CHAPITRE XIX.
LES SATURNALES, L1V. V.
«.. . La trace de leur pied gauche marque le« nu. »
Toutefois, pour vous prouver l’attention quenous avons donnée à cette question, nous vousferons là-dessus une observation qui n’est connueque de peu de inonde. Euripide a encouru, à cetteoccasion, le reproche d’ignorance de la part d’A-ristote, lequel soutient que c’était le pied droit,et non le gauche, qui était nu chez les Étoliens.A l’appui de ce que j’avance, je vais citer les ex-pressions d’Aristote dans le livre second de saPoétique,où il dit,en parlant d’Euripide:
« Euripide dit que les üls de Thestius vinrent« (à la chasse) ayant le pied gauche nu. Voici« scs expressions : Ils ont le pied gauche nu, et«l’autre chaussé d’un brodequin, ce qui rend« léger à la course. » « Tandis que la coutume« des Etoliens était, tout au contraire, déchausser« le pied gauche et d’avoir le pied droit nu ; ce« qui me paraît plus convenablepourrendre rapide« à la course. «Vous voyez, d’après cela, que Vir-gile a préféré l’autorité d’Euripide à celle d’A-ristote; car je me refuse à croire que ce poète,si profondément instruit, ait ignoré ce passaged’Aristote ; et il doit avoir eu ses motifs pourdonner la préférence à Euripide; car les ouvra-ges des tragiques grecs lui étaient très-familiers,comme il est facile de s’en convaincre d'après ceque nous avons déjà dit, et d’après ce que nou6dirons bientôt...
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Des autres passages que Virgile a pris char, les Grecs,dans les quatrième et neuvième livres de l'Enéide.
Dans la description de la mort de Didon, auquatrième livre de l’Enéide, Virgile emploie lesdeux vers suivants, pour nous apprendre que lecheveu (fatal) n’avait point encore été tranché :
« Proserpine ne lui avait point encore enlevé« son cheveu blond, ni dévoué sa tête àOrcus et au« Styx. »
Bientôt Iris est envoyée par Junon pour cou-per ce cheveu, et l’apporte à Orcus. Cette fic-tion n’est point adoptée par Virgile sans quelquefondement, ainsi que le suppose Cornutus,homme d’ailleurs très-savant, qui fait sur cesvers la remarque suivante : « On ignore d’où est« tirée cette histoire du cheveu coupé aux mou-« rants; mais on sait que Virgile, conformément« aux usages de la poésie, invente des fictions,« comme, par exemple, celle du rameau d’or. «Ainsi s’exprime Cornutus. Je suis fâché qu’unhomme'si savant, particulièrement versé dansles lettres grecques, n’ait pas connu le beaupoème d’Euripide, dans lequel Orcus est misen scène, le glaive à la main, pour couper lescheveux d’Alceste, et où il parle en ces termes :
« Cette femme se présente pour entrer dans« le royaume d’Adès (Pluton). Je vais à elle, afin« de la consacrer par le glaive; car il est con-« sacré aux dieux des enfers celui dont ce glaive« aura coupé le cheveu. »
Il est évident, je pense, quelle est l’autoritq
Vesligln nuda slnislri
lnstltuere pedis.
lu qua quidam re, i|uo voliis slndium noslnun ningiscompiobetiir, non rcticubimus rem pnucissimis notnm :repreliensiim Kmipidem ub Aristolele, qui ignnnmtiamislncl Kiiripidis fuisse cuutenilit : /Eteins eiiim non laivumpedem liabore iiiulmn, sed dextnim. quod ne nlïlrmempolins, quani probom, ipsa Aristotelis verba ponam exlibre, quein de poelis secundo subscripsit ; in quo, de Eu-ripide loin ions, sic. ait : Toùç 8è Heotlou xoùpov; tov pèvàpKTTtpôv 7106a çpaiv EùpiniSvK iXOûv ÊjrovTa; AvukoSetov.Aeyei y°vv,
To Xaiôv ÎX voi: àvoipËuXov nota;,
Tov 6’ êv 7is6iXoiç th; èXaippgov yovvi"I tyoïev.
Srj niv roOvavuov SOoçtoû; AivwXotç. Tov pèv Y<*p àpiatE-rAvvitoSsdtvrai, tov BÈ 8 t 5 iov AvuhoSêtovuiv. Aetyàp otpaiTOV è,-rovpevov iytt'i èXa?p6v, àXX’ où tov ÈppÉvovTa.
Gimi hier, itasinl, videtis tnmen, Vergilium Euripideauc-lore, quant Aristolele, nli malnisse. Nam ut lime ignora-verit vir tnmanxic dorlns, minime crcdiderim. Jure au-pr.net 11 lit Knripidem. Ksi enim ingens ei cm» gr.rca-rnm Iragirdiarum scriptorilnis familinritas : quoi] v <d expra'cedenUlnis licet, vel ex bis, ijuie mox dicentur, opi-nari.
CAPUT XIX.
De aliislocis, quos Vergilius a Graicissumsit, quarto etnono Æncidos.
tu liliro quarto, in describenda Elis® morte, ait, quodci crinis abscissus cssel, bis versibus :
Nondum illi (lavum l’roserpina verlice crinem
Abstuleral, Stygioque caput damnavcral Orco.Deindeiris a Jiinone missa abscidit ei crinem, et ad Orcuinlcrt. liane Vergilius non dunihilo fabula») lingil, sir.nl viralias doclissimus, CornuLus exislimal, qui annolalionemejusmodi apposuitliis versibus : « Unde liæc liisturia, ut« crinis nufereudus sit morientibus, ignoralur; sed assue-« vit poelico more aliqua lingere, ut de aureo ramo. «H.nec Cornutus. Sed me pudet, quod tanins vir, gra'oa-rum eliam doctissinius literarum, ignoravit Euripidis no-bilissimam (abulaui Alcestim. In bac enim fabula iu sec-nam Omis inducitur gladium gestans,quo crinem ubs-cindat Alccstidi, et sic loquitur :
'115’ oùv Yvvà xctTemiv eîî "A8ou ôopou;.
Xtsixw 8’ èit’ aÙTrjv, ûç xarâpÊopai {upsi.
Tepi; yàp oùtoc tûv xavà xûovà; Geùv ,
"Otou to 8 ’ ëyx°Ç apaToç àYvinei xpi^a.
Prodilum est, ut opinor, quem seeutus Vergilius faliulainalise,indendi crinis induxerit : ày-tiaai autem graice dieinitDiis consecrare; unde poêla vesler ah ex tiédis persona :
Hune ego DiU