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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES, L1V. VIT.

de manifestes erreurs. Ainsi votre Platon s'est li-vré à la risée de la postérité, en voulant toucherà l’anatomie, qui est une branche de la médecine.Il dit en effet que la nourriture et la boisson quenous consommons rencontrent deux voies; quela nourriture se rend dans l'estomac, et que laboisson coule dans les vaisseaux des poumons,par l’artère appelée trachée. Il faut s’étonner,ou plutôt s'affliger, qu’un si grand homme aitpu penser et rapporter dans ses ouvrages de pa-reilles choses. Aussi Érasistrate, médecin très-distingué de l’antiquité, l’attaque avec justice,en disant qu’il avanee là des faits très-différentsde ceux que l’observation nous enseigne. En ef-fet, il existe deux tuyaux, pareils à des canaux,qui partent do fond de la bouche et descendenten bas. Par l’un, sont transmises et préci-pitées dans l’estomac toutes les matières quicomposent, tant la nourriture que la boisson :elles sont portées de là dans un ventricule queles Grecs appellent le centre inférieur, où ellessont réduites et digérées. Ensuite, la partie laplus aride du résidu de ces matières se renddans l’intestin appelé en grec colon, tandis quela partie humide coule à travers les reins dansla vessie. Par le second des deux premierstuyaux dont nous avons parlé, appelé par lesGrecs trachée-artère, l’air descend de la bouchedans le poumon, et retourne de. là dans la bou-che et dans les narines. C’est par ce même ca-nal que passe la voix. Afin d’empêcher que laboisson et la nourriture non liquide, qui doit allerdans l’estomac, ne vienne tomber de la bouchedans ce tuyau où l’air est respiré, et que sa pré-sence n’aille encombrer le canal de la respira-tion , la nature a eu soin de placer ingénieuse-

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aliéna arte traetatus, nnde sæpe occurrit in manifestosctrores. Ut Plato vester, dnm nec anatoinica, quæ mtedi-einæ proprta est, alistinet, risitm de se posleris tradidit.Dixit énini, divisas esse vias devorandis eibalni el polui ;et (iinnn quidem per stmnaclmm trahi, potnm vero perarteriam, qii* traclria ditifnr, tibris pulmonis aitabi. Quodtantum virum vel existimasse, vel in libros rendisse,mirandnin est, vel potinsdolendnm. Unde Erasistratus,medicoriini vetérnm nobiiissrmus, in enm jure invertusest diceris, rendisse ilium longe diversa, quant ralio de-preifendit. Duas enint esse tistulas instar canalium, easqtteab oris fancibns proficisci deorsum, et [ter earnm altérantindHci, delabique in stoniachmn esenlenta omnia et po-colenirî, ex eoqne ferri in venlriculum, qui Gra-ce appel-lalur fl y.i-u> xoiXta, atque ilüc siibigi digerique; ac deindearidioraex bis relrinienta in alvuntconvenire, quod GrcecexfiXov dlcitnr; bnmidiora aident per renes in vesicam trahi :et [ter afteràm de dtiabns siiperioribds listulain, qua; Græceappellalut Tpayeïa àpmpta, spiritual a suinrno ore in pul-lUOiiem, atque inde rursuin in os et in tiares o.omineare;perqtie eandetn vocis lieri meatum : ac ne potus erbusvearidior, quem oporteret in stoniachnm ire, procideret exore, hibcrehirque in eam fistulain, per qnam spiritns re-

ment, entre les deux canaux disposés l’un à côtéde l’autre, l’épiglotte, qui leur sert réciproque-ment de cloison. Pendant qu’on mange et qu’onboit, cette épiglotte couvre et ferme la trachée-artère, et empêche qu’aucune portion de la nour-riture ou de la boisson ne tombe dans le canal,toujours en activité, de la respiration. Il résultede là qu’aucune partie liquide ne coule dans lepoumon, qui est protégé par la disposition del’orifice de l’artère. Tel est le système d’Érasis-trate, conforme, je pense, à la vérité. En effet,la nourriture ne doit point parvenir dans le ven-tre sous forme de parties sèches et indigestes,mais amollie et réduite sous forme liquide. 11faut doue que la même voie soit ouverte à lanourriture et à la boisson, afin que la première,modifiée par l’autre, puisse en cet état êtretransmise au ventre par l’estomac. Sans cettecondition, la nature ne saurait produire ce quiest nécessaire à la cotiservation de la vie ani-male. D’ailleurs, le poumon offrant une formesolide et polie, si un corps dense était entraîné verslui, comment pourràit-il y pénétrer, ou êtretransmis au lieu où s’opère la digestion} tandisque nous voyons que , si par hasard quelquechose, tant soit peu dense, tombe dans le pou-mon , entraîné par la force de la respiration, ils’ensuit aussitôt Une toux violente et des secous-ses qui peuvent aller jusqu’à altérer la santé.Or, si une vole naturelle; conduisait la bois-son an poumon, il ne devrait pas redouter tesliquides épaissis par des farines, par des grai-nes, ou par toute autre matière dense. Pourquelle fonction la nature a-t-elle disposé l’épi-glotte , qui bouche l’artère lorsque noùs avalonsla nourriture, si ce n’est pour empêcher que par

ciprocatnr, ex eaque olïensione intercluderetuf animae via,impositam esse arte quadam et ope nature émylumiSa,quasi elaiistrnm miilniuti utriiisque fistolæ, quae sibi sontcohærentes : panique émYXomi-S* inter edendum hibend uni-que opefire ae protegere tt‘ ) v Tpay.ETav àprppiav, ne qnidex esc* potnve incideret in ilhid quasi «sluantis animaeiler, ac ptopterea niliit humons inihiere in pulmonem,ore ipso arteriae cornmmtito. Usée Erasistratus : cui, utexistimo, vera ratio consentit. Cum enirb cibns non squa-lidus siccitate, sed humoris temperie mollis ventri rnieren-dus sit : necesse est, ealidem viam ambobns patere, ut ci-luis potu tempera tus per stomaebum in ventrem condatiir inec aliter naturacomponeret, nisi quod salulare essel ani-mali. Deinde, cum pulino et solidus et ltevigatus sit, siquid spissum in ipsum décident, quemadmodiim pene-trari aut transniitti potest ad locum digestionis ; cnm cons-tet, si quando casu aliqnid paulodensius in pulmonem vio-lentta spiritns trabente deciderit, mox nasci tussim nimisasperaui, et alias quassatioues usipie ad vexationem salu-tis? Si aiiteni nalulalis via poluni in pulmonem tralierel;cum polenta bibuntnr, vel cum lianritur putus admixtisgranis, seu ex re aliqua densiore, quid hissumtis pulmopateretur? Uiide èmyXwjri; a natura provisa est; qiuo,