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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MAC ROBE.

midité; si au contraire elle est forte, elle dessè-che et réduit le volume des chairs. Ainsi, le so-leil, par sa grande chaleur, épuise l’humiditédes corps morts ; tandis que la lumière de lalune, dont la chaleur est insensible, mais quirenferme une tiédeur cachée, accroît la liquéfac-tion des parties humides, et produit ainsi la pu-tréfaction , en injectant la tiédeur et en augmen-tant l’humidité.

— Après ce discours, Évangélus, s’adressantà Eustathe, lui dit : Si tu accèdes à cette expli-cation , tu dois le témoigner ; ou si elle te répu-gne en quelque chose, tu ne dois pas négligerde nous en faire part, car vos discours ont eu lapuissance de vous faire écouter volontiers parmoi. — Tout ce qu’a dit Disaire, répondit Eus-tathe, est lumineux et vrai : mais il faut exami-ner brièvement si le degré de la chaleur est réel-lement la cause de la putréfaction; en sorte qu’onpuisse, dire qu’une grande chaleur ne la produitpoint, mais qu’elle est produite par une chaleurlégère et modérée. Or, la chaleur du soleil, quin’est jamais plus ardente durant l’année qu’à l’é-poque de l’été, et qui s’attiédit pendant l’hi-ver, putréfie cependant les chairs pendant l’étéet non pendant l’hiver. Ce n’est donc pas à causede la douce température de sa chaleur, quela lune augmente la liquéfaction des substanceshumides ; mais il est dans la nature de la lu-mière qui émane de cet astre, je ne sais quellepropriété que les Grecs appellent idiotique, la-quelle humecte les corps, et les baigne, pourainsidire, d’une imperceptible rosée, et qui, jointe àla chaleur propre à la lune, putréfie les chairsqu’elle a pénétrées un instant. En effet, toutechaleur n’est pas d’une quantité uniforme, ensorte qu’elle ne varie que du plus au moins ;mais il est démontré, par des expériences éviden-

res; si nimius, exsiccat, et liabitudinem camis extenuat.Ergo de corporibus eneclis sol, ut majoris caloris, liaurithumorem : lunare lumen, in quo est non manifestus calor,sed occultus tepor, magis diffundit humecta; et inde pro-venit injecto tepore, et aucto liumore, pulredo. His dic-tis, Euangelus Eustathium intuens : Si rationi dictæassen-tiris, ait, annuas oportet; aut si est, quod moveat,proferre non pigeât : quia vis vestri sermonis obtinuit, neinvita aure vos audiam. Omnia, inquit Euslathius, aDisario et luculente, et ex vero dicta sunl. Sed illudpressais intuendum est, utrum mensnra caloris sit causapulredinis, ut ex majore calore non fieri, et ex minore actemperato provenire dicatur. Solis enim calor, qui nimiumfervet, quando annus in æslate est, et hieme tepescit,putrefacit carnes æslate, non liieme. Ergonec lima proptersubmissiorem calorem diffundit bumores : sed nescio quæproprietas, quam Græci iSitopa vocant, et quædam naturainest lumini, quod de ea defluit, quæ liumectet corpora,el velut occulto rore madefaciat : cui admixtus calor ipselunaris putrefacit carnem, coi diutule fuerit inl'usus. Nequeemiu oinnis calor unins est qualitatif, ut hoc solo a se

tes, qu’il est des qualités de feu très-diverses quin’ont aucune parité entre elles. Ainsi les orfè-vres n’emploient, pour travailler l’or, que dufeu de paille, parce que tout autre serait impro-pre à fondre ce métal. Les médecins emploientle feu du sarment, préférablement à celui detout autre bois, pour faire cuire les remèdes. Ceuxqui fondent ou coulent le verre alimentent leurfourneau avec l’arbre appelé bruyère. La chaleurproduite par le bois de l’olivier est salutaire auxcorps, mais elle est nuisible dans les bains, etd’ailleurs elle a beaucoup d’efficacité pour sé-parer les jointures du marbre. Il n’est donc pasétrange qu’en raison des propriétés particulièresà chaque sorte de chaleur, celle du soleil dessé-che, tandis que celle de la lune humecte. Voilàpourquoi les nourrices couvrent soigneusementleurs nourrissons lorsqu’elles passent sous lesrayons de la lune, de crainte que sa lumière n’aug-mente l’humidité naturelle qui abonde à cetâge, et qu’à l’exemple du bois vert, que la cha-leur fait contourner parce qu’il contient encoredessucs humides, cet accroissement d’humidité nefasse contourner les membres des enfants. L’on saitaussi que celui qui s’endort pendant longtempsauclairdela lune s’éveille péniblement et commehébété, oppressé sous le poids de la substancehumide que la lumière de la lune a la propriétéde disperser et de répandre dans le corps, dontelle ouvre et relâche tous les conduits, en péné-trant dans son intérieur. De là vient que Diane,qui est la même que la lune, est appelée Arté-mis, mot formé dVspÔTSfjuç, c’est-à-dire qui fendl’air. Elle est invoquée sous le nom de Lucinepar les femmes en travail d’enfant, parce qu’ellea la propriété spéciale de distendre les ouvertu-res du corps et d’ouvrir les voies aux écoulements,ce qui est favorable à accélérer les accouche-

differat, si major minorve sit; sed esse in igné diversissi-mas qualitates, nnllam secum habentes societatem, rébusmanifeslis probalur. Aurilices ad formandum aurum millo,nisi de paleis, utunlur igné : quia celeri ad produceudamliane materiam inhabiles liabentur. Medici in remediis con-coquendis, magis de sarmenlis, quam ex alio ligno,ignem requirunt. Qui vitro solvendo finnandoque curant,de arbore, cui uijricæ nomen est, igni suo escam minis-trant. Calor de lignis oleæ, cum sit eorporibus salutaris,perniciosus est balneis, et ad dissolvendas juncluras mar-morum efficaciter noxius. Non est ergo mirum, si rationeproprielatis, quæsingulis inest, calor solis arefacit, luna-ris humectât. Hincet nutrices pueros aientes operimenlisobtegunt, cumsubluna prætereunt, ne plenos perætateninaturalis humoris amplius lunare lumen liumectet ; et si-cut ligna adhuc virore liumida, accepto calore curvantur,ita et illorum membra contorqueat humoris adjectio. Hocquoque notum est, quia si quis diu sub luna somno se de-deril, ægre excilatur, et proximus lit insann, pondérépressns humoris, qui in omne ejus corpus diffusus a [quodispersus est, proprietale lunari : quæ ut corpus infundat,