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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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POMPOMUS MÊLA.

sur notre mer et sur l’Océan, et s’élargit de plusen plus en allant vers l’occident, où elle est danssa plus grande largeur. Elle abonde en hommes,en chevaux, en fer, en plomb, en cuivre, enargent, en or; et son sol est si fertile, que, danscertains endroits où le manque d’eau le rend sté-rile et méconnaissable, elle produit cependantdu lin ousparte(58). Elle se divise en trois parties,l’une appeléeTarraconaise(a), l’autre Bétique(ô),et la troisième Lusitanie (c). La première, quid’un bout touche aux Gaules , de l’autre à la Bé-tiqueetà la Lusitanie , s’étend sur notre mer parcelui de ses côtés qui regarde le midi, et sur l’O-céan par celui qui fait face au septentrion. Lesdeux autres parties sont séparées par le fleuveAnas ( d ) : d’où il résulte que la Bétique est situéesur deux mers : à l’occident, sur la mer Atlan-tique; au midi, sur la nôtre. Les côtes de la Lu-sitanie ne s’étendent que sur l’Océan : ainsi soncôté ( e) est exposé au nord, et son front (/) à l’oc-cident (59).

Les villes les plus florissantes de l’intérieur del’Hispanie étaient, danslaTarraconaise, Pallan-tia {g) et Numantia ( h) , que surpasse aujourd’huiCæsaraugusta ( i ) ; dans la Lusitanie , Emerita (;) ;dans la Bétique, Astigi (A), Hispal ( l ) et Cor-duba ( m ). Si vous suivez la côte, à partir de Cerva-ria, vous voyez près de là un rocher que le mont

(«) Cette partie comprenait plus des quatre cinquièmes de l’Espn-gne : c’est à-dlre les anciennes provinces de Galice, Asturies, Bis-caye, Navarre, royaume de Léon, vieille et nouvelle Castille ,royaumes d’Aragon, de Valence et de Murci.e, et la Catalogne - —

(b) La Bétique comprenait le royaume de Grenade et l’Andalousie . —

(c) La Lusitanie forme la plus grande partie du Portugal . — (tf) LaC’uadiana, fleuve do cent cinquante lieues de cours, qui n'est navi-gable que sur le dixiéme de sa longueur. — (e)La partie contiguë àta (Pilice, et qui n’en était séparée que pur le Darius, aujourd’hui leDmiro. — (/^C’est-à-dire toute la longueur de la côte du nord au sud.

-- {g) Aujourd’hui Paîencia, ville de dix à douze mille âmes, dans laprovince cls Burgos . — (h) On voit encore près de Soria les ruinesde l’antique et célèbre Numance. — (i)Saragosse, capitale de l’Ara-gon. — (j) Emerita Àugusta, aujourd’hui Merida , dans la provinceespagnole d’Estramadoure. On y remarque d’importants restes d'an-tiquités. — ( k) Ecija , ville d’environ trente mille âmes, dans la pro-vinceile Séville. — (/) Séville , peuplée de quatre-vingt-onze millehabitants, et chef-lieu de la province de ce nom. — (m) Cordoue , villede quarante-six mille âmes, chef-lieu de province.

angnsta, paulatim se in Nostrimi et Oceanum mare ex- |tendit : magisque et magis latior ad occidentem abit , acfit ibi latissima. Viris, equis , ferro, plumbo, ære, ar-gento anroqnc etiam ahundans , et adeo fertitis, ut sicubiob penuriam aquarum effeta et sui dissimilis est, Iinumtanienautsparlum alat. Tribus autem est distincts nomi-nihus : paisque ejus Tarraconensis, pars Bætica, parsI.usitania vocatur. Tarraconensis altero capite Gallias,altero B.æticam Lusitaniamque contingcns , mari lateraobjic.it Nostro, qua meridiem ; qua seplentrionem spectat,Oceano. lilas fluvius Anas3eparat, et ideo Bætica maria«traque prospicit ; ad occidentem, Allanticum ; ad me-ridiem, Nostrum. Lusilania Oceano tantummodo objectaest.sed latere ad septentriones, fronte ad occasum.

Urhinm de mediterraneis in Tarraconensi clarissimæfuerunt Pallantia et Numantia , mine est Cæsaraugusta :in Lusitania Emerita : in Bætica Astigi, Hispal, Corduna.

