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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACltOBE.

* sœur, il naquit de cette union trois mille fleu-« ves, et Achéloüs fut l’aîné de tous ; c’est pour-« quoi il est le pius révéré, »

Quoique ces témoignages soient plus que suf-fisants pour prouver que ce fut une locution fa-milière aux anciens, d’employer le nom d’Aché-loüs pour désigner génériquement l’eau; j’yajouterai encore celui de l’illustre tragique Eu-ripide , que le même grammairien Didyme exposeen ces termes, dans son ouvrage intitulé « Du« style de la tragédie. » Euripide nous dit, dansHypsipvle, « qu’Achéloüs signifie toute eau en

* général; car, en parlant d'un fleuve très-éloi-« gné de l’Acarnanie, province dans laquelle« coule le fleuve Achéloüs, il dit :

« Je montrerai le cours de l’Achéloüs. »

On lit dans le septième livre (de l’Éuéide) lesvers suivants, où il est question desllerniquesetde leur principale ville, qui était alors Anagnie :

«... Les fils du fleuve Amasène, que nourrit la« riche Anagnie. Tous n’ont pas des armes, un« bouclier, ou un char retentissant. La plupart« fout pleuvoir des balles de plomb mortel; d’au-« très portent un épieu à chaque main, et sur la«tête un bonnet de la peau fauve du loup. Ils« ont le pied gauche nu, et l’autre est recouvert« d’une chaussure faite de cuir cru. »

On ne trouve nulle part, que je sache, que cetusage d’allerau combat, un pied chaussé et l’autrenu, ait jamais existé en Italie; mais je prouveraibientôt, par le témoignage d’un auteur grave, quecet usage a été celui de certains peuples de laGrèce. 11 faut admirer ici l’idée qui a dirigé se-

yivovTai Tpirr/iXio 1 . 7coTa(j.oi’ ’AyeXôjo:; aÙTwv TipetrêuTa-to;, xal TETÎ|iïïrat (laXietTa.

ticet abonde istu suflitianlad probaljoiiem morisantiqui,quoila loquemli usas luit, ut Achetons commune omnisaquæ noinen haberetur; tamen bis quoque et Euripidjsnobilissimi Irago'diarum seriptoris aridelur aucloritas :qnam idem J)idymus grnmimilicus in bis Iibris, quosTpa’i'q>8oupivr 1 cXétewi; scripsit, posuit hisverbis l’AyeXrôovnSv GSmp liùptutSriÇ çnff'.v èv {ajiiTtOXri. AÉywv yàp -irept GSa-to; ùvtoç oçôSpa r.op§u> T7j; ’Axap'/avia;, (êv ^ i<yzi nma-uoî ’AyeXfflos) çpaiAsl^co p.Èv àpyEWûï<nv ’AyeXfâau pôov.

Sont in libro seplimo illi versus, quibus Ilerniei populi, eteorum nobilissima, ut lune erat, eivitas, Anagnia enume-rantur :

Quos dives Anagnia pascit,

Quos, Amascne palrr : non illis omnibus arma,Necclypei currusve sonanl. Pars maxima glandesI.iventis piumhi spargit. pars spicula gesiatBina manu : mivosque lupi de pelle galerosTegmen liabent caplti : vestigia nuila sinislrilnslituere pedis : crudus legit altéra pero.

Huncmorem inltatia fuisse, ut uno pede ealcealo, alteronudoiretur ad belluin, nusquam adime, quudsciam, re-peri : sed earn Græeorum nonmdtis consuetudinem fuisse,loeupleti anctore jam palam faciam. In qna quidem re mi-rari est poctæ litijus occullissimam diligeniiam : qui cnm

crètement le poète. Car ayant lu que les llerni-ques, dont la capitale est Anagnie, étaient desdescendants des Eélasges, et de plus qu’ils ti-raient même leur nom d’un de leurs ancienschefs, Pélasge de nation, nommé llernieus, il aimaginé d’attribuer aux Herniques, qui sont uneancienne colonie desPélasges, une coutume qu’ilavait lu être celle des Étoiiens. Or, Julius JJi-gin, au second livre de son traité des Villes (d’I-talie), prouve longuement que les Herniques onteu pour chef un Pélasge nommé llernieus. Quantà la coutume des Étoiiens, d’aller au combat unpied chaussé et l’autre nu, l’illustre poète Eu-ripide nous l’atteste. Dans sa tragédie de Méléa-gre, un messager paraît sur la scèqe, et décrit lecostume des chefs qui s’étaient réunis pour allerà la poursuite du sanglier (de Calydpn). Voici lepassage :

« Un aigle d’or brille sur le bouclier que Té-« lamon oppose au sanglier; des feuilles de vigne« couronnent la tête de ce héros, honneur de Sa-« lamine, sa patrie chérie; l’Arcadienne Atalante,« haïe de Vénus, conduit ses chiens; elle est vé-« tue élégamment ; elle porte un arc et une hache« à deux tranchants. Les fils de Thestius ont le« pied gauche nu, et l’autre chaussé d’un brode-« quin ; costume qui rend léger ô la course, et qui« est d’un usage général chez les Etoiiens.... »Rem;u'quez que Virgile a conserve soigneuse-ment le texte d'Euripide, car celui-ci avait dit :

« Ils ont. le pied gauche nu. »

Et c’est bien le même pied qui est nu dansVirgile :

legisset Hernicos, quorum est Anagnia, al’elasgis oiïnn-dos, appellatnsqne ita a Pelasgo quodain ducesnn, quillernieus nominabatur, morein, quel» de /Ktulia legerat,Hcrnicis assignavit, qui sunt vêtus colonia Pelasgorum.Et Ilernicmn quidem Imminem l’elasgum diimn llerni-cis fuisse, Julius Higinus in libro secundo Urliium «unpaueis verbis probat. Morem vero Ætolis fuisse, unntan-tummodo pede calceato in beUmn ire, ostendit elaiïssi-mus scriptor Euripides tragieus : in cujuslragmdiu, quæMcleager inseribitur, nuntius imiuritur desiribeiis, qui»quisque habiln fuerit ex ducihiis, qui ad aprum oapien-dum convenerant; in eo hi versus sunt :

TeXa|xà)V 8è ypwoüv aletèv he'Xtj)C fmllp6ëXrip.a Oiqpôî, [ioTpucn S'êdTOj/sv xâpa,

£«Xap.ïva xaffixwv rtaipiSa ipv EÙ8yip.ova.

KuitpiSo; ôÈ pîtjïjP-’ ’Apxàç ’AvaXavr/j xévcc;,

Kal toÇ’ Ëyowa , heXéxewî Se 6Cctto(J.ovEevu, TtsTrX* àXXaxataco;* ot 8è C-fsaTÎouTèXaiiv ïy.vo; àvipSuXoi xo88ç,

Tôv 8’ £v7ie8iXoi;, &; éXaçpiÇov ymm'EyotEv, 8; 8S| itSmv AItoXoïç vôpoç.

animadvortis, diligentissime rerba Jiuripidis * Murofieservata? ait enim itle :

Tô X«ii>v ïyvo; àvdipEuXot 710865.et eumlem pedem nudum Vergibus uuoque dixit :