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MACROBE.
« Leurs coupes sont les fontaines liquides et« les fleuves battus par leur cours. »
Lucrèce, livre cinquième :
« Pour apaiser leur soif, ils n’invoquaient« que les fleuves ou les fontaines. »
Virgile :
« 11 cueille les fruits que les arbres et les champs« produisent spontanément. »
Lucrèce, livre cinquième :
« Ce que le soleil et les pluies leur accordaient,« ce que la terre produisait spontanément, suffi-« sait pour apaiser leur faim. »
CHAPITRE IL
Des passages que Virgile a translatés des anciens écrivainslatins, ou intégralement, ou avec de légers changements ;et de ceux qu’il a transformés de manière néanmoins àen laisser facilement découvrir l’origine.
Après avoir parlé des vers que Virgile a trans-portés dans ses ouvrages, soit intégralement, soiten partie, ou avec le changement de quelquesmots, comme pour leur donner une couleur nou-velle, je veux maintenant établir la comparaisonentre des passages entiers, afin qu’on puisse con-sidérer, comme dans un miroir, d’où ils ont ététirés.
Virgile :
« Je n’ignore pas combien il est difficile dans« ce sujet, de triompher des expressions, et de« prêter quelque importance à des objets si légers;« raaisundoux plaisir m’entraîne vers les sentiers« difficiles et déserts du Parnasse, et je me plais«~à m’ouvrir vers la source deCastalie un chemin
Versaque in obscœnum spedt* est falcis ænre.
Vergilius :
Pocula sunt fontes liquidi, atque exercita cursuMoulina.
Lucretius in quinto :
Ad sedare silim fluvii fontcsque vocabant.
Vergilius :
Quos ramt fructus, quos ipsa volentia ruraSponte tuleresua, carpslt.
Lucretius in quinto :
Quod sol atque imbree dederant, quod (erra crearatSponte sua, satisid placabat pectora donum.
CAPUT II.
Quoslocos, aut integros, aut paucis adniodum immulatis,ex antiquis laünis scriptoribus Vergilius transtulerit :quosque ita mutaverit, ut origo lumen eoruin facile de-prehendatur.
Post versus ab aliis vel ex integro, vel ex parte translates,vel quædam immutando verba tanquain fuco alio tinclos,mine locos locis componerescdet anime, ut, mule formatisiut, quasi de speculo cognoscas. Vcrgiliius :
Nec sum aninii dubius, verbis ea vincere magnum
« qui n’ait été frayé par aucun autre avant mol.Lucrèce, livre premier :
« Je n’ignore pas qu’une nuit épaisse en dérobe« la connaissance (de la vérité); mais l’espérance de« la gloire aiguillonne mon courage, et verse dans« mon âme la passion des Muses : cet enthousiasme« divin qui m’élève sur la cime du Parnasse, dans« des lieux jusqu’alors interdits aux mortels ».Comparez cet autre passage de Virgile, aveccelui d’où il l’a tiré, et vous y retrouverez lamême couleur, et presque les mêmes formes de laphrase.
« S’ils n’habitent point de palais superbes, qui« regorgent chaque jour des flots de la multitude« qui vient les saluer ; si leurs lambris ne sont point
« revêtus de superbes reliefs.»
Et peu après :
« Du moins au sein delà sécurité, ils jouissent<• d’une vie qui n’est point sujette aux tourments« de la déception, et qui abonde en toute sorte« de biens; du moins, sans sortir de leur joyeux« héritage, ils trouvent des retraites paisibles',« des eaux vives, de fraîches vallées; ils entendent« les mugissements des troupeaux; iis goûtent un« doux sommeil à l’ombre de leurs arbres; ils ont« sous les yeux des forêts, des pâturages; et ils« jouissent d’une jeunesse endurcie au travail« et accoutumée à se contenter de peu. »
Lucrèce, livre second :
« Si vos festins nocturnes ne sont point éclairés« par des flambeaux que soutiennent de magnifl-«ques statues; si l’or et l’argent ne brillent« point dans vos palais; si le son de la ivre ne« retentit point sous vos lambris ; vous en êtes
Quam stt, et anguslls hune adderc rebus honorem.
Sedme Parnasi déserta perarduaduldsRaplatamor. Juvat ire jugls, qua nulla priorüinCaslallam molli devertilur orhita clivo.
Lucretius in primo :
Nec me aniini fallit, quam siut obscura ; sed acriPercusslt lliyrso taudis spes magna meum cor,
Et slmul incussll suavem mi in pectus amoremMusarum : quo nunc instlnctus mente vigenU,
Avin Pieridum peragro loca, nullius anteTrita solo.
Accipe et alterum locnm Maronis, illi, undc Iraxerat,comparandum, ut eundem eolorem ac pæiio siniilcrn so-num loci utriusque reperias :
SI non ingentem forlbus domus altn superbisMane sâlutantum totis vomit œdibus undam ;
Mec varios inbiant puichratesludine poste»,et mox :
At secura quies, et nescia failere vita,
Dives opuin variarum : at latis olia fundis,
Speluncæ, vlvique lacus : at frlgida Tempe,
Mugitusque boum, mollesque suil arbore somni.
Non alisunt illic saltus, ac lustra ferar,um;
Et paliens operum exiguoque assucta Juvcntu».
Lucretius in libro secundo :
Si non aurea sunl juvenum simulacrapcr redes,
Lampadas igniferas manibus retinentla dextris.