Band 
Tome premier.
Seite
189
JPEG-Download
 

Livre II. IS9_

Quinze jours après, il envoya aux Syndics la copie d’une 1527.Lettre dattée du premier Avril, que l’Empereur écrivoit au is. Aou.Duc de Savoye, laquelle étoit tombée entre ses mains, enpassant à Saint Claude. Le contenu étoit que Sa MajestéImpériale ayant appris que ceux de Geneve avoient fait Al-liance avec les Cantons, pour se maintenir contre les oppres-sions du Duc & de ses Officiers, qui attentoienr à l’autoritéde l’Evêque, & aux Libertez de la Ville ; Elle ordonnoit auDuc de se déporter déformais de ses prétentions de Sou-veraineté; qu’autrement, il montreroit que cela lui déplaisoit,

& qu’il vouloir maintenir tout ce que ses Prédécesseurs avoientfait & établi en cette Ville Impériale.

Les deux Cantons de Berne & de Fribourg écrivirent auísià son Altesse de ne plus molester leurs Alliez de Geneve.

Les Mammelus n’ayant pu tirer raison des Cantons , pour ren-trer dans la Ville, portèrent leur affaire à Vienne; mais leConseil Général s'étant assemblé, on lút une copie de la Bul-le Impériale de Frédéric, par laquelle ils crurent trouver que

A a 3 Gcne-

tiendroit avec tant plus de facilité de cesdeux Villes, l’Alliance qu’il recherchoitavec Elles, pour lui-meme en particulier.Enfin > avant que sortir de l’Assemblée ,il fit un ferment solemnel de vivre tou-jours avec ses Sujets, comme un bonPrince, 6c de n’avoir jamais d’autres in-térêts que les leurs : Et le Peuple, de Ioncôté , lui promit ausiì par serment, delui être toujours attaché, & de lui obéiravec fidélité!

Au reste, l’Evéque informé du tourqu'on avoit voulu lui jouer, lors-qu’iliroit à Notre-Dame de Grâce, crût queles principaux de ses Chanoines y avoientpart, ôc indigné contr’eux, il les fit sai-sir & mettre en prison. Mais n’y ayantpas eu des. preuves suffisantes, il fut obli-gé, au bout de quelques jours, de les fai-re élargir. Dès lors les Chanoines com-mencèrent à se dégoûter du séjour deGeneve, la plûpatt ayant pris le partidaller résider à Anneci. Bonnivard qui

«porte ce qu’oa vient de dire - ajoute

de plus , que l’Evêque changea ceux deses Officiers, qui pafloient pour être at-tachez au Duc de Savoye , Sc que ce futpour cette raison qu’il ôta à Pierre Gruct,la charge de Vicaire, qu’il exer^oit de-puis longues années. Fait que notre Au-teur a mal rapporté à Tannée i ji 6 . Vciezci-desl’us p. 183.

Quelque tems après que l’Evêque futarrivé en Bourgogne , où il se rendit leplus lecrettement qu’il lui sut possible,pour éviter d’ètre pris par les Officiers deSavoye, il aprit que le Duc lui avoit faitsaisir les revenus de ses Bénesices de Suze6c de Pignerol. Il écrivit aussi.tôt à cesujet au Conseil de Geneve, pour le prierd’obtenir des Seigneurs de Berne 6c deFribourg, qu’ils s’cmplovafient auprès duDuc , pour les lui faire rendre. Je.mLutlin fut envoyé pour cela aux deuxVilles, fur la fin du mois de Novembre,& elles accordèrent au Prélat , une Let-tre, telle qu’il sonhaitoit pour le Duc deSjlYOyC,

1 Les