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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES, LIV. VII.

ce qui est prouvé principalement par le sentimentde froid qu’il arrive aux femmes d’éprouver pen-dant cette évacuation : d'où l’on peut inférer quela matière qui s’écoule est une matière froide,et que, l'absence de la chaleur la laissant inani-mée, elle ne peut plus séjourner daus un corpsvivant. Quanta l’exemple cité, du cadavre fe-miniu qui aidait à brûler les cadavres masculins,ce n’était point par l’effet du calorique, mais parcelui de la nature graisseuse et en quelque sorteoléagineuse du corps de la femme. La prompti-tude avec laquelle la femme devient apte à lagénération est le résultat de la faiblesse, et nonde la grande chaleur de sa constitution : c’estainsi que les fruits tendres mûrissent plus promp-tement que les fruits durs. Mais si tu veux ap-précier, par l’acte de la génération, la véritablemesure de la chaleur, considère combien leshommes conservent plus longtemps la facultéd’engendrer que les femmes celle de concevoir;et que ce soit pour toi une mesure certaine de lachaleur ou du froid qui domine daus chaque sexe.Car cette puissance commune à chacun d’euxs’éteint plus promptement dans le corps le plusfroid, et persévère plus longtemps dans celui quiest le plus chaud. C'est encore le froid naturelaux femmes qui fait qu’elles supportent plus fa-cilement que les hommes la froideur de l’atmos-phère; car les semblables se conviennent récipro-quement. C’est donc le tempérament froid qu’ellesont reçu de la nature qui fait que leur corps neredoute point le froid.

Au reste, que chacun là-dessus pense ce qu'ilvoudra. Je passe maintenant au rôle d’interroga-teur, et c’est encore à Disaire que je m’adresse,comme à un de mes amis les plus tendres, etcomme à tin des plus savants hommes générale-

lieribus, cum purgantur, etiam algere contingit. Unde in-lelligilur frigidum esse, quod eflluit; et ideo in vivocorpore non manere, quasi inopia caloris exstinctum.Quod muliebre corpus juvabat ardentes viros, non caloriserat, sed pinguis carnis et oleo similis; quod non in illisconliugeret ex calore. Quod cito admonentur generalionis,non nimii caloris, sed naturæ infirmions est : ut exiliapoma celerius malurescunt, robusta serins. Sed si visintelligere in generatione veram ralionem caloris, con-sidéra, viros longe diutius perseverare in generando,quan] mulieres in pariendo . et hæc tibi sit indubitutaprobatio in ntroque sexu vel frigoris, vei caloris. Nam viseadem in frigidiore corpore eélerius exslinguilur, in cali-diore diulins persévérât. Qnod frigus aeris toterabiiiusviris feront, facit hoc suurtf frigos : similibns enim similiagaudent. Ideo ne corpus earum frigus horreat, facit eon-suetudo naturæ, quam sortit® sont frigidiorcm.

Sed de his singuli, ut volunt, jndicent. Ego vero adsortem venio eonsnlendi, et quod scitu dignurn existimo,ab eodem Disario quæro, et mihi risque ad affectum ni-niio amieo, et cum in eeteris, tuni in bis oplimc docto.Nuper In Tiucnlano meo fui, cum vlndcmlalcs fruclus

ment, et spécialement comme à l’un des plussavants d'entre ceux qui sont présents ici. Der-nièrement, je suis allé à mon domaine de Tusctt-lum, à l’époque solennelle où l'on faisait la récolteannuelle des fruits de la vendange. Il fallait voirles esclaves, mêlés avec les paysans, boire dumoût qui coulait spontanément ou qu’ils expri-maient, et cependant n’ètre point saisis par l’i-vresse : ce qui m’étonnait surtout de la part deceux en qui j’avais remarqué qu’une petite quan-tité de vin suffisait pour leur faire perdre la rai-son. Je demande donc pourquoi le moût produitsi difficiiement l’ivresse, ou ne la produit pointdu tout.

Disaire lui répondit : — Tout ce qui est doux abientôt rassasié; on n’en conserve pas longtempsle désir, et à la satiété succédé le dégoût. Or,'lemoût n’a que de la douceur, et il n’a aucunesuavité. En effet, le vin est doux quand il estjeune; mais en vieillissant, il devient suave. Onpeut citer le témoignage d’Homère, en preuvequ’il existe une nuance entre ces deux qualités;caril a donné au miel l’épithète de doux, yXiixi-pw,et au vin celle de suave, rfiiï. Ainsi, le moûtn’étant encore que doux, sans aucune suavité,par le dégoût qu’il inspire ne permet pas d’euboire une quantité suffisante pour enivrer. Voiciune autre preuve, prise dans la nature, que ladouceur est contraire à l’ivresse. Les médeeiusprovoquent au vomissement ceux qui ont pris unequantité de vin assez grande pour les mettre enpéril ; et après le vomissement, afin de combattreles famées du vin qui est resté dans les veines ,ils leur font prendre du pain trempé dans dumiel, dont la douceur préserve l’individu desatteintes de l’ivresse. Ainsi donc le moût, qui n’ad’autre propriété que la douceur, ne doit point

pro anima solenmitate legerentur. Eral videre permixtosruslicis servos haurire, vel de expresso, vel de sponleHuente, mustum ; nec tanien ebrietate tapi. Quod in illispræcipue admirabar, ipios impelli ad insaniani parvo vinonoverain. Quæro, quæ ratio de musto ebrietateni aut lar-dam fieri faciat, aut nullam? Ad hæc Disarius : Onme,quod dulee est, cilosatial, nec diuturnam desiderii sui (idemlenet, sed in locum satietatis suecedit horror. In inustoautem scia dulcedo est, stiavilas nulla. Nam vinum cumm infanliaest,dulee; cum pubescit, magis suave, quamdulee, est. Esse autembarum duarum rerum distanliam,certe Homerus testis est, qui ait :

MÉXixi yXoseptâ. xai rfiii oîvu.

Vocarit eniin mel dulee, et vinum suave. Mustum igitur,cum needum suave est, sed tautummodo dulee, liorrorequodam tantum surni de se nonpatitur, quantum suffit iatebrietati. Addo aliud, natnrali ralione ebrietati dub.edinem repugnare, adeo ut mediri eos, qui usque ad periettlum distenduntur vint) jilurimo, cogant vomrre : et poslvomitum contra fuinuin vini, tpii remansit in venis, panem offerimt nielle illitum ; et ita hoiniuem ab ebrielatisntalo dulcedo défendit, ideo ergo non inehriai ninsltim,