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MACROBE.
me déclarerai, puisqu’il le faut, le patron de lagueule. D’abord, c’est par des exemples plusspécieux que justes que notre ami Disaire acommencé, comme je le prouverai, à s’emparerde nos esprits; car il a prétendu que les animauxusent d’une nourriture uniforme, et que c’estpour cela que leur santé est plus robuste quecelle de l’homme. Je prouverai la fausseté de cesdeux assertions; car je démontrerai que l’animalsans raison ne se contente point d’une nourri-ture uniforme, et qu’il n’est pas plus que nous àl’abri des maladies. Le premier fait est attestépar la seule variété des prés où il paît, et danslesquels croissent ensemble des herbes amèreset des herbes douces, les unes à sucs chauds etles autres à sucs froids; en sorte que tout l’art ducuisinier ne pourrait composer aucun mets aussidiversifié que tous les herbages dont les espècesfurent si diversifiées par la nature. Eupolis estreconnu par tous comme l’un des plus élégantsdes anciens poètes comiques. Dans sa pièce in-titulée les Chèvres, il introduit ces animauxparlant eux-mêmes de leur nourriture en cestermes :
Nous nous nourrissons de toute sorteDe plantes que la terre porte,
Du sapin les tendres rejetonsEt du chêne verd nous broutons,
Du cytliise, de l’arboisier,
Genievres odorants et laurier,
De l’if au dru menu-feuillage,
Du pin, de l'olivier sauvage,
Du lierre,lentisque, et du fresne,
Du tamarin, bruyere et cliesne,
Du fouteau et du groselier,
Du cistlie, saule et prunelier,
Des aphrodilles (asphodèles), du bouillon,
De la sarriette.
Reconnaissez-vous dans cette énumération debranchages et d’arbrisseaux, dont les sucs ne
sont pas moins divers que les noms, cette sim-plicité de nourriture dont on vous a parié? Pourprouver que les animaux ne sont pas moins su-jets que les hommes à être attaqués par les mala-dies, je me contenterai d’invoquer le témoignaged’Homère, qui parle d’une maladie pestilentielle,laquelle se manifesta d’abord chez les animaux,et qui faisait déjà des ravages parmi les trou-peaux, avant qu’elle eût fait aucun progrès par-mi les hommes. La brièveté de leur vie est encoreune preuve des infirmités auxquelles beaucoupd’animaux sont sujets. Quel est, en effet, parmiceux que nous connaissons bien, celui dont lesannées égalent celles de l’homme ; à moins qu’onn’aille recourir aux choses fabuleuses qu’on ra-conte des corbeaux et des corneilles? Et ces ani-maux-là eux mêmes, ne les voit-on pas recher-cher avec avidité toute espèce de cadavres, degraines et de fruits ? car leur voracité n’est pasmoins excessive que ce qu’on raconte de leurlongévité. Le second exemple allégué, si je m’ensouviens bien, c’est l’usage où sont les médecinsde faire prendre aux malades une nourriture uni-forme, et non point des aliments diversifiés. Encela vous avez pour motif, je pense, non quecette nourriture soit plus facile à digérer, maisqu’elle est moins appétissante; en sorte que ledégoût de cette uniformité émousse le désir demanger, dans les circonstances où l’infirmité dela nature lui enlève les forces nécessaires pouropérer la digestion d’une grande quantité d’ali-ments. Cela est si vrai, que si quelque maladevoulait manger une trop grande quantité de cettenourriture, même uniforme., vous la refusez àson appétit. Ce n’çst donc là qu’une ruse relativeà la quantité et non à la qualité delà nourriture.Quand tu essayes de persuader d’éviter la variétédans le manger, comme ou l’évite dans le boire,
quam a nobis morbi remotiores. Testatur unum varietaspratorum, quæ depascuntnr : quibos herbæ sunt amaræpari ter et dulces ; aliæ suecimi ealidum . aliæ frigideninutrientes : ut nulla culina possit lam diversa condire,quam in herbis natura variavit. Notus est omnibus Eupo-hs, inter elegantes habendns vetevis comœdiæ poetas. Isin fabula, quæ inscribitur Æges, inducit capras de cibisui copia in hæc se verba jactautes :
Iîocxopab’ vXrjç ànrj 7tavroêamK , ÈXaTrjç -
llpivou, xopôpoo ré, irc6p0ou; àuocXoùç àjioTptiyouoai.
Kac irpoç toütoioiv et’ aXV oïov xutuuou t’ r,ôed'itrxov eùwSri, xai ajuXaxa tt,v tioX’jçuXXov.
Kotivov, peXiav, tteuxïjV, aX:av, Spüv, xittôv, £pÉxx,v,
llpouaXov, pâjj-vov, ipXôpov, àvOepixov, xiaciov,
4>r,yùv, Oûpa, ÔûpSpav.
Yidcturne vobis ciborum ista simplicitas, ubi tôt enume-rantur vei arbusta, vel fi utices, lion minus succo diversa,quant nomme? Quod autem non facilius morbis hommes,quam pecudes, oocupcntnr, Homero teste eontentus sum,qui peslilentiam rctert a pecudibus inchoatam ; quaudo
morbus, antequam in bomines posset irrepere, faciliuscaptis pecoribus incubuil. Scd et quanta sit mulis anima-libus infirmitas, vitro brevitasindicio est. Qnod enim eo-rnm, quibus notilia nobis in usu est, potest annos liotni-nis æquare? nisi recurras forte ad ea, quæ de corvis atquecornieibus fabulosadicuntur. Quostamen videmns omni-bus inliiare cadaveribns, universisque seminibus insidiari,fruclus arborum persequi : nam non minus cdacitatis lia-lient, quam de longævitate eonmi opinio fahulatnr. Se-cundum, si bene recordor, exemplum est, solere medicosa’gris simplieem cibutn offerre, non variurn : cum bimeofferatis, ut opinor, non quasi digestu faciliorem, sed quasiminus appetendum ; ulliorrore unirormis alimoniæ edendidesiderium languesceret, quasi mullis concoquendis perinfirmitatem non sufüciente natura. Jdeo, si quis ægres-eentium vel de ipso simplici amplius appetat, subducitisadliuc desideranti. ldeo vobis commento tali, non qualitas,sed modus quæritur. Quod autem in edendo, sicut inpotando, suades varia vitari, habet latentis captionis in-sidias, quia nomine similitudinis o.oloratur. Ceterum longealiapolus, alia ciborum ratio est. Quis cuim unquam