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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACHOBF.

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tragédie d'Eschyle, intitulée Etna , dans laquelleil s’exprime ainsi, en parlant des Paliques :

« Quel nom leur donnent les mortels? Jupiter« veut qu’on les nomme Paliques , et ce nom leur« est attribué uvec justice, puisqu’ils sont retour-« nés des ténèbres a la lumière. »

Voici maintenant un passage de Callias, livreseptième de son histoire de Sicile :

« Ëryx est éloigné de Gela d’environ quatre-« vingt-dix stades. C’est une montagne aujour-« d’hui entièrement déserte, et jadis ee fut une« ville de la Sicile . Là sont situés deux gouffres« que les Siciliens appellent Dnlloï, qu’ils croient« frères des Paliques et dont les eaux sont oon-« tinuellemeut bouillonnantes. » Voici actuelle-ment un passage de l’ouvrage de Palémou, inti-tulé Des fleuves merveilleux de la Sicile :

« Les dieux, dit-il, que (les Siciliens) appellent« Paliques , sont regardés comme étant originaires« de l’ile ; ils ont pour frères deux gouffres très-« profonds, dont on ne doit s’approcher, afin de« leur rendre les honneurs religieux, que revêtu« de vêtements nouveaux et purifié de toute souil-«lure charnelle. 11 s'exhale de ces gouffres une« forte odeur de soufre, qui excite une ivresse« effrayante dans ceux qui s’approchent de leurs« bords. Leurs eaux sont troublées, et d’une cou-» leur très-ressemblante à celle d’une flamme« blanchâtre ; elles s’agitent et font le môme bruit« que si elles bouillonnaient modérément. On dit« que la profondeur de ces gouffres est incom-« mensurable, tellement que des bœufs y étant« tombés y disparurent, ainsi qu’un chariot«attelé de mulets, et des cavales qui étaient« sautées dedans. Il est, chez les Siciliens, une« sorte de serment qui est la plus solennelle des

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« justifications que l’on puisse exiger, t.et juge*

« du serment lisent sur un billet, à ceux qui doi-« vent le prêter, le serment qu’on exige d’eux ;

« ceux-ci, brandissant une bronche d'arbre, ayant« la tête couronnée, le corps sans ceinture et ne« portant qu’un seul vêtement, s’approchent du« gouffre et font le serment requis. S’ils retour-« nent chez eux sains et saufs, leur serment est« confirmé; mais s'ils sont parjures, ils expirent« aux pieds des dieux. Au reste, (ceuxquijurent)

« sont tenus de constituer entre les mains des« prêtres des cautions qui leur garantissent, en« cas d’événement, lis frais des purifications qui« doivent ôlre pratiquées à l’égard des assistants.« Auprès de ces gouffres habitèrent les Palieiens,« dont la ville fut surnommée Palieina, du nom« de ees divinités. »

Ainsi s’exprime Polémon. Xénagore, dans le troi-sième livre de son Histoire des lieux où existentdes oracles, dit ce qui suit :

« La Sicile ayant été affligée de stérilité,« ses habitants, par l’ordre de l’oracle dos Pâli—«ques, sacrifièrent à un certain héros; et après« le retour de la fertilité, ils comblèrent d’of-« frandes le temple des Paliques. »

Voilà, je pense, pleinement terminée, et ap-puyée sur de graves autorités, l’explication d’unpassage de Virgile , que nos littérateurs ne regar-dent pas même comme obscur, et sur lequel ilsse contentent de savoir et d’apprendre à leursdisciples que Palicus est le nom d’une certainedivinité. Mais quelle est cette divinité, et d’oùvient son nom? Ils l'ignorent et ils ne cherchentpas à le savoir, ne soupçonnant pas même où ilspourraient le trouver, dans l’ignorance où ils sontdes ouvrages grecs.

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