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LES SATURNALES, LIV. Vit,
puisque la vivacité de l’appétit constitue la santéde l'homme, qui languit et souvent court des ris-ques, si l’appétit vient à s’évanouir? Ainsi, si levent souffle trop fortement, sur la mer, le pilotes’en abrite, et neutralise sa trop grande impétuo-sité en pliant entièrement ses voiles; mais il n’aaucun moyen de l’exciter lorsqu’il est assoupi :de même, lorsque l’appétit nous provoque ets’accroît trop, on peut le modérer par le gouver-nail de la raison ; mais si une fois il s’anéantit, lavie s’éteint avec lui. Donc, puisque c’est la nour-riture qui nous fait vivre, et que l’appétit peutseul nous en prescrire l’usage, nous devons avoirsoin de l’exciter en nous au moyen de la variété,puisque la raison est toujours là pour le tenirrenfermédans les bornes de la modération, dou-bliez pas cependant que je parle assis à un re-pas d'agrément, et non à un repas d’apparat ; etque je n’admets point la variété comme un moyend’étaler du luxe, ainsi que font ceux qui recher-chent les neiges de l’été et les roses de l’hiver,et qui, plus par ostentation que pour l’usage,font fouiller les plus secrets asiles des forêts etfatiguer les mers étrangères; car alors, quandmême la tempérance des convives mettrait à l’a-bri leur santé, ce luxe lui seul est déjà une at-teinte portée aux mœurs.
Disaire accueillit fort bien cette réplique : —Tu as parlé, Eustathe, lui dit-il, en dialecticien, etmoi en médecin. Que celui qui voudra faire unchoix relatif à sa conduite consulte son expé-rience, et elle lui apprendra ce qui est le plusutile à la santé.
ior est, coereent, sopitmn vero excitare non possunt : itaet appclentia, cum tilillatur, et crescit, rationis guberna-culo temperatur; si seme! ceciilerit, animal exstinguitur.Si ergo cibo vivimus, et c/bum appetenlia sola commen-tât : elaborandum nobis est commente varietalis, nt liæcseniper provocetnr; cnm præsto sit ratio, quia intra mo-deranonis suæ terminos temperetur. Memineritis tamen,lepido me couvivio adesse, non anxio ? nec sit admitlovarielalem, nt luxum probem,ubi quærunfur æstivænives et bibernæ rosæ; et dum magis ostentui, qnam iisui,servitur, silvarum secretnm omne lustratur, et peregrinamariasollicitantur. Itaenimfit, ut, etiamsi sanitatem su-mentium mediocritas observata non sanciet, ipse tamenluxus morum sit spgritudo. His favorabiliter excep tis, Di-sarius, Obsecutus es, inquit, Eustatbi, dialecticæ, egomedicinæ. Qui volet eligere sequenda, usum consulat : et,quid sit utilius sanitati, experientia docebit.
CAPUT VI.
' i-'iuin natura frigidum potins videri, quam calidum : etcur raro (Vminæ, senes cito inebrientur.
Post bæc Flavianus : Etalios qnidem medicos idem di-
CflAPITRE VI.
Que le vin, de sa nature, est plutôt froid que chaud;
et pourquoi les femmes s’enivrent rarement, et les vieil-lards fréquemment.
Flavien. - J’ai entendu, j'en conviens, tous lesmédecins comprendre le vin au nombre des subs-tances échauffantes ; et tout à l’heure Eustathe,en traitant des causes de l’ivresse, parlait de lachaleur du vin.Quant à moi,en réfléchissant plusd’une fois sur ce point, il m'a semblé que la naturedu vin était plus froide que chaude ; et je vaisexposer les raisons qui me déterminent à penserainsi, pour que vous prononciez votre jugementsur cette opinion. Levin, selon mon sentiment,est une substance froide, mais susceptible, lors-qu’elle est mise en contact avec des substanceschaudes, de recevoir ou même d’attirer la cha-leur. Ainsi le fer est froid au tact : « Il saisit« avec les dents le fer glacé » ( a dit Homère ) :cependant il s’échauffe étant exposé au soleil ;et la chaleur qui lui est étrangère détruit lefroid qui lui est naturel. Voyons si le raisonne-ment ue nous conduira pas à dire la même chosedu vin. Le via, ou est absorbé dans notre inté-rieur par voie de boisson, ou est employé extérieu-rement par voie de friction curative. Dans ce der-nier cas, les médecins eux-mêmes ne nient pas safroideur ; mais ils disent qu’il est échauffant prisà l’intérieur, non point par sa nature, mais par sonmélange avec des substances chaudes. Qu’ils medisent donc pourquoi ils l'administrent à l’estomacmalade et affaibli, afin d’en réparer les forces parses propriétés astringentes, si ce n’est parce quesa froideur donne de l’énergie aux parties relâ-chées, et rétablit celles qui se désorganisent. Qu’ils
centessemperaudivi, vimim intercalidacensendum; sedetnunc Eustalliius, cum causas ebrietatis attingeret, prædi-cabat vini calorem. Mihi auteni hoc saepe mecum repu-lanli visa est vini natura frigori propior, quam calori : etin medium profero, quihusad hoc existimandum trahor,ut vestrum sit de mea existimalione judicium. Vinum,quantum mea fert opinio, sicut natura frigidum est, itacapax vel etiam appeteus est caloris, cum calidis fueriladmotum. Nam et ferrum cum laclu sit frigidum, i]/ u ZP® vS' iis -/jùxov ôSoûoiv, si tamen solem pertulerit, conçales-cit; et calor advena nativum frigus expellit. Hoc utrumita esse ratio persuadeat, requiramus. Vinum aut potuinteriovihusconciliatur, autfotu, ut superliciem curet, adtii-betur. Cum infundilurcuti, quin frigidum sit, nec mediciinlitias eunt : calidum tamen in interioribus prasdicant,cum non taie descendat, sed admixtum calidis concalescal.Certe respondeant volo, cur stomacho in iassitudinem de-generanti, ad instaurandas coustrictione vires offerantægrescenti vinum, nisi frigore suo lassala cogcret, etcol-ligeretdissoluta? et cum lasso, nt dixi, stomacho nihiladhibeant calidum, ne crescat ulterius lassitudo, a vintpotu non prohibent, defectum in robur Uac curatione mu-tantes. Dabo aliud indicium accidentis magis vino, quamingenilicaloris. Nam, si quis aconilum nesciens hausent,
as.