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LES SATURNALES, LIV. VII.
c’est que ceux qui ont ie poumon malade éprou-vent une ardente soif, ce qui n’arriverait pas nonplus, si le poumon n’était le réceptacle de la bois-son. Remarquez aussi que les animaux qui n’ontpoint de poumon ne connaissent pas la soif; eten effet, il n’y a rien de superflu dans la nature,mais elle a prédestiné chaque membre à quel-qu’une des fonctions de la vie. Lors donc que l’und’eux manque, c’est que ses fonctions seraient su-perflues. Réfléchis encore que, si l’estomac rece-vait la boisson et la nourriture, les fonctions dela vessie deviendraient inutiles; car l’estomacaurait pu livrer aux intestins le résidu de chacuned’elles, taudis qu’il se borne à livrer celui de lanourriture ; et il ne serait pas besoin de divers con-duits pour donner passage à chacune de ces deuxsubstances, mais un seul suffirait à toutes deux,pour les évacuer du môme lieu. Au lieu de cela,la vessie et les intestins coopèrent, chacun sépa-rément, à l’entretien de notre organisation : lapremière, en évacuant le poumon; la seconde,en évacuant l’estomac. Il ne faut pas non plusnégliger de remarquer qu’on ne trouve dans l’u-rine, qui est le résidu de la boisson, aucun ves-tige de la nourriture, et môme qu’elle n’est nulle-ment empreinte de la couleur ou de l’odeur decette dernière. Si cependant celle-ci eût été mêléedans le ventre avec la boisson, l’urine conserve-rait quelque impression de la substance de leurcommun excrément. Enfin, les pierres que laboisson produit dans ia vessie, et que la boissonseule a la propriété de former, pourquoi ne seforment-elles jamais dans le ventre? ce qui de-vrait être cependant, s’il était le réceptacle dela boisson. Le fait de l’écoulement de la boisson |dans le poumon n’a pas été ignoré de plusieurs I
tn propatulo est, quia, quibus æger est pulmo, accen-duntur in maximam sitim : quod non eveniret, nisi essetpulmo reccptaculum polus. Hoc quoque intuere, quodanimalia, quibus pulmo non est, potum nesciont. Naluraenim niliil superfluum, sed tnembra singula ad aliquodvivendi ministerium fecit : quod cum deesl, usus ejusnon desideratur. Vel hoc cogita, quia si stomachus cibumpotumque susciperet, superflues foret vesicæ usus. Pote-rat enim utriusque rei slomachus retrimenla inteslino tra-dere cui nunc solius cibi tradit : nec opus esset diversismeat’ibus, quibus singula traderentur, sed unus utriquesuûiceretab eadem statione transmisso. Modoaulem seor-sum vesica, et intestinum seorsum saluti servit : quiailli stomaclms tradit, pulmo vesicæ. Nec hoc prælereun-dum est, quod in urina, quæest retrimentum potus, nul-lum cibi vestigium reperitur; sed nec aliqua qualitate il-lorum retrimentorum vel coloris, vel odoris inficitur.Quod si in ventre simul fuissent, aliqua illarum scydiumqualitas inliceretur. Nam postremo lapides, qui de potuin vesica nascuntur, cur nunquam in ventre coalescunl,cum non nisi ex potu fiant, et nasci in ventre quoque de-bucrint,si venter esset receptaculum potus? In pulmonemdolluerc potum, nec poche nobilcs ignoranl; ait enim Eu-
poëtes distingués. Eupolis, dans la pièce inti-tulée les Parasites, dit: «Protagoras prescri-« vait de boire à l’époque de la canicule, afin de« se tenir le poumon humecté. » Nous trouvonsdans Ératosthène un témoignage semblable :
« Inondant son poumon de vin. »
Euripide vient encore manifestement à l’appui dece même fait :
« Le vin parcourant les canaux du poumon. »Puis donc que le système de l’organisation denotre corps et l’autorité des plus illustres témoinsviennent appuyer celle de Platon, n’est-il pasabsurde de peuser le contraire?
.CHAPITRE XVI.
Si l’œuf a été avant la poule, ou la poule avant l’œuf.
Sur ces entrefaites, Évangélus, qui voyait avecenvie la gloire qu'obtenaient les deux Grecs,leur dit en se moquant : Quittez ces questions,que vous n’agitez entre vous que pour faire pa-rade de votre loquacité. J'aimerais mieux encore,si votre science y peut quelque chose, que vousvoulussiez m’apprendre « si l'œuf a été avant lapoule, ou la poule avant l’œuf? » — Tu crois temoquer, lui répondit Disaire; et néanmoins, laquestion que tu viens de toucher est très-digned’être approfondie et résolue. Car pourquoi m’as-tu demandé, en critiquant l’utilité de cette discus-sion, si l’œuf a été avant la poule, ou la poule
avant l’œuf?.Mais sache que cette question
doit être rangée parmi les plus sérieuses, et dis-j cutée avec beaucoup de soin. Je vais dire ce quiI me paraîtra susceptible d’être allégué en faveur
polis in fabula, quæ inscribitur Colaces : IHvetv fàp ô Ilpta-•tayàpm èxËXeuev, îva jrpè xoù xuvà; tàv Ttveüpov ëxXutovipop/j ; et Eratosthenes testatur idem :
Kat (laôùv àxpnvtp 7tveup.ova T£yyô[j.£vo;.
Euripides vero hujusrei manifeslissimus adstipulatorest :
OIvoç irepdffaç Trveupiovtov oexppoà.;.
Cum igituret ratio corporeæ fabricæ, et testium nobilisauctoritas adstipuletur Platoui, nonne quisquis contrasentit, insanit?
CAPUT XVI.
Ovumne prius fuerit, an gallina.
Inter hæc Euangelus, gloriæ Græeorum invidetts etilludens: Facessant, ait, hæc, quæ inter vos in ostenta-tionem loquacitantis agitantur; quin poilus, si quid calletvestra sapientia, scire ex vobis volo, ovumne prius ex-stiterit, an gallina? Irridere te putas, Disarius ait; ettamen quæslio, quum movisti, et inquisitu. et scitudigna est. Cur enim tibiderei .ililitate comparais consu-luisti, utruiu prius gallina exovo, au ovuni ex gallina