190 H I ST O I n E DE GENEVE.
Gcneve n’étoit point sujette à Vienne, & dès lors fut con-clu que personne, de là en avant, n’eut à poursuivre aucu-ne affaire dans cette Cour-là. L’Evêque de la Baume vou-lant montrer Ion affection envers la Ville, & 1 attachementqu’il vouloir avoir à ses intérêts, se fit recevoir Bourgeoisde Genevc *, comme il appert par un Acte datte du 15.Juillet 1527. dont le Duc étant irrité, se saisit de (es Ab-bayes de Suze & de Pignerol, qu’il offrit de lui rendre pourle Vidomnat. L’Evêque remit auíïi en même tems la connois-sance des Causes civiles aux Syndics, pour diminuer les sraix,qu’on faiíbit devant ses Officiers. Le Duc de Savoye obtintlur la fin de cette année, de l’Empereur Charles-Quint, confir-mation de son Vicariat de l’Empirc, & Déclaration avec Mande-ment à l’Evêque, Syndics & Citoyens de Geneve, de lui obéir,Cn vertu de ce Vicariat : mais ils n’en voulurent rien faire, &dirent qu’ils se vouloient tenir à leurs Lettres, qui étoient plusanciennes, & qu’on ne devoir avoir aucun égard à la der-niere , puisque le Duc étant Beau-frere de l’Empereur, il nelui avoir pas été difficile d’obtenir ce qu’il avoir voulu, fansque les Parties eussent été ouïes.
Après la faction des Mammelus, il s’en élêva une autrehors de la Ville, qui fit bien du mal aux Bourgeois. Cefut la Confrairie des Gentils-hommes de la Cuillier m , aux-quels s’étoient joints quelques Chanoines mécontens , affec-tionnez au Duc. Cette Confrairie fut instituée dans un Châ-teau du PaïsdeVaud, où quelques Gentils-hommes qui étoientà table , mangeant entr’autres de la Bouillie avec *des Cuil-lers de bruyere, se vantèrent qu’ils cn feroient autant à ceux
de
1 Les faits rapportez dans le reste dece Paragraphe, ne font pas dans leur or-dre , ils auroient dû être placez avant ceque l’Auteur a dit de la retraite de I’E-véque en Franche - Comté, comme celaparoit assez par ce qui a été dit dans lesNotes précédentes.
Les Gentilshommes du voisinage deGeneve, tous Sujets du Pue de Savoy?»
étoient depuis long-tems ennemis de cet-te Ville. Les Bannis qui étoient aveceux ne contribuoient pas peu à les en-tretenir dans cette haine, & ils ne cher-choient que l’ocasion de la faire éclater.C’est ce qu’ils firent en Tannée i yi 8 . Scnon pas en 1517, comme le suppose M.Spon,
*-Ce