Pyrénée a poussé hors de l’eau (a) ; ensuite lefleuve de Ticer [b), quiarroseRhoda (c), et le Clau-dien ( d ), qui baigne Emporiæ(e); puis le montJovis (/), qui dans sa partie orientale présente dessaillies de rochers séparées par de petits espaceset s'élevant comme des degrés : ce qui leur avalu le nom A'Échelles d'Annibat. De là jusqu’àTarraco, on remarque les petites villes deBianda [g), d’Éluro (h), de Bætulo (*'), de Bar-cmo(/), de Subur (A), de Tolobi (l) ; les petitsfleuves du Bætulo (m), au pied du mont Jovis,du Rubricatum («), sur le littoral deBarcino, et duMaius, entre Subur et Tolobi. Tarraco (o), la plusopulente des villes situées surcette côte, est arro-sée par le petit fleuve de Tuleis (p), au-dessousduquel on rencontre le grand fleuve d’Ibôrus (ç)qui baigne les murs de Dertosa (r). A partir de cepoint, la mer s’enfonce dans les terres, et s’y par-tage ensuite en deux golfes séparés par un promon-toire appelé Ferraria (.s). Le premier, connu sousle nom de Sucronien, est plus vaste que l’autre ;les eaux de la mer y entrent par une assez largeouverture qui se rétrécit à mesure qu elles y pénè-trent; il reçoit les eaux de trois fleuves peu consi-dérables: le Sætabis ( t ), laTuria ( u) et leSucro(v).

(a) Peut-être le cap Crcus. — (6) Nous pensons que le Ticer est leTer, rivière de trente-cinq lieues de cours. — ( c) Le bourg de Jloda ,sur la gauche du Ter, dans la Catalogne . —(<f) La Fluvla , rivière dedix-sept lieues rie cours. — (e) Ampnrijs, bourg et petit port de laCatalogne . — (J) Aujourd’hui le Mont-Joui ou Mont Jovich, cou-ronné par une forteresse formidable qui domine le port, la citadelle,la ville et les environs de Barcelone. — (p) La petite ville de Blanês ,avec un port à l’embouchure de la Tordera. — (A) Cette ville, quePline nomme Iluro, et Ptoléuiée Dilnron, est aujourd'hui Mataro ,qui compte treize mille habitants. — (i) Le bonrg de Badalona . —{j) L’importante Barcelone , ville de 120,000 âmes, capitale de laCatalogne — (h) Peut-être la petite ville de San-Boy. — (/) T.nbourg de Martorell, où i’on voit encore un arc de triomphe antique.

— (m)LcBesos, petite rivière de huit Heiu-sde cours. — (n) Le I.tobre-gat, rivière de trente-cinq Ueucs de cours, qui se Jette dans la merà une vingtaine de lieues au sud-ouest de Barcelonnc. — (o) Tarru-gone, place forte, de onze mille habitants. — (p) Le Francali, petiterivière de dix lieues de cours, qui baigne les murs de Tarragoue. —(q) 1 .’Ebre , fleuve de cent à cent vingt lieues de longueur — (r) Tor-tose , place forte, de seize mille habitants. —(s) Le cap Saint-Martin.

— ( t) Peut-être la Palancia, qui se Jette dans la mer prés de Mur-viedro. — (m) Le Gttadalaviar, qui Re Jette dans la mer près de Va-lence , après un cours de quarante-deux lieues. — (v) Le Xucar ouJucar, fleuve de soixante-dix lieues de cours, qui se jette dans lamer, un peu au sud du lac Albufcra.

I At si litlora legas, a Cervaria proxima est râpes, qmvin aflum Pyrenænm extrudit. Dein Ticer (60) Ihimeri adRlioàam, Clodianum ad Emporias : tum mous Jovis, cu-jus parlem occidenti adversam, eminenlia cautiimi, qnodinter exigua spatia, ut gradus, suhinde consurgunt, ScolasAnvibalis appellent. Inde ad Tarraconem parva sunt op-pida, Bianda, El u ro, Bætulo, Barcino, Subur, Tolobi:parva flumina, Bætulo juxta Jovis montem, Rubricatumin Barcinonis litlore, inter Subur et Tolobin, Maius. Tar-raco urbs est in bis oris maritimarnm opulentissima :Tuleis eam modic.us amnis, super ingens Iberus Dei tosamaltingit. Inde se in terras pelagus insinuât, et piimummagno impatu admissum, mox in duos sinus promonto-rio, qnod Ferrariam vocant, linditur. Prior Sucroncnsisdicitnr, major liic et magno satis ore pelagus accipiens,et, quo magis penetratur, anguslior, Sætabiin, et Turiam,etSucronem non magna excipil flumina ; urbes complexus,