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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES, L1V. VIL

« à laver les souillures? >. — Depuis longtemps,dit Disaire, cette question a été posée et réso-lue par Aristote. Il dit que l’eau marine est beau-coup plus épaisse que l'eau douce; bien plus,que l’une est féculente, tandis que l’autre estpure et légère. De là vient que l’eau de la mersoutient facilement ceux même qui ne saventpas nager, tandis que l’eau des fleuves offre peude résistance, parce qu’elle n’est renforcée paraucun mélange étranger; elle cède tout desuite, et laisse aller à fond les fardeaux qu’ellereçoit. C’est pourquoi il conclut que l’eau douce,étant d’une nature plus légère, pénètre pluspromptement dans les objets qu’elle lave, etemporte avee soi, en séchant, les taches et lessaletés, tandis que l’eau de mer, étant plus épaisse,trouve dans sa densité un obstacle qui l’empecbede pénétrer facilement les objets qu’elle doitlaver ; et comme elle ne sèche qu’avec difficulté,elle n’entraîne avec soi que peu de saletés. — Ho-rus paraissait satisfait de cette explication, lors-qu'Eusthatedit:—N’abuse point, Disatre, de laconfiance de celui qui a soumis ses doutes à ta dé-cision. Aristote, en eela comme en plusieursautres choses, raisonne avee plus de subtilité quede justesse. La densité de l’eau nuit si peu àl’opération du lavage, que souvent, pour lavercertains objets que l'eau douce pure elle-mêmenettoyerait trop tardivement, on y mêle de lacendre, ou, à son défaut, de la terre, afin que,devenue plus crasse, el le opère plus promptementl’ablution. Ce n’est donc point son épaisseur quirend l’eau de la mer moins propre au lavage; ice n’est pas non plus sa salure; car le propre du jsel étant de séparer et d’ouvrir les pores, elle 1

« idonea sit sordibus abluendis? » Jamdudum, Disariusinquit, hæcquæstio ab Aristoteleet proposita est, etsoluta.Ait enim, aquam marinam multo spissiorem esse, quamest dulcis : immo itlam esse fæculentam, dulcem veropuram alque snbtilem. Hinc facilius, ait, vel imperitosnandt mare stistinet : emn Ituvialia aqna, quasi infirma, etnulle adjnmento fulta, mox cédât, et in imum pondéraaccepta îransmittat. Ergo aquam dulcem dixit, quasi na-tura levem, celerius immergera ia ea, quæ abluetula sunt,et dmu siceatur, secum sordium maculas abstiabere : ma-riuam vero quasi crassiorem nec lacile penetrare purgandopropter densitatem sui, et dum vix siceatur, non mullumsordium secum trahere. Cumque Horus hisassentiri vide-retur, Eustatliius ait : Ne decipias, qnæso, credulum, quise qùæslkmemque suam commisit fidei tnæ. Aristotelesenim, ni nonmilla alia, magis aCute.quam verc, ista dis-seruit. Adeo airlein aquæ densilas non nocet abluendis, utsæpe, qui atiqiias species purgatas volunt. ne sola aquavel dulci tardius hoc effleiant, admisceanl illi eiuerem,vel, si defuerit, terrenum pulverem ; ut crassior facta ce*levins possil ahluere. Niliil ergo impedit mai ihæ aquæ de»-Slfàs. Sed nec ideo, qmasalsa est, minus abluit. Salsitasenim flfiderê, et veiut aperire solet meatus : ideo magis(ftlfcre debuit ablneitda. Se(l lisec una causa est, cur aquamarina non sil ablutioni npta, quia pinguls est? sicutet

devrait au contraire nettoyer mieux ce qu’onveut laver : mais la seule cause qui rend l’eaude la mer moins propre au lavage, c’est sa qua-lité graisseuse, qu’Aristote lui-mè/ne a souventreconnue, et qui est attestée d’ailleurs par laprésence du sel, dans lequel personne n’ignorequ’il existe une substance grasse. Un autre indicede la qualité graisseuse de l’eau de mer, c’estque lorsqu’on en jette sur la flamme, elle l’attiseau lieu de l’éteindre, parce que sa graisse fournitde l’aliment au feu. Enfin, croyons-en Homere ,que la nature admit seul dans ses secrets. QuoiqueNausicaa, filled’Alcinoüs, se trouvât au bord lela mer, le poète lui fait laver ses vêtements, nondans la mer, mais dans un fleuve. Dans ce mêmepassage, Homère nous apprend qu’il existe dansl’eau de la mer une partie graisseuse. Ulysse,parvenu à s’échapper des flots et à se sécher lecorps, dit aux servantes de Nausicaa :

« Restez à l’écart, afin que je purifie mes« épaules de la salure des eaux. »

Après cela, il descend dans le fleuve, et«... s’y purifie de la tête aux pieds de la souiU« lure de la mer. »

Le divin poète, qui en toute chose suit la nature,peint ici ce qui arrive à ceux qui, au sortir dela mer, s’exposent au soleil. La chaleur a bientôtdesséché l’eau; mais il reste sur la surface ducorps comme une espece de fleur, dont on recon-naît la présence en se frottant : et cet effet estproduit par la graisse qui se trouve dans I eaumarine, et qui seule la rend impropre au la-vage.

ipse Aristoteles sæpe testâtes est, et sales docent, qnibu sinesse quiddam pingue nullus ignorât. Est et hoc indiciumpinguis aquæ marinæ, quod, cum inspergitur (lammæ, nontamexslinguit, quam pariter aceendilur, aquæ pinguedineatlmoniam igni shbministrnnte. Postremo, Homerum se-rpramur, qui soins fuit natnræ conscius FacitenimNausi-caam Alcinoi tiliam abluentem vestes, otint super mareesset, non in mari, sed (luvio. Idem locus ttomeri docetnos, marinæ aquæ quiddam inesse pingue permixlum.Ulysses enim, cum janiduduin mare evasisset, et slaretsiccato corpore, ait ad Nansicaæ famulas :

’Apcpi 7 toXoi, crf$' oireu) àrrôapoOev, ôyp’ Évù ccOtci;

’AXppv oopoioiv à7to).oû(jo[iii,

post hoc cum descendisset iu tluvium , .

’Ex xqpaXii; É-Tpr,y_;v âXô; y-ibo-i.

Divinus enim valcs, qui in omni re naturam secnlus est,expressif, quod fieri solet ; ut, qui ascendunt de mari, siin sole stelerinl, aqua quidern celeriter sole siccetnr, nia-neat autem in corporis superficie veluti flos quidam , quiet in detergendo sentilnr. Et liæc est aquæ marinæ pin-«uedo, quæ sola impedit ablnlioncm.