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Tome premier.
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_ 146 Histoire de Geneve.

Ijig. son Maître: ce qui sit soupçonner Hugues de quelque secret-te intelligence avec lui. Cependant le Duc eut une Arméede six à lept mille hommes à S. Julien, avant qu’on fût as-suré à Fribourg, qu’il aísembloit des Soldats.

D’abord il envoya aux Syndics un Héraut nommé Cha-înais', qui demanda que le Conseil fut assemblé. On le luiaccorda, & il y fut introduit II avoit fur son bras gau-che une Cotte d’Armes , & une Baguette à la main droite.II entra de cette maniéré, fans se découvrir, ni saluer le Con-seil. On lui dit qu’il s’assit auprès des Syndics, & exposâtfa Charge, ce qu’il refusa par trois fois. Après quoi il s’enalla s’aslèoir, non pas vers les Syndics , mais en une placeplus éminente, & leur dit ces paroles. Ne vous étonnez pasSeigneurs Syndics dr Conseil de Geneve , fi je ne me fuis pasvoulu asseoir par votre commandement , dr que je le f ai pré-sentement fans que vous m en priiez. En voici la raison. Jefuis ici de la part de mon très redouté Prince , Seigneur drMaître d) le votre , Monsieur Le Duc de Savoye , auquel ilne vous appartient pas de lui dire de s'a seoir , mais d lui dele faire ou bon lui semblera , & au-defus de vous , comme vô-tre Souverain Prince dr Seigneur , dr comme je reprefentt fapersonne-t je f ai fait. Ains , de mon Stege , je vous expos maCharge , qui efl, qu'il vous mande dr commande , que vous luiprepariez son logis dans la Maison de Ville, avec telle fomptuo-fité dr magnificence qu il appartient d un Prince de fa forte:pareillement que vous lui teniez prêts des vivres pour lui drfa Compagnie , qui fera de dix mille hommes de pied , fans laCavallerie , car son intention efl dy loger en cet équipage pourrendre la Justice . Alors on lui dit qu’il se retirât, juíqu’à ce

qu’on

le n'avoit rien fait, ni au préjudice del’Evéque, ni à celui de S. A. Mais auíïiquelle ne pouvoir point abandonner l’Al-liancc quelle avoir contractée, ayant ledroit de la faire, & y trouvant son avan-tage.

Ce fut alors que le Duc prit le parti

d’employer la force, pour venir à boutde son dessein , & de le servir à ce sujetdes Troupes qu’il avoit fait filer secret-tement aux environs de Geneve. Ce quife passa à peu près de la maniéré queM. Spon le raconte dans la fuite.

» Ceci fe passa le i er . Avril,