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LES SATUKNALES, LlV. VL
« dédommagés par lu fraîcheur des gazons, lecris-« lai des fontaines, et l’ombrage des arbres, aun pied desquels vous goûtez des plaisirs qui« coûtent peu, surtout dans la riante saison, quand« le printemps sème à pleines mains les fleurs sur« la verdure. >>
Virgile, dans les Géorgiques :
« Ni l’ombre des hautes forêts, ni la molle ver-« dure des prés, ni la fraîcheur des ruisseaux,<•. dont l’onde plus pure que le cristal roule sur« les cailloux à travers les campagnes, ne peuvent« ranimer leurs esprits. »
Lucrèce, livre second :
« Les tendres saules, les herbes rajeunies par« la rosée, les bords riants des larges fleuves, n’ont« plus do charme, et ne peuvent écarter l'inva-« sion subite du mal. »
La couleur générale et les traits particuliersdu tableau de la peste, dans le troisième livredes Géorgiques, sont tirés presque en entier dela description de la peste qui se trouve dans lesixième livre de Lucrèce. Virgile commence ain-si :
« Là, s’éleva jadis une maladie, déplorable« fléau du ciel, qui lit de grands ravages tout le« temps que durèrent les chaleurs de l’automne;« elle lit périr toutes les diverses espèces d’ani-« maux domestiques ou sauvages. »
Lucrèce commence de la manière suivante :
« Une maladie de cette espèce, causée par des« vapeurs mortelles, désola jadis les contrées oùn régna Cécrops, rendit les chemins déserts, etn épuisa Athènes d’habitants. »
Luminn noclurnis upuJis uUuppedHünlur,
Nue domus ar^ento fulgens, nuroque renidens,
Nue cltharnin reboant laquuatu auratnquu templa :
(Him tamuninter su proslruli in graminu molli,
Proptur nquæ rivum, sub rumis arboris allæ,
Non inagnla opibu# jucumlo corpora curant :
PruisurUm cum lempeslas arridul, et amilTempora conspergunt vlrldanles Ilurihus herbus.
Vcrgilius in Gcorgicis :
Non umbræ altorum nemorum, non mollis possuntPrala movere anlmuin : non qui par saxa volulusPurior elcclro ounpuin petit a ni nia.
Lucretius in secundo :
Mec tencrm salices, nique herbæ rore virantes,
Fluminmiue ulla queunt suramis lnbenlin ripisOblectare anlmum, subitamque avortera cumin.
Ipsius vero pestilentiæ, quæ est in tertio Georgicorum,color totns et lineamenta pæne omnia tracta mini de des-criptione peslilentitu, quæ est in sexto LucrctU. Nam Ver-giliana iuripit :
Hic quondam mmlio coeli mlseranda coorta estTempeslas, totoque auctumnt incanduit œslu,
El q en lia omne neci pecudura dédit, omue fernrum.
Liicrctii vero sic incipil :
Huic ratio quondam morborum, et mortifer œstusFlnlhus in Cecropls funeHtos reddidit agros,
Vastavltque via», exbausit civibus urbem.
Comme il serait trop long de retracer en entierle tableau de chacun des deux poètes, j’en pren-drai seulement quelques passages, qui ferontressortir les similitudes des deux descriptions.Virgile dit :
« Les yeux alors devenaient ardents, la respi-« ration pénible, et entrecoupée de hocquets pro-« fonds; les flancs étaient haletants, une humeur« noire découlait des narines, et la langue deve-« nue rude obstruait le gosier engorgé. »
Lucrèce :
« Le mal s’annonçait par un feu dévorant qui se« portait à la tête ; les yeux devenaient rouges et« enflammés; l’intérieur du gosier était humecték d’une transpiration de sang noir ; le canal de lan voix, fermé et resserré par des ulcères ; et la« langue, cette interprète de l’àme, souillée de« sang, affaiblie par la douleur, pesante, im-« mobile, rude au toucher. »
Virgile :
« Tels étalent les symptômes qui se manifes-« taient pendant les premiers jours de la mala-« die. » (11 a rapporté plus haut quels étaient lessymptômes.) « Les oreilles abattues; une sueur« intermittente, qui devenait froide aux approches« de la mort; la peau sèche et rude au toucher. »Lucrèce :
« On remarquait encore en eux plusieurs autres« symptômes de mort : leurôme était troublée par« le chagrin et par la crainte, leurs sourcils fron-» cés, leurs yeux hagards et furieux, leurs oreil-« les inquiétées par des tintements continuels, leur
Sed quatenus totum locum utriusque ponere satis longumest , excerpam aliqua, ex quibus similitndo geminæ des-criptionis appareat. Vcrgilius ait :
Tum vero ardentes ocull ulquc attractus ab altoSpirilus interdirai gemltu gravis : imaque longoIlia singultu tendent : lt narlhus uterSnnguis, et oppressas fauces premit uspera lingua.
Lucretius ait :
Princlplo caput incensum fervore gerebant,
Et dupllccs oculos suffusa luce rubentes :
Sudabimt etlam fauces intrinsecus atroSanguine , et ulcerlbus vocts via sæpta coibat :
Atque animi interpres manabat lingua cruore,
Debililata malis, raotu gravis, aspera tactu.
Vergilius sic ait :
Hæc ante exitium primis danl signa dlelms.et quæ darent signa, supra rctulit idem :
Demissæ aures, incertus ibidemSudor, et ille quidem morituris frigidus : aretPellis, et attactu tractanti dura resisttt.
Lucretius ait :
Multaque prælerea mortis tune signa dabantur ;Pcrturbata animi mens in mœrore metuque,
Triste supercilium, furlosus vultus et acer,
Sollicita! porro plenæque sonortbus aures,
Creber spiritus, aut iugens, raroque coortus,
Sudoiisque inadeus per coliuin splerididus liumnr,