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LES SATURNALES, LLV. VL
•< d’un poids énorme « (immanipondéré cestus.)Et pareillement :
« L’intérieur de cette sombre demeure est« souillé de sang et de mets sanglants, {domussanie opibusque cruentis).
On doit donc expliquer : Quirinali lituo suc-cinctus , par lituum Quirinalem tenons. 11 neserait pas plus étrange que le poète eût dit :Viens Quirinali liluoeral; puisque nous disonsbien : statua grandi capite eral. 11 y avait unestatue d’une tête élevée). Les mots est, erat,fuit, se suppriment souvent par élégance, sansnuire pour cela au sens de la phrase.
Mais puisque nous parlons du lituus, je nepasserai pas sous silence une question qu’on peutfaire à ce sujet, savoir : si le bâton augurai aemprunté de la trompette [tuba) le nom de liluus,ou bien si c’est la trompette qui a emprunté dubâton augurai le nom de lituus, qu’on lui adonné ; car ces deux instruments sont d’une formesemblable, et tous deux pareillement recourbéspar le bout. Si, comme quelques personnes leconjecturent, d’après l’expression d’HomèreXi'y;e ptbç (l’arc frémit), c’est le son que produitla trompette qui a donné naissance au mot li-tuus, il en faudra conclure que le bâton augurai,à son tour, aura reçu ce nom à cause de sa res-semblance avec la trompette. Ainsi, dans levers suivant, Virgile emploie lituus pont tuba :
« Il se faisait remarquer dans les combats« par sa lance et par sa trompette {lituo). »
Aviénus : .le ne comprends pas clairement- l’ex-pression, maturale fugam (mûrissez la fuite) ;car l’idée de fuite me paraît opposée à celle ex-primée par le verbe maturare. Je vous prie devouloirbien m’apprendrece que je dois penser dececi.— Servius : Nigidius, homme très-versédans
Doirnia sanie dapibusque cruenlla.
Sic iÿ’îlnr id quoqiie didum videri début : Ipso Quirinalilituo, id est, liliium Quirinalem tenons, Qnod minimemirandum Ibrel, si ila didum fuisset, l’icnsQuirinali lituoeral : sicuti dicimus , statua grandi capite oral. El est ail-lent, cl erat, et fuit, plcrumque abstint cmn elegantiasine dclrimenlo sontontiae. Sed quoniam facta litui menlioesl, prælormitlondum non est, qnod posse quatri animad-vertimus, iilrum a tuba lituus auguralis appellclur, antuba a lituo augurum liluus dicta sit. Ulrumque cnimpari forma et pariler in capite inourvum est. Sed si, utquidam pulanl, tuba asonitu lituus appollata est ex illollomeri versu necesse est, ut virga auguralis a
tubæ simililudine lituus vocetur. Utitur autem vocabuloisto Vergilius et pro tuba; ut ibi :
Et lituo pugnas iusignis obibat et hasta.
Subjecit Avienus t Maturale fuyant, quid sit, paruiumihi liquel. Contraria enim videtur milii fugamaturilati :onde, quid de boc verho sentiendum sit, quu-so me do-coas. Et Servius: Nigidius, bomo omnium bunarum ar-liinr» disciplinis egi'cgius, » Mature , » impiit, « est quoi!»neque cilius, neque serius, sed medium quiddam et
la connaissance des règles des beaux arts, définitl’adverbe mature : « ce qui n’est ni trop prompt,« ni trop tardif, mais qui est dans un certain« milieu et tempérament. » Cette définition estparfaitement juste ; car l’on dit des grains etdes fruits, qu’ils sont mûrs, lorsque, n’étant nicrus, ni âpres, ni pourris, ni desséchés, ilssont parvenus en leur temps au degré précisde la maturité. L’empereur Auguste rendaitélégamment par deux mots grecs cette définitionde Nigidius; car l’on dit qu’il avait la coutume dedire dans la conversation, et d’écrire dans seslettres : '< Hâte-toi lentement; » par où il avertis-sait qu'on apportât dans l’action, et cette célé-rité que produit l’habileté, et cette lenteur quinaitdusoin; deux qualités opposées, qui sontles éléments de la maturité. Ainsi donc Virgileintroduit Neptune commandant aux vents de seretirer, ce qui doit être exécuté avec la prompti-tude d’une fuite; mais en même temps ils doi-vent, en se retirant, modérer la violence de leursouffle, ce qui est exprimé par le mot maturale ;comme s’il disait : Tempérez votre fuite; car ledieu craint encore que, même en fuyant, s’ils lefaisaient avec trop de violence, ils ne nuisent à laflotte (d’Énée). Virgile,parfaitement instruit dela signification entièrement opposée des motsproperare et maturare, lésa employés distincte-ment dans les vers suivants :
« S’il arrive qu’une pluie froide retienne le la-it boureur chez lui, il peut travailler à loisir« (maturare ) à des ouvrages qu’il lui faudrait« bientôt précipiter ( properanda ) par un ciel se-« rein. »
Cette distinction est juste, et élégamment ex-primée; car dans ce qui concerne les travauxchampêtres, lorsque les frimas et les pluies con-
« temperatuin est. « lïerie atque proprie Nigidius : nam etin frugibus et iu ponds matura dicimlur, quæ neque crudaet immitia sunl, neque caduca et nimiuin coda, sed tem-pore suo temporale adulta. liane inlerpretalionem Nigi-dianam divus Augustus duobiis verbis græcis déganterexprimebat : nam et dicere iu sernumilms, et scrihere inepistolis Sülitum ferunt, amvSe. |3pa Sétof, per qnod monc-bat,ut ad rem agend.-nn sinml adhiberetur et industriæceleritas, et tarditas diligentiæ. Ex quibus duobus contra-riis fit maturitas. Sic ergo et Vergilius inducit Neplunum,discessum vends imperantem, utetlameito discedant,lanquain fugianl;ettamenflandi mediocritalem in régressateneant, lanquam mature, id est, temporale, abonnies.Verelur enim, ne in ipso discessu elassi noceant, dumraptu nimio, tanquam per fugam, redeanl. Idem Vergi-lius duo ista verba maturare et properare, tanquamplane contraria, scitissime sepavavit in bis versibus:
Frigidus agricolas si quando continet imber,
Milita, forent quæ mox cœlo properanda sereno,
Maturare datur.-
lieue et eleganter duo ista verba divisit. Namque in præ-paralu reiruslicæ, per tempestates etpluvias, quoniam ex