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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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POMPOMUS MELA.

toyant ces bords, on rencontre, au delà de ceque nous nommons Mastusïa, un golfe qui bai-gne l’autre côté de la Chersonèse , et qui prendla forme d’un vallon au pied des hauteurs qùil’environnent. Il se nomine Mêlas (a), du nomd’un fleuve qui s’y jette [b), et renferme deuxvilles : Alopéconnèse (c) d’un côté et Càrdië [d]de l’aütre côté de l'isthme. Plus loiri est là sü-perbe ville d’Énos (e), bâtie par Éhéë fugitif.Les Cieoniens sont placés sur les rivés de l’Hè-bre (/), au delà duquel est une plaine appeléeDoriscos, où l’on rapporte que Xèrxès , ne pou-vant faire le dénombrement de ses troiipës, jugeade leur nombre par celui que contenait un cer-tain espace mesuré. On voit ensuite lë promon-toire Serrium (g) et la ville de Zobè (A) , près delaquelle on prétend qu’Orphée attira jiisqu’à desforêts par là douce harmonie de ses charits ; puisle fleuve de Nestos (i), et sur ses bords là Ville deMaronia {j).

La région située de l’autre côté dece fleuve sii-bit autrefois le joug de Diomède , qui avait cou-tume dé faire dévorer les étrangers par des che-vaux furieux, et qui fut lui-rhême exposé parHercule à leur voracité. Cette fable est consacréedans le pays par une tour appelée la toür de Dio-mède , et par une ville à laquelle sa sœur Ab-dère ( k ) donna son nom ; ville au reste bien moinsremarquable par l’origine qu’on lui attribue, quepour avoir donné naissance du physicien Démo-crite. Plus loin coule un autre NeStos (l) ; et dans

(a) C’est aujourd’hui le golfe de Saros, qui tire ce nom de plusieurspeLilcs Iles appelées «taros. — (6) Ce cours d’eau est le Geri.— (c)Lysl-maque, un des successeurs d’Alexandre, la détruisit au temps de lafondation de Lyslmachia, et depuis ce temps ce n’est plus qu'un vil-lage , qui porte aujourd’hui le nom de Kavaki. — ( d) Le bourg d7-bridji. — (e) Elle porte encore le nom ù'Enos. Elle fait un com-merce assez considérable. Sa population est de sept à huit mille âmes.

— (/) La Maritza, fleuve d’environ quatre-vingts lieues de cours. —(g) Le cap Maltri. —(h) Peut-être la petite ville de Maltri , appeléeaussi Merei. —(0 Le Kara-sou-Mestro , ou simplement Kara-sou.

— (J) Le bourg de Marogna. — (k) On croit qu'elle occupait rempla-cement où se trouve aujourd’hui le bourg de Polyslilo . - (l) Pourles Grecs c’est le Mesto, et pour les Turcs encore un Kara-sou (eaunoire).

nium vocatur, magno ambitu mollique circumagit. Ëjustradiim legentibus, prætervedisque Maslusiam, sinus in-trandus est, qui alterum Cbersonesi latus alluens, jugofacie vallis includitur, et ex Iluvio, quem accipit, Mêlasdictus, duas urbes amplectilur, Àlopeconnesum, et in al-téra Islbmi littore silam Cardiam. Eximia est Ænos, abÆnea profngo condita. Circà Hebrum Cicones; transcundem Doriscos, ubi Xerxen copias siias, quia numéronon polerat, spatio mensum ferunt ; deinde promontoriumSerrhium, et, quo canentem Orphea secuta narrantur etiamnemora, Zone tum Scbœnos lluvius, et ripis ejusadja-cens Maronia.

