L I V R E I !. 137 _
gnoîent la colère, leur députèrent le Vidomne Aymé Con- !518-iïllii, Michel Nergaz, & François Talichet, tous trois Du-caux , & nommez par la brigue de leur parti. Leur Instruc-tion fut de remontrer aux Princes en toute humilité, que laVille étoit fort consternée de ce qu’ils avoient fait écartelerdeux de leurs Citoyens, qu’en général on ne leur avoir pointdonné d’occasion à cela , qu’on ne les avoir jamais trouvéqu’cn état de leur rendre service ; que si quelque particulieravoit commis quelque crime, ils l’eussent bien pû châtier àGeneve ; que partant ils les supplioient de leur exposer les su-jets de leur indignation , & que s’il y avoit de leur faute,ils tâcheroient de leur faire réparation. Ils partirent donc pouraller trouver le Duc, qui leur sit en apparence mauvais ac-cueil , mais qui prenoit secrètement conseil deux, & leur fai-soit mille caresses, les connoisiant pour amis. II les envoyaà Pignerol vers FEvêque, qui en usa de méme. A la sin, ilsleur dirent en public l’un & l’autre, ce qu’ils avoient concertéensemble ; qu’ils savoient bien qu’il y avoit à Geneve beaucoupde gens de bien & leurs sidelles Su/ets, dont ils avoient reçude bons services, qu’ils voudroient bien reconnoitre ; maisqu’il y avoit aussi des mutins & des séditieux, coupables deLeze-Majcsté, pour avoir conspiré contre la personne de leurPrince, du nombre dcsquels étoient ces deux qui avoient ser-vi d’exemple ; qu’il y en avoit dans la Ville, qui, pour évi-ter le châtiment qu’ils méritoient, vouloient persuader au Peu-ple l’Alliance de Fribourg, ce qui seroit non seulement désa-vantageux aux Princes , mais à la Ville même , qui perdroitpar ce moyen ses droits fur les marchandises quelle envoyoit& qui se transportoient à Fribourg. Que si la Ville vouloirsouffrir cette proposition , ils en puniraient très sévèrementles Auteurs. A quoi, si le Corps de Ville vouloir les aider,ils les tiendraient pour bons & sidelles Sujets; ajoutant, qu’ilsdésiraient que les Principaux, qui étoient Berthelier, & dixou douze autres, fussent punis de mort fans rémission.
Les Députez qui avoient eux-mêmes dicté cette réponse,
S deman-