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enivrer. Cela découle encore de la cause naturellede la pesanteur du moût, mélange d’air et d’eau,qui par son propre poids tombe et coule bientôtà travers les intestins, sans séjourner dans leslieux où peut se produire l’ivresse. Sans douteque, pendant sa chute, il dépose dans le corpsles deux substances qui composent sa nature,l’air et l’eau; mais l’air, étant suffisamment pe-sant, tombe dans les parties inferieures : quantà l’eau, non-seulement elle n’a point la propriétéde troubler la raison, mais même, si quelquepartie de la force vineuse tombe dans le corps,elle la délayé et l’éteint. Ce qui prouve qu’il y ade l’eau dans le moût, c’est qu’en vieillissantson volume diminue, tandis que son énergieaugmente; parce que, l’eau qui l’adoucissait s’é-tâut évaporée, il ne reste que la pure substancedu vin dans toute sa force, sans mélange d’au-cune humeur délayante et adoucissante.
CHAPITRE VIII.
De la Facilité ou de la difficulté de la digestion de certainsaliments ; et de quelques autres petites questions extrê-mement subtiles.
Furius Albin. — Je veux aussi, pour ma part,donner de l’exercice à notre ami Disaire : Dis-moi, je te prie, pourquoi la saucisse est-elled’une digestion difficile? la saucisse cependant àété nommée insicium (mot formé d ’insectio,avec retranchement d’une lettre), à cause de latrituration extrêmement menue à laquelle on lasoumet, qui doit détruire toutes les parties pe-santes de la viande, et avancer en grande partiesa décomposition.
Disaire. — Ce qui rend cette espèce d’aliment
in <iuo est sois dulcedo. Sed et hoc de idonea ratione des-cendit, quod muslum grave est, et flatus et aquæ per-mixtioue, et pondéré suo cito in intestins delabitur acproduit, nec manet in locis olmoxiis ehrietati : delapsumvero relinquit sine dubio in bomine ambas qualitates lia-luræ suæ : quarum altéra in statu, altéra in aquæ subs-lantia est. Sed llatus quidein, quasi æque ponderosus, inima delabitur : aquæ vero qualitas non solum ipsa nonimpellit in iusaniam, sed et, si qua viualis fortitudo inbomine rcsedil, banc diluit et exstinguit. Inesse autemaquam musto, vel bine docetur, quod, cum in vetusta-tem procedit, lit meusura minus, sed acrius fortitudine :quia, cxbalata aqua, qua molliebatur, remanet vini sola na-tura cum Fortitudine sua libéra, nulla diluti humoris per-mixtioue mollita.
CAPUT VIII.
De facilitate vel difticultale digestionis quorundam ciho-rum : deque aliis quibusdam quxstiunculis oppidoquamargulis.
Post hæc Furius Albinos : Ego quoque pro virili portioneDisarium nostrum inexercitum non relinquo. Dicas,quæso, quae causa difficile digestu facit insicium : quodab insectione insicium diclum (amissione enim lileræ
difficile à digérer, c’est précisément ce que tucroyais en devoir préparer la digestion. Car lalégèreté que lui donne la trituration fait qu’ellesurnage au-dessus de la nourriture délayée qu’elletrouve dans l’estomac, et qu’elle n’adhère pasaux parois de celui-ci, dont la chaleur aide ladigestion. C’est ainsi que si l'on jette dans l’eauune matière broyée et pétrie, elle y surnage;d’ou l’on peut inférer que la nourriture, faisantla même chose au sein du liquide qui se trouvedans l’estomac, se soustrait à l’action de la di-gestion; et que sa coctiou est retardée d’autantque la dissolution opérée par la vapeur de l’eauest plus tardive que celle qui est opérée par lefeu. D'ailleurs, à proportion que la nourritureest plus broyée, elle renferme plus d’air, lequeldoit être épuisé avant que les parties de la chairqu’il laissera libres puissent être dissoutes.
— Je voudrais beaucoup encore, dit Furius,savoir pourquoi certaines viandes compactes sontplus faciles à digérer que d’autres plus légères.Par exemple, la digestion des ragoûts de bœufest bientôt opérée; tandis que celle de certainspoissons est laborieuse.
Disaire lui répondit : — La raison de ceci est laforce surabondante de la chaleur qui est dansl’homme, laquelle, si elle rencontre une quantitésuffisante de matière, s’en empare facilement,agit sur elle, et par ses efforts parvient bientôtà la dissoudre. Mais si cette matière est trop peuconsidérable, elle la néglige comme si elle luiéchappait, ou bien elle la réduit en cendre plu-tôt qu’en suc. Ainsi, le feu réduit de gros chênesen charbons ardents, tandis que la paille ne laisseaprès elle qu’un peu de cendre. Un exemple qui
poslea, quod nuoc babel nomen, obtiiiuit) cum multumin eo digestionem futuram juverit tritura tam diligens, etquidquid grave erat carnis assumserit, cousummationem-que ejus multa ex parte confecerit. Et Disarius : Indehoc genus cibi difficile digeritur, unde putas ei digestio-nem ante provisam. {.évitas enim, quant tritura praestitit,facit, ut innatet udo cibo, quem in medio ventris invene-rit, nec adbxreat cuti ventris, de cujus calore digestiopromovetur : sic et mox tritum atque formatum, cum inaquam conjicitur, natat. Ex quo intelligitur, quod idemFaciens in ventris humore, subducit se digestionis ueces-sitati, et tam sero illic coquitur, quain tardius conüriun-lur, quæ vapore aquæ, quam quæ igné solvuntur.Deinde, dum instantius teritur, multus ei llatus involvi-tur, qui priusin ventre consuraendusest : ut tum deiuumconliciatur, quod remansitde carne jam liberum.
Hoc quoque scire aveo, Furius inquit, quæ Facial causanonnullos carnes validiores facilius digerere, quam te-nues? nam, cum cito coquant oITas bubulas, in asperigpiscibusconcoquendislaboranl. In bis, Disarius ait, liujusrei auctor est nimia in bomine vis caloris : quæ, si idoneammateriem suscipit, libéré congreditur, et cilo eam inconcertatione consumit : levem modo præterit ut laten-tem, modo in ciœrem potius, quam in succum, vertit :ut ingentia robora in carhonum trusta luceutia igné ver-