Regio ulterior Diomeden tulit, immanibus equis man-dendos solitum objectare advenas, et iisdem ab Herculeobjectum.Turris, quam Diomedis vocant, signum fabulæremanet : et urbs, quam soror ejus suo nomine nomina-vit Abdera; sedeâ màgis id mémorandum babet, quodDemocritam physicum tulit, quam quod ita condita est.

la distance qui le sépare du Strymon (a), sont lesVilles de Philippi (A), d’Apollonle(e) et d’Amphi-polls (rf). Entre le Strymon et le mont Athos (e),sont la toUr de Calarnéa, le port appelé KdirpouXi [le port du sanglier), les villes d’Acan-thos (/) et d’Échymnie (ÿ). Entre ce mont et lapresqu’île de Pallène(A), sont les cités deCléone (i)et d’OIynthe (J). Le Strymon , qui, ainsi quenous l’avons dit, est un fleuve, prend sa sourcedans des contrées lointaines : son cours, d’abordtrès-faible, se grossit des eaux de plusieurs af-fluents, et forme non loin de la mer un lac d’ouil sort plus considérable qu’avant d’y entrer Lemont Athos est si élevé, qu’on croit qu’il dépassela région de l’air d’où tombent les pluies. Ce quiconfirme cette opinion, c'est que la cendre qu’onlaisse sur les autels qui sont à sa cime n’est pointemportée par les eaux, et reste telle qu’on l’a en-tassée. Au reste, cette montagne ne forme pasUn promontoire comme lesautres; elleavnnceentotalité son long dos au milieu de la mer. Xerxès ,allant porter la guerre en Grèce , la lit per-fcèr dans la partie la plus voisine du continent,et pratiqua dans cet endroit un canal navigable.Le pied du mont Athos est occupé par quelquespetites colonies pélasgiques. Autrefois sur sonsommet était la ville d’Acroathos, où l’on vivait,dit-on, une fois plus longtemps qu’ailleurs. Lapresqu’île de Pallèneestsi grande, qu’elle ren-ferme cinq villesavec leur territoire.Elle s’avanced’un bouta l’autre dans la mer, et commence parune langue de terre assez étroite, sur laquelle estPotidée (Æ). Plus loin, dans la partie la plus spa-cieuse, Mende et Scione (f) méritent d’être meu-

(a) Le Kara-sou, cours d’eau de quarante-cinq lieues de longueur.

— (6) Le village de Phlllppiçl.— (c) Probablement le bourg de Lu-regov L — {d) lamboU , célèbre en Turquie par les belles hoiusesqu’on y fabrique. — (e) Cette montagne a conservé son ancien iium ;mais on la nomme aussi Hagion-Oros (la montagne suinte), et p arcorruption Ayonouri. — {f) Le bourg d ’Erisso. — (g) On Ignore saposition. — (A) Presqu’île de Cassandre. — (!) Le bourg de Karis.

— (j) Probablement le bonrgde Poliero. — ( k ) Potidée, appelée en-suite Cassandre, n’offre plus que quelques ruines. — (0 Bourg appeléNouveau Cassandre.

Ultra Nestos (luit; inlerque eum et Slrymona urbes suutPhilippi, Apollonia, Aiupbipoiis. Inter.Slrymona et A thon,turris Calarnéa, et Kairpou Xip.9jv, urbs Acantlios, et lichyrn-nia. Inter Athon et Pallenen, Cleona et Olynthos . Strymon,sien t diximus, amnis est, lougeque or tus et tennis,alienis subinde aquis fit amplior, et, ubi non longe a marilacum fecit, majore, quam venerat, alveo crumpit. Alliasnions est adeo altos, ut credatur altius etiam, quam muleimbrescadunt, surgere. Capit opinio (idem, quia de ar.s,quas in verlice sustinel, non abluitur cinis, sed, quo re-linquitur aggere, manel. Cæterum non promontorio, nialii, verum tolus et toto longe dorso procedit in pelagus.Qua continent! adhærel, a Xerxe in Uraios tendentcperfossus trànsjugahisque esi, et faclos lVeto navigabilipervius. Ima ejus tenent parvæ Pelasgofnm coluniæ. tusummo fuit oppidum Acroallion, in <j»o, ut feront; ilîrrri-dio longior, quam in al iis terris, netas habilantium erat.Pallene, soli tam patentis, ut quinque urbimn sedes sit