_ 206 Histoire de Geneve.
1530. ter avec les Députez de Berne & de Fribourg. II les priade faire arrêter T Armée de leurs Maîtres, faisant entendreque le Duc ne savoir rien de l’entreprise faite en dernier lieucontre Geneve, ni lui aussi ; quoi qu on fçut de bonne partqu’il en étoit un des Capitaines.
Ceux qui commandoient l'Armée des Alliez envoyèrentdire à ceux de Geneve, qu’ils choisissent un lieu pour trai-ter d’appointcment, dont ils s’excuférent, les priant de ve-nir premierement chez eux, pour prendre avis de ce qu’il yavoir à faire. L’Arméc commença donc à déloger de Mor-ges, ayant brûlé, chemin faisant, le Château de Rolle & laplupart des autres Châteaux, qui appartenoient aux Gentils-hommes de la Cuiller, dont les Garnisons setoient retiréesen Bourgogne, ou à Thonon. Tout ce qui s’y trouva deprovision fut aussi brûlé, & le Païs-de-Vaud presque toutruiné. Une partie de ceux de Fribourg, avec ceux de Geneve,pilloient les environs de la Ville, fans qu’on le pût empêcher,disant qu’ils ne vouloient pas mourir de faim. Six vingtsCavaliers, ou Mousquetaires des Compagnies de Geneve, vin-rent chercher du fourrage â Meyrin, où le Tocfain ayantcommencé de sonner, ils fe virent découverts par un grosde huit à neuf cens hommes d’Infanterie & cinquante de Ca-valerie, qui s’étoient partagez en trois petits Corps , dontl’un étoit en embuscade dans le Bois, & les deux autres ducôté de la Montagne voisine. Ils vinrent attaquer celui quiétoit dans le Bois, avec tant de vigueur, qu’ils en couchèrentsoixante fur la place, le reste pris ou mis en fuite. Celaépouvanta les autres deux Pelotons, qui décampèrent au plusvite, netant resté du côté des Genevois qu’un jeune homme,qui fut tué, s’étant séparé de fa troupe pour s’enfuir.
Deux jours après arriva l’Armée des deux Villes, & logeatoute dans Geneve. Elle n’y fut pas plûtôt, qu’on parla defaire quelque accommodement avec le Duc- On choisit SaintJulien , où les Députez fe rendirent avec Saufconduit. Ony conclut une Paix à la hâte, laissant à vuider les disserens
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