Livre IL 1^9
tonnant point, s’avança toujours de leur côtéfc Le Vidomnemit la main fur lui de la part de fEvêque, car il lui étoitdéssendu de le faire de la part du Duc, & il lui ôta sonépée: Berthelicr lui dit assez fierement; Gardez-la bien> carvous en rendrez, compte. On le mena à l’Ifle, fans que per-sonne osât remuer , & on lui donna des Gardes, & pourmontrer qu’il ne s'en foucioit pas, il fe jotioit toujours avecfa Belette. Ceux-ci lui difoient, demande grâce à Monsei-gneur. Quel Seigneur? leur dit-il. Ils répondirent, Monsieurde Savoye vôtre Prince & le nôtre. Il n’est pas mon Prince,rep!iqua-t-il, & quand il le feroit, je ne lui demanderai pasgrâce, puis-que je fuis innocent. C’est aux fçelerats & nonpas aux gens de bien à la demander. II faudra donc mourir,lui réïtcrérent-ils plusieurs fois ; mais lui fans leur répondreécrivit fur la muraille de la prison: Non moriar , fed vivam ,cr narrabo opéra Domini. C’est-à-dire, je ne mourrai pas,mais je vivrai & raconterai les oeuvres de Dieu.
Le même jour de fa détention on lui envoya non pas lesSyndics pour 1 examiner, mais un Prévôt fait à la hâte, quiavoit autrefois été arracheur de dents, & s’appelloit Jean desBois. Un homme de probité n eut pas accepté une com-mission de cette nature. Celui-ci lui sit savoir qu’il avoitcharge du Prince de 1 examiner, & lui demafd? le ferment.Berthelicr répondit hardiment ; quand Messieurs les Syndics,qui font mes Juges, m’interrogeront, je leur répondrai, &non pas à toi, à qui il n’app«rtient pas de le faire c l. LePrévôt le somma de répondre le lendemain , & envoya enposte avertir les Princes du commencement de l’assaire. Lelendemain ledit Prévôt, accompagné de ceux du Faucigny,comme en ordre de Bataille , menant avec foi un Confesseur& un Boureau, vint trouver Berthelier à la prison de fille, oùses gens fe saisirent du Pont. Le Prévôt lui commanda dere-chef
1519 -
Les Sindics demandèrent à PEvêque, juger selon les Franchises. Mais le Pre^-91e Btrtheiier leur fut remis , pour le lac le leur refuse.