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Tome premier.
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àE 202 Histoire de Geneve.

153Ô; presser, & il n’étoit question que de consulter la maniérédont il s’y falloit prendre. Ils conclurent de faire des pou-• dres empestées, par l’attouchemcnt des malades & des lingesinfectez, qu’ils laisseroient tomber en diffcrens endroits. Cad-doz, passant donc un jour fur le Pont du Rhône, laissa tom-ber quelque linge, croyant que personne ne l’obfervoit. Quel-qu’un néanmoins l’appercevant dît, ce frippon de Caddoz alaissé tomber quelque chose qui ne doit gueres valoir, & enmême tems le vouloir lever. Un autre plus prévoyant luidit, prenez garde de ne pas manier cela les mains nues. Usprirent donc quelques bâtons, avec lesquels ils ouvrirent lePacquet, dont il sortit une puanteur, qui infecta tout lePont, fans qu’on fçût ce que ce toit. On appella une fem-' ' ' ' 1 ' me

à double, comme il avoit accoutume' defaire à l’égard des Sindics , Sc que lePeuple ensuite choisiroit ceux qu’il trou-veroit à propos. Que le Conseil Gene-ral donneroit son approbation à ce nou-veau Tribunal , 'qui tiendroit lieu de celui du Vidomne , dont le nom Sc sOfE-xe devoir être aboli pour toujours, puis-que la plupart des maux qui afHigeoientla Ville , croient arrivez à Ion occasion,pnfin , qu’il faudroit tâcher d’obtenir del’Evêque, qu’il approuvât ce nouvel éta-blissement.

Toutes ces résolutions furent confir-mées par le Conseil Général, Sc sélec-tion faite des personnes dont M. Spona rapporté les noms, pour lieutenant& Auditeurs. Les nouveaux Elus prê-tèrent ferment dans le Conseil Ordinai-re, de s’aquitter fidellement de leurs Em-plois. On dressa auífi des A'ticles, quisurent approuvez dans le Grand Conseil,suivant lesquels le Lieutenant Sc les Au-diteurs dévoient proceder dans le Juge-ment des Procès.

Comme on a eu occasion de parler dece Grand Conseil, il est à propos de di-re un mot de son établissement. Ce Con-seil , qui est le même que le Conseil desDeux Cent, fut établi ainsi que ce-

lui des Soixante, d’abord après que l’Al-liance de Berne & de Fribourg fut con-clue, Sc cela à l imitation des Gouverne-mens de ces deux Villes. Le Conseil desSoixante étoit Supérieur au Conseil Or-dinaire , Sc celui des Deux Cent étoitau-destus de celui des Soixante.

Après que ces Conseils surent ainsiformez , on pensa à la maniéré de lescomposer, ou de les élire, de même qu’àcelle d’élire le Petit Conseil. Ce ne futqu'en fan 15ZO. qu’elle sut fixée. Jus-qu'alors les quatre Sindics avoient faitentr’eux l'Eleétion du Conseil Ordinaire,ou du Petit Conseil ; chaque Sindic choi-sissant pour l’année courante, quatre Con.seillers , tels qu’il le trouvoit à propos.Le Conseil des Deux Cent crut qu’il sa-loir changer une telle pratique, qui don.noir un trop grand pouvoir aux Sindics,Sc beaucoup de lieu à la saveur Sc â labrigue, Sc que ces inconveniens ne pou-voient être mieux évitez, qu’en faisanel’Election des Conseillers du Petit Con-seil, dans le Conseil des Deux Cent mc-me. Et afin de mettre en même temsun juste équilibre entre les Conseils , ily fut résolu que le Conseil Ordinairecréeroit à Ion tour les Membres de ce-lui des Deux Cent, _r