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Tome premier.
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__ 222 Histoire de Geneve.

1533. & s’il n’eút été protégé par ceux de son parti qui étoientpréíens on lui eût joiié quelque mauvais tour. C’est cc mê-me Olivetan qui fit la première traduction Françoise de laBible , que les Protestans ont suivie. II la fît imprimer àNeufchâtel en 1534. & on tient qu’il fut empoisonné â

Ferrare.

Olivetan ayant été banni, ùn autre étranger, qui étoitdepuis un an à Geneve, dit publiquement que ceux qui al-loient à la Messe étoient des Idolâtres, ce qui le fit aussi ban-nir fur peine de la vie.

14. Mars. Les Bernois, qui fuivoient déja le nouveau parti, ayant fçûtoute ces choses, envoyèrent un Héraut à Geneve u , avecdes Lettres, disant qu’ils faisoient mal de persécuter ceuxqui vouloient prêcher í’Evangile, & parler de Dieu, commeils avoient fait en la personne de Farel. Que s'ils ne le per-mettoient pas, eux qui étoient leurs Alliez pourroient s’cnressentir. Sur quoi, comme le Conseil opinoit, se vinrent

présen- \

” Les Citoyens qui avoient embrassele parti de la Refortnation , ne pouvoientsouffrir que ceux qui se déclaroient pourelle. avec un peu de fermeté ôc d’unemaniéré publique, suílent maltraitez, ôcque leurs Prédicateurs les plus zèlez leurfuííènt auíïì-tôt enlevez. Ils avoient faitrevenir Farel, qui ayant été la secondesois auílî mal reçu que la pre*iere, futbien - tót obligé de se retirer. Ils nevoyoient aucun remede â ces maux, tantque le Magistrat ne se conduiroit que parles mouvemens des Eri bourgeois. (Quel-ques-uns des plus zèlez s avisèrent, pourlever cet obstacle, d'oposer à l’autoritéde ceux-ci, celle des Bernois, qui jusqucs-là n’avoient rien exigé des Genevois,par raport à la Religion , & par là ilsjettérent le Conseil en de grandes extrê-mitez, qui ne savoir comment s’y pren-dre , pour plaire aux uns, fans déplaireaux autres. Baudichon De la Mailbn-Neuve, qui se moquoit depuis long-temsdes superstitions de l'Eglise Romaine, 3 cClaude Salomon , s’en allèrent à Berne,

' où ils représentèrent l’état où étoit la Vil-le de Geneve , par raport à la Religion,ôc comment le Magistrat s’étoit vû obli-gé à faire bien des démarches , qui ten-doient à étouffer, dans leur naistànce, lessemences de la pure foi ; après-quoi ilsprièrent ce Canton de les recevoir, ainsique tous ceux de Geneve, qui étoientdans les mêmes íèntimens qu eux, fousfa protection , ôc d écrire des Lettres quiengageassent le Conseil de cette Ville-iàà les ménager davantage. Les Seigneursde Berne leur accordèrent agréablementleur demande. Us écrivirent austì-tôt desLettres nu Magistrat de Geneve , par les-quelles ils lui faisoient des reproches d’a-voir chasté les Ministres de l’Evangile,ôc d’avoir réduit Farel à la nécessité dequitter ure seconde fois la Ville, d’enavoir banni à perpétuité le Valet de Gué-ri n , sous peine de la vie , d’avoir faitpeu de cas des Lettres par lesquelles ilsdemandoient la permission d'imprimer cer-tains Livres , ôc de ce qu’on ne repri-moic nullement la licence, avec laquelle

quel-