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MACROBE.
me disentencore pourquoi, tandis qu’ils ue laissentprendre rien d’échauffant aux estomacs fatigués,pour ne pas augmenter leur lassitude , sachanttirer par ce traitement un principe de force d'uneprivation, le vin n’est point au nombre des cho-ses dont ils interdisent l’usage? Voici encore uneautre preuve que la chaleur n’est point innée dansle vin, maisqu’elle lui est seulement acciden elle.Si quelqu’un, sans le savoir, a bu de l’aconit, jen’ignore pas qu’on le guérit ordinairement en luifaisant avaler beaucoup de vin pur, qui, se ré-pandant dans les entrailles, attire à soi la cha-leur, et, comme s’il était naturellement échauf-fant, combat le froid du poison : mais si l’aconitest avaléétant exprimé dans le vin, aucun remèdene peut préserver de la mort celui qui en abu de la sorte; car alors le vin, froid de sa na-ture, par son mélange avec le poison en aug-mente la froideur; et il ne s’échauffe point dansl’intérieur du corps, parce qu’il n’est point parvenupur dans les entrailles, mais mêlé ou plutôttransformé en une autre substance. De plus, onprescrit le vin aux personnes affaiblies par dessueurs trop abondantes, ou par un relâchementintestinal, pour, dans les deux cas, resserrer lesconduits. Les médecins calment les insomniesavec du jus de pavot, ou de la mandragore, oud’autres remèdes de cette espèce, dans lesquelsil entre du vin ; car le vin a la propriété de rap-peler le sommeil, ce qui est la preuve de la froi-deur de sa substance. Tous les échauffants pro-voquent l’action vénérienne, excitent la semenceet favorisent l’acte de la génération, tandis qnecelui qui a bu beaucoupde vin n’est point porté aucoït. Il paraît même que cette liqueur est contraireau principe de la génération ; car, prise en tropgrande quantité, sa froideur appauvrit ou énerve
nonnego, baustueum meri plurimi solere curari. Infusumenim visceribus trahit ad se calorem, et veneno frigidoquasi calidum jam répugnât. Si vero aconitum ipsumcum vino tritura potui datum sit, haurientem nulla cura-tio a morte défendit. Tune enim vinum natura frigidumadmixlione sui ffigus auxit veneni, nec in interioribus jamcalescit; quia non liberum, sed admixtum alii, immo inaliud versum, descendit in viscera. Sed et sudore nimiovcl laxalo ventre defessis vinum ingerunt, ut in utroquemorbo constringal mcatus. Insomnem medici frigidis ob-linunt, modo papaveris succo, modo mandragora, velsimiiibus; in quibus est et vinum. Nam vino somnus re-duci solet; quod non nisiingeniti frigoris testimonium est.Dcinde omnia calida Venerem provocant, et semen exci-tant, et generationi favent : hausto autem mero plurimo,fiuntviri ad coitum pigriores. Sed necidoneum conccptio-ni ferunt ; quia vint nimietas, ut frigidi, facit semen exilevel débile. Hoc vero vel manifestissimam existimationismcæ habet assertionem, quod quæcunque nimium algen-tibus, cadera contingunt ebriis. Fiunt enim tremuli, gra-ves , pallidi, et saltu tumultuantes spiritus artus suos etmembra qualiuntur : idem corporis lorpor ambobus, ea-
la semence. Ce qui vient encore manifestementà l’appui de mon opinion, c’est que les mêmessymptômes se manifestent cIipz les hommes quisont dans l’ivresse , et chez ceux qui sont d’untempérament froid. Les uns et les autres sontpâles, appesantis, tremblants; leurs esprits vitaux,s’agitant par secousses tumultueuses, ébranlentleurs membres et les diverses parties de leurscorps; les uns et les autres éprouvent le mêmeengourdissement, le même bégayement. Chez plu-sieurs personnes, cette maladie que les Grecs ap-pellent paralysie est produite par l’excès du v : n,comme par un trop grand refroidissement. Con-sidérez encore quel genre de remède on emploiepour guérir ceux qui sont atteints de J’ivresse.On les fait coucher sous beaucoup de couvertu-res, afin de ranimer la chaleur éteinte; on leurfait prendre des bains chauds, on excite la cha-leur du corps par des onctions chaudes; enfinceux qui s’enivrent fréquemment vieillissentbientôt; d’autres, avant l’âge compétent, voientleur tête blanchir ou se dépouiller, signes de l’ap-pauvrissement de la chaleur. Quoi de plus froidque le vinaigre, qui n’est autre chose que du vinaltéré? car de tous les liquides, c’est le seul quiéteint une flamme très-ardente, parce que sa froi-deur triomphe de la chaleur de l’élément. N’o-mettons pas non plus de remarquer que, parmiles fruits que produisent les arbres, ceux-là sontles plus froids, dont le suc imite la saveur du vin ;comme les pommes ordinaires, la grenade et lapomme cydonienne, que Caton appelle coing.
Au reste, je n’oublie point que j’ai à faire uneinterrogation. Je te prierai donc, Disaire, dem’expliquer ce que je vais te demander. Je mesouviens d’avoir lu dans un philosophe grec (sije ne me trompe, c’est dans le traité d’Aristote
dem linguae titubalio : multis autem et morbus ille, quemratpoX'jffiv Græci vocant, sic nimio vino, ut multo algorecontingit. Rcspiciteetiam, quægenera curationis adhibean-tur ebriis. Nonne cubare sub multisoperimentis jubentur,I ut exstinctus calor refoveatur? non et ad calida lavacra! ducuntur? non illis unclionum tepore calor corporis cxci-i latur? Postremo, qui fiunt crebro ebrii, cito sencscunt :alii ante tempus competentis ætatis vel calvitio vel canitieinsigniuntur; quae non nisi inopia caioris eveniunt. Quid| aceto frigidius, quod cnlpatum vinum est? Solum enimhoc ex omnibus humoribus crescentem Hammam violenterI exstinguit, dum per Trigus suum calorem vincit elementi| Nec hoc prætereo, quod ex fructibus arborum illi suntfrigidiores, quorum succus imitatur vini saporem : ut| mala seu simplicia, seu granala, vel cydonia, quæcotoniaI vocal Cato. Hæc ideo dixerim, quod me sæpe movit, et| exercuit, mecum disputantem : quia in medium proferrej volni, quid de vino existimaverim sentiendum.
Ceterum consullationem mihi debitam non omitto. Te1 enim, Disari, convenio, ut, quod quserendum milii oc-, currit, absolvas. Legisse apud philosophnm græcum' memini, (ni fallor, ille Aristoteles fuit, in libre, quem de