Buch 
Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
Entstehung
Seite
385
JPEG-Download
 

385

LES SATURNALES, LIV. VII. „

ce n’est encore qu’un sophisme insidieusementcaché, sous la couleur d’une similitude de mots ;car les résultats delà boisson sont bien différentsde ceux delà manducation. En effet, qui jamais,en mangeant beaucoup, a ébranlé sa raison? cequi peut arriver par suite de la boisson. La ré-plétion de la nourriture appesantit le ventre etl’estomac, tandis que l’homme plongé dans levin devient semblable à nu insensé. Pour moi,je pense que la nourriture, par son poids natu-rel, se réunit en un seul endroit, où elle attendl’action de la digestion, qui, après l’avoir dis-soute insensiblement, la distribue aux diversmembres; tandis que la boisson, plus légère desa nature, s’élève tout de suite, et va frapper desgouttes d’une fumée chaude le cerveau, qui estplacé au sommet de notre corps. Voilà doncpourquoi l’on évite la variété des vins; c’est afinque cette fumée, dont la chaleur subite et di-versifiée dans ses degrés court s’emparer de latête, n’aille point troubler ce siège de la raison ;crainte que nul motif, que rien de semblable nesaurait inspirer relativement à la variété des ali-ments.

Quant à la discussion dans laquelle tu as dé-crit avec beaucoup de clarté l’organisation com-pliquée des différentes digestions, je n’ai que deséloges à donner à l’éloquence de tout ce que tuas dit concernant le corps humain ; mais cela nenuit en rien à la question actuelle. La seule choseà laquelle je ne puis accorder mon assentiment,c’est lorsque tu dis que les sucs divers, produitspar des aliments variés, sont contraires à noscorps, tandis que nos corps eux-mêmes sont uncomposé de qualités contraires. Car nous avonsen nous les principes de la chaleur et du froid,du sec et de l’humide. Or, une nourriture uni-

edendo plurimum, mente sauciatus est, quod in bibendoconlingit? farlus cibo stomachum vel ventrem gravatur :infusas vino, fit similis insano; opinor, quia crassitudocibi uno in loco permanens exspectat administrationemdigestionis, et tune demum memhris sensim confectusillabitur : polies, ut natura levior, mox altum petit ; et ce-rebrum, quod in vertice Iocatum est, ferit fumi calentisaspergine. Et ideo varia vina vitantur, ne res, quæ adpossidendum caput repentina est, calore tamdiverso,quam subito, consiJii sedem sauciet. Quod æque in cibivarietatc metuendum, nulla similitudo, ralio nulla per*suadet.

In ilia vero dispntatione, qua digeslionum ordinem ser*mone luculento et vario digessisli, illaomnia, quæ denatura bumani corporis dicta sunt, et niliil nocent pro-positæ quæstioni, et eloquenter dicta non abnego. U|jsoli non assentior, quod succos varios, de ciborum varie-tate confectos, dicis contrarios esse corporibus ; cum cor-pora ipsa de contrariis qualitatibus fabricata sint. Excalido enim et frigido, de sicco et humido constamus.Cibus vero simplex succum de se unius qualitatis emiltit.Stimus autem similibus similia nutriri. Die quæso, unde

MXCROÜE.

forme ne saurait produire qu’un suc d’une seulequalité. D’un autre côté, nous savons qu’un sem-blable ne peut se nourrir que par son semblable.Maintenant, je te demanderai comment s’ali-menteront trois des principes différents de notrecorps. Je trouve dans Empédocle un témoignageque chaque substance attire son semblable. Ildit :

Le doulx saisit ce qu’il y a de doulx,

L’amer s’en court se joindre à l’amer roux,

L’aigre s'attache à l’aigre ; et la partie

Qui est bruslée, aussi à la rostie.

Je t’entends citer toi-même souvent avec ad-miration ces paroles de ton Hippocrate : « Si» l’homme était un corps simple, il ne souffrirait« pas; or il souffre, donc il est composé. » Con-cluons de là que, puisque l’homme n’est pas unesubstance simple, il ne doit pas être alimentéd’une substance unique. Et en effet, le Dieucréateur de toutes choses n’a pas fait d’unesubstance simple cet air que nous respirons, etdans lequel nous sommes plongés, en sorte qu’ilsoit toujours froid ou toujours chaud ; il ne l’apoint livré non plus à une continuelle sécheresse,ni à une perpétuelle humidité; parce qu’étantcomposé de quatre principes, un seul n’eûtpas été propre à nous alimenter. Il a donc fait leprintemps à la fois humide et chaud ; l’été, chaudetsec; l’automne, sec et froid; l’hiver, froid et hu-mide. De même aussi les éléments, qui sont nosprincipes constitutifs, possèdent des propriétésdiverses qu’ils nous communiquent en nous ali-mentant. Le feu est à la fois chaud et sec; l’air,humide et chaud ; I ’eau, froide et humide ; la terre,sèche et froide. Pourquoi donc nous condamnes-tu à une nourriture simple, alors que rien n’estsimple, ni en nous, ni autour de nous, ni dans

très aliæ qualitates corporis nutriantur? singula autem adse similitudinem sui rapere, testis est Empedocles, quiait :

v/'jx'j uèv yXuxù pâpjtTE, mxpov S’ëm rttxpôv opouuev,0;u 8 i~ ô;'j èêr], Oôppàv 8’ êîtoxeOevo 8epp.ü.

Te autem sæpe audio Hippocralis tui verba cum admira-tione referentem : e! ëv rjv 6 ccvOptono;, oùx àv à/.-

yeî Sè,oùx ipa ëv è<m. Ergo si homonon unum, uutriendusest non ex uno. Nam et Deus omnium fabricator aerem,quo circumfundimur, et cujus spiramus haustu, non sim.plicem habere voluit qualitatem, ut aut frigidus sit sem-per, aut caleat, sed nec continu» siccitati, nec perpeluoeumaddixit humori; quia una nos non polerat qualitatcnutrire de permixtis quatuor fahricatos. Ver ergo calidumfecit ethumectum : sicca est testas et calida : auctumnussiccus et frigidus : itiems humida pariter et frigida est.Sic etelementa, quæ suntnostra principia, ex diversita-tibus et ipsa constant, et nos nutriunt. Est enim ignis ca-lidus et siccns : aer humectus et calidus : aqua similiterhumecta, sed frigida : at terra frigida pariter et sicca. Curergo nos ad uniformem cibum redigis, cum niliil nec in

25