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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACROBE.

à celui que vous inviterez à raconter la fortunequi vient de combler subitement son ami, et qu’iln’osait ni taire, ni annoncer spontanément, dansla crainte de se voir accuser ou de jactance oud’envie. Interrogez le chasseur sur les détoursde la forêt, sur les circuits de la bête fauve, surles succès de sa chasse. A l’homme religieux,fournissez l’occasion de décrire par quelles pieu-ses pratiques il a su mériter la protection desdieux, et les fruits qu’il en a recueillis; car ilcroit faire un nouvel acte de religion, en publiantles bienfaits de la Divinité; ajoutons qu’il aimequ’on le considère comme un ami des dieux. Siun vieillard est présent, vous avez trouvé l’occa-sion de lui rendre un grand service, quand mêmevous l’interrogeriez sur des matières qui ne sontnullement de son ressort, car la loquacité estun défaut ordinaire à cet Age, C’est parce qu’Ho-mère le savait, qu’il adresse à Nestor des inter-rogations accumulées :

« O Nestor, ô fils de Nélée, dis-moi comment« est mort le fils d’Atrce, le puissant Agamem-

« non? Où était Ménélas?.N’était-il pas à Ar-

« gos, dans l’Achaïe? »

Le poète accumule dans ces interrogations tantde motifs de parler, pour satisfaire à la déman-geaison qu’éprouve la vieillesse. Dans Virgile,Énée, désirant se rendre agréable à Evandre entoute manière, lui fournit diverses occasions deraconter ; il ne se contente pas de l’interrogersur ce sujet ou sur cet autre;

« Mais il s’enquiert de tout avec bonheur, et« écoute les narrations des premiers hommes (de« la contrée.) »

quam spontenonaudebatveldicerc, vel tacere, modojactan-tiæ, modomalHiæmetn.Qui venatibusgaudet,interrogctui'desilvæ ambilu, de ambage lustronim, de venationis eveu-lu. lteligiosus si adest, da illi referendi copiai», quibusob-servalionilms meruerit auxilia Dcorum, quaiitus illi cæri-moniarum (ïuctus; quia et hoc gémis religionis exislimant,mmiinmn bcnclîcia non tacere :addc, quia volnntet ami-cos se numinibus existimari. Si vero etsenex præsens est,liabes occasionem, qua plurimum illi conlulisse videaris,si eum interroges, vel quæ ad ilium omnino non perti-nent. Est eniin liuic ælaliloquacités i'amiliaris. Ilæc sciensItomerus, quandam congeriem simili interrogationmnNestori fecit olferri :

'IX Né<rrop Nï)Xï]ï(fôr], aï) ê’ àX-qOèç éviojte ,

llüç tOav’ 'AtpaîSriç eùpuxpeiwv ’Ayap^pvov;

HoüMevéXao; ëïjv ;-

H oùx 'ApY^oi; rjev ’A/aïxaü.

Tôt loquendi semina interrogando congessit, ut pruritumsenectutis expleret. Et Vergilianus Æneas, gratum se adoitmia prœbens Evandro, varias illi narrandi occasiones■ninistrat. Ncque enim de una re aut altéra requirit,

. Sed singula lœlus

Exquiritque, auditque virum monuments priorum.

Et Evander consultationibus caplns, scilis quam militanarraverit.

Captivé par ces questions, vous savez tout eequ’Evandre raconta.

CHAPITRE III.

Des divers genres du sarcasme, et avec quoi ménagementil faut l’employer entre convives.

Ces discours d’Eusthate furent accueillis parune approbation universelle, et tout aussitôt A-viénusdit: Je vous prierai, vous tousqui êtes iciprésents, vous les doctes entre tous les doctes,d’engager Eustathe à nous développer ee qu’ildisait naguère du sarcasme; et Eustathe, dé-férant à leur vœu unanime, parla en ces termes :

Outre le mot (inculpation) et oi'ÆoVr, (ac-cusation),]^ Grecs ont encore deux autres ex-pressions, XoiSopta et (jxmp.jxa, pour lesquelles je ne.trouve point de synonymes latins. Par la pre-mière, il faut entendre un blâme avec affrontdirect : je dirai volontiers du second , que c’estune morsure déguisée; et en effet, le sarcasmese couvre souvent de dissimulation ou mêmed’urbanité, en sorte- qu’il dit autre chose qu’ilne veut faire entendre. Cependant, il ne vise pastoujours à l’amertume; et certaines fois mêmeil renferme quelque chose d’agréable pour celuicontre lequel il est lancé. C’est ce dernier genrequ’emploiera l’homme sage et poli, surtout à ta-ble et au milieu des coupes, qui rendent plus facilela provocation à la colère. Car, de même qu’unelégère impulsion suffit pour précipiter celui quiest au bord d’un escarpement, de même la pluslégère blessure suffit pour faire entrer en fureurcelui qui est plongé dans le vin. On doit donc

CAPIJT III.

De vario scommatum genere ; et qmun «mie bis ulendiiminter convives.

Ilæc dicenteni lavor omnium excepil. Sed mox subjerilAvienns : Vos omnes, qui (loelonnn doetissimi adoslis,oraveriin , ut liortalu veslro Kuslathius , quæ de scoiu-mate paulo auto dixerit, animetur apeiiro. Onmibusquoad hoc provocaulibus, illc conlexuit : Procter catégorial» ,quæ «poyoc; est, et præter giapoX^v, quæ délai io est, suiitalia duo apud Græcos nomma, Xoiôopia et oxcoppa, quibus nec vocabula Latiua reperio, nisi lorle diras, Imdo-riam exprobrationom esse ad direclni» couLumelinm.Scomma enim pæne dixerim morsnm liguralum; quiasæpe fraude vel urbanilatc tegilur, ut aliud sonet, aliuilintelligas. Nec tamen semper ad amai itudiuem pergit, sednonmmquam liis, iu quos jaeilur, et dulce est. Quod genusmaxime vel sapiens, vel alias urbanus exercet, piæc.ipuointer mensas et pocula, ubi facilis est ad irae.undiamprovocatio. Nam sicut in præeipiti stanlem vel levistactus impcllit; ila vino vel infusmn, vel nspersmn,parvus quoque dolor incitât in fnroiem. Ergo cantinein convivio abstinendum scommate, quod tectum inlrase liabet injuriant. Tanto enim pvossius bærent dielatalia, quam directæ lædoriæ, ut hami angulosi, quam