34 Histoire de Gexeve.
* * Pendant le neuvième & dixième Siecle on eut pour Evê-?79« ques depuis Ansegisus, Optandus 3 ou Apradus II. consacrépar le Pape Jean VIII. comme on le recueille par les let-tres
familles à perpétuité, de mâle en mâle,ou autrement à la charge de défendre lePais, 6c de relever Sc le tenir à foi 6chommage du Souverain.
Ce qu’on vient de dire en général desComtes, servira à faire entendre en par-ticulier, la nature de la Dignité de ceuxqu’on appelloit Comtes de Geneve. II estcertain qu’il n’est fait mention nulle part,avant le neuvième Siecle, d’aucun Com-te de ce nom , 6c que ceux qui l’ont por-té les premiers, n'étoient que des Offi-ciers aes Empereurs, dont la Dignité ne-toit peut-être pas seulement à vie, bienloin d erre héréditaire. II est parlé dansles Lettres d’Eginard , d’un Frumold quiavoir la qualité de Comte , dans le Ter-ritoire de Geneve en Bourgogne ( Camesin pago Genezienfe in Burgundia) laquelleDignité l’Empereur Charlemagne lui avoitdonnée, mais seulement d’une maniéréprécaire, 6c à son bon plaisir. Pour s’cnconvaincre , on na qu’à lire avec quel-que attention la i6. 6c la 17. Lettred'Eginart, qu’on a trouvé à propos d'in-ferer ici, afin que les Lecteurs en jugentpar eux-memes.
i4. Epist. » E - V". S. S. Frumoldus filins N. Co-
Egìn.jíbb. »mitis cujus N. . . . . Sororcm habet ma-»gis infìrmitatc , quàm fenectute confcc-actus , ( nam continue ac gravi pedumadolore vexatur ) habet beneficium nonxgrande in Burgundia in pago Genan-jen-»fe , ubi parer ejus Cornes fuit, 6c ti-a rner illud perdere, ni si vestra benigr.i-jjtas ilii opituletur , eo quòd priinfir-s mitate quâ praemititr, ad Palatium ve-»nire non potest. Idcirco precatur, uts in istâ necestìtate Domnum Imperato-„rem rogare dignemini , ut permittat fexhabere Beneficium quod avus ejus illixconceffit, 6c parer habere permisit, quo-xiifque viribus receptis , ad ejus praesen-xtiam venerit, ac se solemni more com-S mendaverit, Scc.
*7, Epist, xMagnifico 6c honorabili arque inlusea tri Yiro, N. glorioí? Cooûá
xdus, fempiternam in Domino falutem.»N. vaíTus Dominicus, fiater uxoris N.xComitis morbo pedum , 6c fenectutexgravi, volebat venire ad Domnum Im-xperatorem ; Sed non potuit propret in-a firmitatem fuam. Cum primùm pote-„rit veniet ad scrvitium ejus. Intérim^postulat, ut sibi liceat beneficium fuumM haberc , quod ei Domnus Carolus Im-»perator dédit in Burgundia in pago Ge-w nevense , ufque dum ille ad pratíentianjs> ejus venerit, ac se in manus ejus coni-B mendaverit. Mihi quoque rectum 6c»utile videtur, ut ita fiat, sicut ipfe dc-55 siderat, quia vir bonus ac prudens est,»6c bonar famne inter vicinos fuos , 6cssvos benefacieris , cum hac m re , ad-ajuvare dignemini, 6cc.
Louis le Débonnaire , qui succéda àCharlemagne son Pere, ctoit fur le pied dedisposer du Territoire de Geneve, de lamême manière. Entt’autres Etats qu’ildestinoit à Charles le Chauve son fils ,en Tannées 839. 6c dont il y a une listedans les Annales de France du Monastèrede Saint Berlin; on y voit le Comté deGeneve , Comitatttm Genavensem. Com-me les Comtes de ce nom ne se fuivoientpas de Pere en Fils, qu’ils n’étoient quede simples Officiers des Empereurs , 6cque d'ailleurs ils ne faifoient pas une fortgrande figure dans le monde , Ton ne ntrouve dans les Auteurs aucune liste sui-vie. Audi ne peut - on faire qu’indiquerles noms de quelques uns, dont il estparlé incidemment dans l’Histoire. II estfait mention de quelques Comtes de Ge«neve, fous les Rois de Bourgogne , en-tr'autres d’un jilbiùus qui vivoit en 930. ,d’un Je an, qui sc rencontra à un fameuxTournoy qui fe fit à Magdebourg en 938.»d’un Renaud qui vivoit en 1004.
Sous les trois premiers Rois de Bour-gogne , les Officiers 6c les Gouverneursdes Villes 6c des Provinces qui dépen-doient de ce Royaume, fe tinrent dansleur devoir» Riais fous 1 c Régné de
Rode!»