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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACROBE.

discours font souvent s’amender ceux qui lesentendent, et qui jusque-là agissaient tout dif-féremment. Toutefois, à table, la philosophiene doit frapper l’homme vicieux qu’en lui dissi-mulant ses coups, comme Bacelnis frappe de sonthyrse, dont le 1er est caché au sein du lierrequi l’embrasse de ses replis. En effet, la censurequi, aii milieu des festins, attaquerait ouverte-ment le vice, n’obtiendrait point de succès; carcelui qui se verrait attaqué se défendrait, et lefestin serait en proie à un tumulte qui permet-trait d'adresser aux convives invités à de pareilsrepas, ces paroles :

« Compagnons, joyeux dessuccès que vous avezh obtenus, employez le temps qui vous reste à ré-« parer vos forces, et tenez-vous prêts pour le'i combat. »

Ou, comme Homère l’a dit, avec plus de pré-cision et d’énergie :

«Maintenant allez souper, afin que nous mar-chions au combat. »

Si donc l’occasion se présente d’une répréhen-sion indispensable, le philosophe la fera de ma-nière qu’elle soit juste et efficace. Qu’on ne s’é-tonne pas si j’ai dit qu'il doit frapper en dissimu-lant son coup, puisque souvent il reprend, à lasatisfaction de celui-là même auquel il s’adresse.Il doit aussi faire briller l’ascendant de la philo-sophie, non-seulement dans ses discours, maismême dans ses questions, en faisant voir qu’ellenedit jamais rien de puéril. Ainsi doncn’exeluonsla philosophie d’aucun lieu, d’aucune réunion,d’aucun acte honnête; puisque, partout où elleparaît, elle se montre si nécessaire, que son ab-sence paraîtrait impie.

auditis talibusademendationem venirent. Sic autem viliisirretitos, si et lioo in conviviis exegerit loquendi nrdo,feriet philosophât non sentienf.es, ut Liber pater lliyrsorerit per obliquationein circnmfusæ iiederæ latente ma-crone : quia non ita prolitebitnr in convivio censorem,ut palamvilia castiget. Ceterum liisobnoxii repugnabunt :et talis crit convivii tuinuitus, nt snb Inijiismodi invitativideanlur edicto :

Quod superest, læti ltene geslis eorporn rebus

Procurate viri, et pugnain sperate pnrati.

aut ut Humérus brevius et expressius dixit :

NOv 8’ êpxeuO’ im Seïjimov, ïva Suvâ'fwp.ev ipn*.

Ergo si opportunitas necessariæ repreltensionis emerserit,sic a pbilosopbo proficiscetur, ut et recta, et eflicax sit.Quid iniruin, si feriet sapiens, ut dixi, non sentientes,cmn interdum sic reprehendat, ut reprebensus bilaretur?nec tanlnm fabulis suis, sed interrogationibns quoqueviin pbilosopbiæ niltil ineplum loqunntis ostendet. lianeergo nnllns lionestus actus, locusve, coetus nnlliis exclu-dat : qtiæ ita se aptat, ut ubique sic appareat necessaria,lanquam altesse illam nefas l'uerit.

CHAPITRE II.

Des sujets sur lesquels chacun aime à être interrogé.

Aviénus. —Tu m’as indiqué deux manièresnouvelles d’instruire ; l’interrogation et la correc-tion , chacune employée de façon à exciter lagaieté de ceux à qui elle s’adresse ; tandis qu’or-dinairement une sensation pénible est l’effet dela répréhension, même la plus juste. Développe,je te prie, cette matière, que tu n’as fait que tou-cher légèrement.

Eustathe. — Tu dois d’abord remarquer quece que j’ai dit, je n’ai pas entendu le dire de celterépréhension qui ressemble à une accusation ,mais de celle-là qui n’est qu’un simple blâme.C’est celle que les Grecs appellent uxôiij.^oi (sar-casme ) : non moins amer que l’accusation di-recte, s’il est lancé sans ménagement; mais qui,parti d’une main habile, ne manque pas mêmed’une certaine douceur. Je répondrai d’abord àta demande au sujetde l’interrogation : Celui quiveut faire à autrui des questions qui lui soientagréables n’en doit faire que de celles auxquel-les il est facile de répondre, et sur des matièresqu’une longue habitude a rendues familières àson interlocuteur. Chacun, en effet, aime à sevoir provoqué à étaler son savoir, parce que per-sonne ne veut tenir caché ce qu’il a appris ; sur-tout si la connaissance de la science qui fit l’objetde ses travaux ne lui est commune qu’avec unpetit nombre de gens, et qu’elle soit ignorée de lamultitude;tellessont l’astronomie, la dialectique,et autres sciences semblables. Car on croit re-cueillir le fruit de ses labeurs, lorsqu’on trouvel’occasion de montrer en public le résultat de sesétudes sans encourir le reproche d’ostentation,

CAI'UT II.

De (|iiibus libcntcr quisque intorrogelur.

Et Aviemis : Novas itiilti <luas <lise.i|>lînas videris indii-cere, inlerrogandi, et repreltendendi, ut alarrilas utriiiquebis, ad quos senno est, exciletnr : cmn doloi- semper re-prehensiouem vel justani sequatur. Unde hæc, quæ levi-teraltigisli, fac quæso enarrando plaidera. Primant, iuquitEustathius, hoc teneas volo, non de ea me reprehensionedixisse, quæ speciem accusations liabet, sed quæ vitu-peralionis instar est. Hoc Græci scomma vocant, mmminus quidem aniarum, quant aecusalio, si importuneproferatur : sed a snpiente sic proferolur, ut dulcedinequoque non carrai. Et, ut prias tibi de interrogationc rca-pomieam, qui vult amtruus esse consultor, ea inlerrogat,quai siiul inlerrogalo laeilia responsu, et quæ soit illutnsedulaexercitalione didicisse. Oaudet enim,quisquis pro-vocatur ad doctrinam suam in medium proferendam : quianemo vult latere, quod didieit; maxime si scientia, quantlaltttre quæsivit, «uni paucis illi ramiiiaris, et pluriinissit incognila ; ut de astronomia, vel dialectica, celerisquosititilibtts. dune enim videntur eonseqni frnettim ialtttris,cnm adipisenntur oceasionem pnblicandi, qnæ didlcerant,sine ostentalionis nota : qna caret, qui non ingerit, sed