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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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DESCRIPTION DE LA TERRE, LIV. IL

fleuve Lédus (a), le fort Latera (b ), et la collinede Mésua (c),qui, presque de tous côtés environ-née par la mer, serait une île, si elle ne tenait aucontinent par une levée très-étroite (55). Plus loinl’Arauris (ef), qui descend des Cévennes, coulesous les murs d’Agatha (e), et l’Orbis (/) sousceux de Bæterræ .

L’Atax {g ), sorti du mont Pyrénée , est faibleet guéable tant qu’il ne se compose que des eauxqui lui viennent de sa source; de sorte que, mal-gré la grandeur de son lit, il ne devient naviga-ble qu’auprès de Narbo. Mais lorsque, chargé desplujes de l’hiver, il se gonfle, on le voit ordinaire-ment s’élever et sortir de son lit, incapable de lecontenir. Son embouchure est dans un lac appeléRubrésus [h ), assez vaste, mais qui ne commu-nique à la mer que par une étroite ouverture. Ala suite on rencontre le rivage de Leucate ( i ), etla fontaine de Salsulæ (j), dont les eaux, loind’ètre douces, sont même plus salées que les eauxmarines. Dans son voisinage est une plaine ver-doyante, couverte de joncs fins et délicats ; elleest soutenue par les eaux d’un étang : ce qui leprouve, c’est qu’au milieu de cette plaine unecertaine partie, détachée du reste en forme d’ile,(lotte çàet là, et se laisse attirer comme une peau(5G). Il y a plus : en creusant à une certaine, pro-

(a) Le Lez ou Lès, petite rivière du département de l’Hérault.—(b) C’est If Castrum de Latis, appelé aussi Castrum de Valude, dansles actes du moyen âfre. On en volt encore les tVslcs au villapc deLattes, à l'embouchure du Lez . — (c) La colline de Mèzr, près de lapetite ville de ce nom, chef-lieu d’un canton du département del'Hérault. — (d) Dans un diplôme de Louis le Débonnaire , de l’an 837 ,en faveur du monastère d’Aniane, cette rivière porte encore le nomû'Araur; on l’appela plus tard Eraut, puis Hérault . — (éj Aride ,cltef- leu de canton de l’arrondissement de Béziers . — (f) L’Orbe oul’Orb, rivière de vingt sept lieues de cours, qui passe en effet à lté-ziers. _(y) L'Aude , rivière longue d’une cinquantaine de lieues, sortde l’étang de l’Aude, sur le versant septentrional des Pyrénées . —[h) Aujourd’hui la Rebine nu le canal ‘de la Ilobine de Nurbbnne, quireçoit l’Aude canalisée. — (i) Ce rivage porte encore le même nom ,qu’i.' doit à i’antique ville, aujourd’hui le village de Leucate , dans lecantun de Sigean et l’arrondissement de Narbonne, sur une pres-qu’île située entre la mer et l’étang de Leucate . — (j) La source saléedeA’ü/ses, non loin de l’étang de Leucate, et près du village de Sut ses,l’untique Salsulæ.

Volcas et Cavaras emitlilur. Ultra simt stagna Volcarum,Ledum Rumen, castellum Latera , Mesua collis, incincliismari pene nndique, ac, nisi quod angusto aggere conti-nent! anneclitnr, insuU, Tum ex Cebennis demissnsArauris juxta Agathan, secundnm Bæterras Orbis (luit.

Alax ex Pyrena’o monte degiessits, <|ita sni tbntisa<|uisvenil, cxiguus vadusque est ; et jam ingentis alio-quin alvei tenens, nisi ubi Narbonem altingit, nusqnainnuvigabilis : srd cum bihernis intumnit intbribus,nsqueeo solitus insurgere, ut aeipsenon capiat. Lacusaccipit eum Rubrésus nomine, spatiosus adinodum, sed(jua mare admittit, tenuis aditu. Ultra est Leucata , litto-ris uoinen, et Salsulæfuns, non duleibus aquis delluenssed salsioribus etiam quam marinae sunt. Juxta campusminuta arundiue gracilique perviridis, cæterum staguosubeunte suspensiis. ld manifestât media pars ejus, quæabscissa pellique se proximis, velut insula natal, pellique seatque attrahi patitur. Quin et ex iis quæ ad imum perfossasunt, suffusum mare ostenditur. Unde Graiis nostrisque

