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NOTICE
SUR
LE TRAITE DE IA LANGUE LATINE.
M. Terentius Varron (l) publia un ouvrage parti-culier sur la langue latine, dont malheureusementnous ne possédons qu'une faible partie. Ce traitéétait composé de vingt-quatre livres, et divisé entrois parties. Les six premiers livres, ou la pre-mière section, étaient consacrés aux recherchesétymologiques. Varron s’était proposé, selon sespropres expressions, d’y montrer comment leschoses avaient reçu leurs dénominations dans lalangue latine. Dans la première moitié de cettesection, il faisait voir ce qu’on pouvait avancer pouret contre l’étymologie comme science ou système,et enlin ce qu’on pouvait en dire sans en exagérerni en rabaisser l’importance. Avec le quatrièmelivre commence le grand travail qui nous reste deVarron . Ce livre et les deux suivants sont adressésà Cicéron , tandis que les premiers étaient dédiés àP. Septimius qui avait été questeur sous Varron .Dans la seconde moitié de la première partie, oudans l’application de la science de l’étymologie,l'auteur examine l’origine des mots latins etles libertés que les poètes se sont données dansl’emploi des mots de la langue. Les noms des lieuxl’occupent principalement dans le quatrième livre;savoir: d’abord (ch. 1 er — 9) les lieux mêmes, etensuite (ch. 10 — 36) les choses qui sont dans leslieux. En parlant des lieux, il explique l’originedes noms des terres et de tous les mots qui dési-gnent des parties de la terre, tels que chemin, sol,arpent, prairie, montagne. Il entre dans des dé-ta Is sur la ville de Rome et les sept collines queses murs renferment. Passant aux êtres qui habi-tent les lieux, il donne d’abord l’étymologie desnoms de divinités, celle des noms des oiseaux, despo ssons et des amphibies. Il vient ensuite auxnoms des hommes, des bestiaux et des bêtes sau-vages. Plusieurs chapitres expliquent les titres desmagistrats de Rome et les mots qui expriment lesrapports de la fortune. Après les êtres vivants,
(1) Voir la notice sur cet auteur, en tête du traité Dere rustica , au volume des Agronomiques.
Varron passe aux arbres et aux plantes (chap. 21),à la fabrication de tout ce qui tient à la nourriture,au vêtement et aux armes; il parle des tables et desdifférentes espèces de vases qu’on y place, de laparure des femmes (ch. 29); des instrumentsd’agriculture ( ch. 31 ); des édifices publics et pri-vés (ch. 32 et 33). Il y a ensuite une lacune, aprèslaquelle il est question des portes de Rome , et,après une seconde lacune , des lits, de l’as et deses parties, de l’argent et des divers mots qui s’yrapportent.
Le quatrième livre traite des mots qui expri-ment le temps et ses divisions, et de ceux qui dési-gnent ce qui se fait dans Je temps. Les mois et lesjours, et parmi les jours ceux qui sont consacrésaux dieux ou à certaines occupations des hommes ,fournissent la matière des premiers chapitres(ch. 2 — 4). Les actions, ou ce qui se fait dans letemps, sont divisées en trois classes d'après lestrois principales fonctions humaines, qui sont depenser, de dire et de faire. Les actions du troi-sième genre, ou celles qui ont lieu par le faire,s’exécutent par le moyen des cinq sens extérieurs;ce qui donne lieu d’expliquer les mots qui expri-ment les opérations des sens (ch. 8). Sans transi-tion Varron passe à l’explication des mots qui setrouvent dans les tables des censeurs, et qui serapportent aux fonctions de ces magistrats (ch. 9),et il termine par la liste de quelques mots que lesLatins ont pris des Grecs, liste qu’il aurait puétendre à l’infini.
Dans les deux livres dont nous venons d’indi-quer le contenu, Varron n’avait parlé que del’usage que les écrivains en prose font des mots ;le sixième s’occupe exclusivement des poètes. Ilsuit le même ordre, en parlant d’abord des lieux etensuite des temps, et montre comment les poètesont changé par métaphore les significations primi-tives de beaucoup de mots.
Telle est la première partie de l’ouvrage de Var-ron , qu'il a nommée lui-même la partie étymolo-gique. La seconde partie, ou les livres sept à douze