_ i $8 Histoire de Geneve.
1519. du Faucîgny à Geneve, qui se joignant aux Mammelus, lo-gèrent chez les Eidgnots, & y firent presque autant de dé-sordre que l’Armée en avoit fait auparavant. Tout cela n’a-boutiísoit qu a prendre Berthelier. II le savoit bien lui-mê-me , car chacun l’en avertisíòit, néanmoins il ne s’en soucioitpoint, & témoignoit que non seulement il ne craignoit pointla mort, mais qu’après les traverses qu’il avoit eûés, c étoitla plus agréable nouvelle qu on lui pouvoit donner. II avoitun Jardin hors de la Ville, où il s’alloit promener tous lesjours, portant une Belette en son sein, avec laquelle il se jouoit.Trois jours après la venue de ceux de Faucigny, le Vidom-ne Consilii accompagné de ses gens, lui coupa chemin, com-me il alloit à ce Jardin. 'Berthelier le vit venir, & ne bé-tonnant
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de punir ceux, qui, pour soutenir laLiberté de la Patrie, avoient été les plusoppoíèz à leurs volontez. Audi la Peste,qui les contraignit de quitter Geneve ,ne fit que suspendre l’exécution de leursdesteins ; car elle ne fut pas plutôt dimi-nuée, que l’on aprit, que l’Evéque amas-sent des Troupes , dans le voisinage ,avec lesquelles il se disposoit d’entrerdans Geneve. Sur cette nouvelle le Con-seil lui envoya le Sindic Dtlamar , &l’iongeon , à Bonne, où il étoit , pourl’assurer de la disposition où étoient lesCitoyens de ne rien faire , qui pût luidéplaire : Et pour le prier de leur accor-der fa bienveuillance. Le Prélat affectade leur faire un bon accueil. 11 leurdit, qu’il ne venoit pas dans la Ville ,dans la pensée d’y taire du chagrin, àpersonne , au contraire , qu’il vouloir yvivre agréablement, avec tous les parti-culiers , Sc que bien loin de Lister opri-mer qui que ce loir, il n’auroit rien plusà cœur , que de maintenir chacun dansson bon droit. Qisau reste , ayant be.foin de quelques Soldats pour fa garde,il meneroit avec lui cent ou cent-cin-quante hommes , dans ce dessein , &qu’il comptoir de faire son entrée , lelendemain.
Sur le rapport que firent les Sindics,
de ce que leur avoit dit l’Evêque , leConseil ordonna qu’on lui fit la récep-tion la plus honorable , qu’il feroit pos-sible. La plus grande partie de la Vil-le, lui alla au-devant, & il arriva à Ge-neve le 20 . d’Août. Dès le lendemain,il fit assembler le Conseil Général, danslequel il se rencontra, avec le Vicaire,l’Ossicial , le Conseil Episcopal , Sc lesSeigneurs de Stlencuve & de Litllin. Làil fit informer le Peuple, du sujet de sonarrivée à Geneve , par la bouche de sonOfficial , qui prenant un ton bien diffè-rent de celui qu’avoit eu l’Evéque deuxjours auparavant , Sc propre à jetter laterreur dans les esprits , dit que le Prélatétoit venu dans là Ville , dans le desseind’y affermir d une maniéré solide, la paix;Sc qu’afin d’y réiiffir, il étoit entré ac-compagné de quelques gens de guerre,pour se faire obéir , Sc pour châtier sé-vèrement tous ceux qui feroient assezfous » pour résister à ses volontez , Scsur tout, pour punir les Auteurs des dés-ordres précedens , dune maniéré propor-tionnée aux maux qu’ils avoient faits.Ces paroles ne furent pas de vaines me-naces. Deux jours après on en vit leseffets par le Procès qui fut fait à Ber-thelier.
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