fondeur, on s’aperçoit encore que la mer s’infil-tre dans les terres. De là vient que, soit par igno-rance, soit par le malin plaisir d’en imposer sciem-ment à la postérité, certains auteurs grecs, etmême quelques-uns des nôtres, ont prétendu queles poissons qu’on tue et qu’on prend dans le paysnaissent des profondeurs de la terre, tandis qu’ilsy viennent de la mer par des conduits souterrains.

Au delà sont les rivages qu’habitent les Sordoniens («), le Télis (b) et le Tichis (c) , fleuvestrès- peu considérables dans leur état naturel, maisterribles dans leurs débordements; la colonie deRuscino(rZ), la bourgade d’Éliberris (e), resteobscur d’une ville autrefois grande et florissante ;enfin, entre deux promontoires du Pyrénée , lePort de Vénus (/), remarquable par un templeconsacré à cette déesse, et le lieu appelé Cerva-ria ( g ), où se termine la Gaule.

CHAP. VI. — Côte citérieure de l'Hispanie (57).

Duliçu appelé Cervaria, le mont Pyrénée s’a-vance d’abord jusqu’à l’océan Britannique; puis,tournant son front dans les terres, il pénètre dansl’Hispanie, pousse vers la droite la plus petite deses branches, tandis qu’étendant sa chaîne prin-cipale comme une longue lanière à travers toutela contrée, il parvient jusqu’aux rivages opposéset occidentaux. L’Hispanie est de toutes partsenvironnée par la mer, à l'exception du côtépar lequel elle coufine aux Gaules . Très-étroitedans cette partie, elle s’étend ensuite peu à peu

{«) Les rôles du Roussillon, ou du département des Pyrénées orien-tales. — ( 6 ) La Tct, qui a vingt-cinq lieues de cours. — (c) Le Tech ,qui n’a guère que seize lieues. — (d) Cette ville, qui au ix* siècleexistait encore sous le nom de Rosciliona, d’où c.st venu le nom dela province de Roussillon, s'élevait près de l’emplacement qu’occupaPerpignan . — {e) Eliberis ou Illiberis s’appela plus tard Helena,en l honneur de la mère de Constantin, qui la fit rebâtir ; ruinée parles sièges qu’elle soutint en i *85 ,1474 et 1641, elle n’a plus que deuxmille habitants. Son nom actuel est Elne. — (/) Aujourd'hui Port-yendres, petite ville des Pyrenécs-Orientalcs. — (g) Le cap Cerveia,en Catalogne . Du temps de Mêla, ce lieu ne faisait point, comme on levoit, partie de l'Espagne .

etiamauotoribns, verine ignorantia an prndenlibiis,eliamînendacii libidine, vismn est tradere posteris, in ea regionepiscem e terra penitus oriri.qui, ubi ex alto bucusqiiopenelravit, per ea forainina ictu capnlantium interfectusextraliitur.

Inde est ora Sordonnm, et parva Rumina Telis etTichis, ubi accrevere, pers.rva : colonia Ruscino, vicusIlliberri, niagnæ quondam urbis, et magnamm opimitenue vestigium. Tum inter Pyrenæi promontoria PoilusVeneris insinusalso, et Cervaria locus, finis Galliæ.

CAP. VI. Hispaniœ ora cilerior.

Pyrcnæus primo bine in Britannicum procurrit Ocea-num i tum in terras fronte conversas , Ilispaniam irrum-pit, et minore ejus parle ad dextram exclusa trahit per-pétua latera conlimius, per omnem douée provinciamlongo limite immissus, in ea littora , quæ occidenli suntadversa, perveniat. Ipsa llispania, nisi qua Galbas tangit,pelago undique incincla est : ubi illis adhæret, maxime