulvis, qui icln pedis fueratexcussits, vestigiasiiperfmiditiir. Ait ergo divimis porta,ila pioximuui fuisse, qui sequebaliir, iilocciiparet aiiterr-dentis vestigium, nntequam pulvis ni siipeiiiindereliii'.At hic vester, idem significarc cupiens, quid ait?

Calccmquc tarit jam calce Diores.

Vide et in hoc Homeii cullum :

Keït’ àito8oX(Ji.(ô<Tac nXaxùv aOyéva.

Iste ait :

Cervicem indexant postlit,

IIos quoqiie versus, si videtur, comparemus :

"Appaxa 8’ âXXoxs piv yOovi nlXvaxo xovjXuêoxEÎpig,"AXXoxe 6’ àUaaxE p.£xf|opa.

Jnmque liumiles, jnmquo elali sublime vidcnlurAîra per tenerum Cerri.

Hao-ditûv 8’ viitEp fifc xdpr| iyu ^3e uixauta.

Grndicnsquc Deas supcremlnet omîtes

Tp.Eïç Y^P ® Ea ‘ EGTE > rràpEuxÉ xe , taxe xe itdvxa.

Et meminisds enim, I)ivat, et tnemornre pole.stis.

Auxàp 6 Ovpàv àîxOs xai ripeyav, tb; oxe xaûpo;

’HpvyEv éXxô|XEMitç ’EXixwviov ài'c ! àvaxxa,

Koûpwv éXxovxtov yavuxai 8é xe xoiç ’Evo'rtyOïiiv.