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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES, LIV. VII.

sur l’ivresse) que les femmes s’enivrent rare-ment, et les vieillards fréquemment; mais il nedonne point les raisons de cette fréquence chezles uns, et de cette rareté chez les autres. Commecette question appartient entièrement à la naturede nos corps, dont tes études et ta profession tecommandent la connaissance, je voudrais quetu nous révélasses les causes de ce phénomèneque le philosophe a exprimé en forme d’axiome,si d’ailleurs tu partages son opinion.

Disaire. — Aristote a dit vrai en cela, commedans tout le reste ; et je ne saurais n’être pas del’avis d’un homme dont la nature elle-même aconfirmé les découvertes. Les femmes, dit-il, s’e-nivrent rarement, les vieillards fréquemment.Ce double axiome est plein de justesse, et l'undécoule de l’autre; car lorsque nous saurons cequi préserve les femmes de l’ivresse, nous au-rons appris en même temps ce qui y plonge fré-quemment les vieillards. En effet, le tempéra-ment du corps de la femme et celui du corpsdu vieillard sont d’une nature opposée : celui dela femme est très- humide ; la beauté et la finessede sa peau nous en avertissent, et surtout cesévacuations assidues qui déchargent son corpsdusuperflu des humeurs. Lors donc que les femmesboivent du vin, précipité au milieu de cetteabondance d’humeurs, il s’y délaye et y perd saforce ; et c’est cet affaiblissement qui met obs-tacle à ce qu’il puisse aller frapper le siège ducerveau. Voici encore une autre raison en faveurdu principe. Le corps de la femme, destiné à defréquentes évacuations, contient un grand nom-bre de conduits, qui sont autant de canaux et devoies qui offrent à l’affluence des humeurs despassages pour s’évacuer au dehors; or la vapeur

ebrietate composuit,) mulieres raro in ebrietatem cadere,crebro senes. Nec causant vel bujus frequentiæ, vel illiusraritatis adjecit Et quia ad naturam corporum tota hæcquæstio pertinet, quam uosse et induslriæ tuæ, et profes-siouis officium est, volo, te causas rei, quam ille senten-tiæ loco dixit , si tamen philosopho assenliris, aperire.Tum ille : Recte et hoc Aristoteles, ut cetera. Nec possumnon assentiri viro, cujus inventis nec ipsa natura disseu-tit. « Mulieres, » inquit, « raro ebriantur, crebro senes. »jjalionis plena gemina ista senlentia, et altéra pendet exaltéra. Nam cum didicerimus, quid mulieres ab ebrietatedefendal, jam teneinus, quid senes ad hoc fréquenterimpellat. Contrariam enim sortita naturam sunt nudiebrecorpus et corpus senile. Mulier humectissimo est corpore.Docet hoc et levitas cutis, et splendor : docent præcipueassiduæ purgationes, superfluo exonérantes corpus hu-moie. Cum ergo epotum vinum in lam largum ceciderithumorem, vim suam perdit, et fit dilulius, nec facile ce-rebri sedem ferit, fortitudine ejus exstincta. Sed et hæcratio juvat sententiæ veritatem, quod muliebre corpus,ciebris purgationibus deputatum, pluribus consertumestforaminiLus, ut paleat in meatus, et vias præbeat humoriin egestionis exituin confluenti. Per hæc foramina vaporvini celeriler evanescit. Contra senibus siccum corpus

du vin se dissipe promptement à travers ces con-duits. Le corps des vieillards, au contraire, estsec; ce que prou vent et l’aspérité et les écailles deleur peau. Les larmes sont rares à cet âge, ce quiest encore un signe de siccité. Chez eux, le vinn’est point neutralisé par des humeurs qui luisoient contraires ; il s’empare avec toute son éner-gie d’un corps desséché, et bientôt il a atteintle lieu où siège l’intelligence de l’homme. Nuldoute aussi que le corps des vieillards ne soitendurci ; ce qui fait que les pores de leurs mem-bres sont resserrés par l’effet de cette raideur ; ensorte qu’il ne s’échappe aucune exhalation duvin qu’ils ont bu , mais il s’élève tout entier versle siège de l’intelligence. C’est à cause de cettedernière raison que les vieillards, sains d’ailleurs,éprouvent les mêmes infirmités que les vieillardsivres ; le tremblement des membres, le bégaye-ment, l’abondance des paroles, la propension àla colère : toutes choses auxquelles les jeunesgens ivres sont sujets, ainsi que les vieillardssobres. Si donc ceux-ci se. donnent au moyen duvin la plus légère incitation, ce n’est pas de cetteboisson qu’ils reçoivent tous ces maux qui déjà lesont atteints par l’effet de l’âge ; mais seulementle vin les réveille en eux.

CHAPITRE VII.

Si le tempérament de la femme est plus froid ou plus chaudque celui de l’homme; et pourquoi le moût n’enivrepas.

Le raisonnement de Disaire fut approuvé de toutle monde ; et Symmaque ajouta : — On a sentitoute la justesse des arguments de Disaire sur la

est : quod probat asperitas et squalor cutis. Unde ethæc ætas ad tletum lit diflîcilior ; quod est indicium sic-citatis. Intra hos vinum nec patitur contrarietatein re-pugnantis humoris, et integra vi sua adhæret corporiarido; et mox loca tenet, quæ sapere liomini minis-trant. Dura quoque esse senum corpora, nulla dubilatioest; et ideo eliam ipsi naturales meatus in membris du-rioribus ohserantur : et hausto yino exhalatio nulla con-tmgit, sed totum ad ipsam sedem mentis ascendit. Hincfit, ut et sani senes malis ebriorum laborent, tremoremembrorum, iinguæ titubantia, abundantia loquendi,jracundiæ concitalione : quibus tam subjacent juvenesebrii, quam senes sobrii. Si ergo levem pertulerint im-pulsum vini, non accipiunt hæc mala, sed incitant, qui-bus ætati ralione jam capti sunt.

CAPUT VII.

Feminis frigidiorne sit natura, quam vlris, an calidior.Et cur mustum non inebriet.

Probata omnibus Disarii disputationc, subjecit Symma-clius : Ut speclata est tota ratio, quam de muliebris ebrie-tatis raritate Disarius invenit, ita unum ab eo prætermis-