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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES, L1V. VI.

déjà l’inlluence du pouvoir d’un autre, car celuiqui est porté n’est pas maître de soi. Or, vexasseexprime un mouvement et une force incompa-rablement plus grando que son radical : doncon peut dire proprement vexatur, de celui quiest porté, enlevé, déchiré, et traîné çà et là. C’estainsi que iaxare exprime une action plus éner-gique et plus fééquente que tangere, dont il estdérivé incontestablement. Jactare exprime ungisement plus complet et plus étendu quejacere, son primitif; et c’est ainsi que quas-sare (ébranler) emporte l’idée de plus de force etde violence que quatere (secouer) : donc, quoiqu’on dise vulgairement vexatur, en parlant, decelui qui est incommodé par la fumée, par levent ou parla poussière, néanmoins la natureet la force véritable de ce mot ne doivent point dé-périr, puisque d’ailleurs elles ont été soigneuse-ment conservées, comme el les ledevaient être, parceux des anciens qui ont écrit avec exactitudeet justesse. M. Caton, dans son discours sur lesAchéens, a dit : « Lorsqu’Annibal déchirait etravageait ( vexaret) la terre d’Italie.» On voit queCaton dit, en parlant d’Annibal, vexatam, alorsest aucune espèce de calamité, de cruauté,d’atrocité, que l’Italie n’ait eu à souffrir dutemps de ce dernier. Cicéron, dans son quatrièmediscours contre Verrès, dit aussi : ■< (La Sicile) a« été pillée et dépouillée par lui ; non comme par« un ennemi qui respecterait, du moins durant la«guerre, la religion et le droit des gens; mais« d’une telle façon qu’on dirait qu’elle a été rava-« gée ( vexata ) par de féroces brigands. »

Il y a deux réponses à faire sur le mot illau-datus. La première est celle-ci : Il n’est personne

delur, (|uml est vehere, in quo inest juin vis <|iiædamnlieni nrliitrii ; non enini sui potens est, qui veliilur. Ve-xare aulem, quod ex eo inclination est, vi atipie molliproeul diihio vastiore est; nam qui fertur, el. raptatur, at-que I |IIC et illuc dislrabilur, is vexari proprie dicitur :sic.uli Iaxare prossins crebriusqne est, quam tangere,onde id proeul dubio inclinaluni est : el jactare niullo fu-sius largiusque est, quam jacere, onde id verbum ti aduc-I il ni est : quassare eliam, quam quatere., gravius violen-tinsque est. Non igitur, quia vulgo dici solet, vexationesse, quein lumo, aut vento, mit pulvere laborarc vide-inus, proplerea débet visvera alque natura verbi deperirc,quæ a veteribus, qui proprie atquc signate loculi sont,ita ut decuit, observai»est. M. Catonis verba suiil ex ora-tione, quam de Aclmiis scripsit : « Clinique Ilannibal« terrain ItaJiain laceraret, atque vexaret. » Vexatam lta->iam dixit Catu al) llannibale, qnando milium calamitatis,aut sæviliæ, aut inimanitatis gémis reperiri queat, quodineo lemporo ltalia non perpessasit. M. Tullius in quartoiu Vcrrein : « Quai ah isto sic spoliala atque direpta est;« ut non ab liostc aliquo, qui tanien in bello religionem« et eonsiietiidinis jura retincrut, sed ut a barbaris præ-« donibus vexata esse videalur. » De illaudato aulemduo videntur responderipossc.Unumest ejusmodi: Nemo

de si pervers, qui ne fasse ou ne dise quelquefoisquelque chose de digne d’éloge. De là ce verstrès-ancien, aujourd’hui devenu proverbe :

« Un fou dit souvent très-juste. »

Mais celui-là est illaudatus , qui, en toutechose et en toute circonstance, se montre indigned’éloge; et il est par conséquent le plus méchant,le pire de tous les hommes. Ainsi l’absence detoute faute fera qu’un individu sera inculpalus;ce qui exprimera une vertu parfaite, commeillaudatus désigne le comble de la plus extrêmeméchanceté. C’est ainsi qu’Homère a coutumede combler ses éloges, non par l’attribution desqualités, mais par la privation des défauts.Ainsi il dira :

« Et ce n’était point malgré eux qu’ils volaient(au combat). »

Et ailleurs :

« Vous n’auriez point vu alors l’illustre Aga-« memnon sommeillant, ou tremblant, ou évitant« le combat. »

C’est par une tournure semblable qu’Épicfirea défini la souveraine volupté, l’absence et laprivation de toute douleur. Voici ses expres-sions : « Le plus haut degré de ' est l’ab-« sence de toute douleur. » C’est encore dans lemême sens que Virgile qualifie le marais du Styx,inamabilis. Car comme illaudatus exprimel’absence de qualités dignes d'éloges, inamabilisexprime l’absence de qualités dignes d’amour.Voici maintenant la seconde manière de défendrel’expression illaudatus. Laudare, en vieux lan-gage, signifie nommer, appeler. Ainsi, dans lelangage ordinaire, l’on dit : auctor laudatur,pour norninalur. Dans ce sens, illaudatus sera

qiiisquam tain afflictis est moribns, quin facial, aut dicatnonnunquam aliquid, quod laudari queat. Unde hic anti-qtiissimus versus vicoproverbii celebraltis est :

IloXXâxt yàp xai guipii; àv^p piXa xaipiov eijiev.

Sedeniin, qui omni in re atque omni tempure lande oninivncal, is illaudatus est; isque omnium pessinius, deleiri-musqué est. Ac sicuti oinnis culpæ privalio inculpationl'acit; inculpalus aulem instar est absolutæ virtnlis : illau-datus quoique igitur finis estextreniæ malitiæ. Itaque IIo-merus non virlutibus appel lundis, sed viliis detrabendis ,laudare anipliter solet. Hoc enini est :

Tii) 8’ oùx ixovve 7tsTÉ<r0ï]v.et item illud :

’lïvO’ oùx âv ppiÇovva ÎSou; ’Afa(i.sp.vova 8ïov,

Où8è xaxaTrTiiffffow’, où8’ oùx èôéXovxa pa^eirOai.lîpicurus quoque simili modo maximum voluplatem priva-tionem dclractionemque omnis doloris definivit, bis ver-bis ‘ "Opo; tou peyéDouç Tiîiv v,8ovüjv 7 cavvô; voü àXyoOvToçuxEÇaipeinç. Eudem ratione idem Vcrgilius inamabilemdixit Slygiam paludem. Nam sii ut illaudatum xavàoxéprimvjaudis , ita inamabilem per amoris (TTEpyimv de-testatus est. Altero modo illaudatus ita del'enditur :taudare signilicat prisca lingua nominare appeliaroque ;