210 Histoire de 'Geneve.
1533. Les Parens deVerly s’étant retirez, à l’exception de deux,'qui demeurèrent à Gaillard avec une vingtaine de Soldats;ceux*ci sollicitèrent qu’on leur fit justice de la mort du Cha-noine. Ceux qui s’en ètoient retournez rencontrèrent auMont-Jura Thomas Baudichon avec quelques Marchands deStrasbourg. Peter Verly frere du deffunt l’attaqua, lappcl-lant Traitre; & fans fa compagnie il couroit risque de la vie,ayant dèja eu un cheval tuè fous lui.
La Sentence fut prononcée par les Syndics, qui déclarè-rent innocens une partie des prisonniers, dont le ProcureurFiscal fe rendit appellant ; on lui répondit fur le champ ; Par-ue que mus navons point de Supérieur , nous n admettons paston appel b mais en méme tems fut condamné à avoir la tê-te tranchée Pierre Thoberet c , qui fut convaincu d’avoir tué
Verly
7 avoir pourtant voix déliberative. Aprèsquoi le Procureur Fiscal remit aux Sin-dics les prisonniers.
Les choses étant en ces termes , l’onaprit avec surprise, le 13. Juillet sur lesoir, que l’Evêquc vouloir partir le len-demain. Le Conseil là détins s’assemblade nuit, 6c résolut que les Sindics fe ren-droient ce jour-là de grand matin au Pa-lais Episcopal, qu’ils témoigneroient auPrélat, la douleur que cgusoit au Con-seil ton départ si précipité, 2c lui diroientqu’on le prioit avec instance de demeu-rer dans la Ville , ou que s’il vouloirabsolument la quitter, il lui plût de lapourvoir d’un Vicaire , d’un Official ,d’un Juge des Appellations , 6c d’autresOfficiers qui administrassent la Justiceavec équité 6c impartialité. Le Conseildonna encore charge aux Sindics de re-présenter à l'Evêque , qu’il n’avoit rienà craindre dans Geneve , 6c de le fairesouvenir qu’à son arrivée il avoir déclaréau Conseil Général, qu’il étoit venu pourramener la paix dans la Ville , qu’il yvouloir vivre en bon Prince, qu’ainsi c’é-toit une chose bien triste, de la lui voirabandonner dans le tems que fa présen-ce y étoit la plus nécessaire, 6c qu’il pou-voir lui être plus utile, en engageant lesEcclésiastiques à contribuer quelque cho-
se , pour le payement des Dettes publi.ques. Qtsil tut pitié de l’état déplora-ble où se trouvoit son Peuple, 6c qu’illui tendit la main dans un si pressantbesoin.
Les Sindics s’aquitérent exactement deleur Commission; mais tout ce qu’ils pu-rent dire de plus touchant à l’Evêque,ne lui fit point changer de résolution,ni mettre aucun ordre aux choses qu’onlui avoir demandées. II partit le 14. deJuillet de Geneve, 6c n’y revint plus de-puis.
Apres son départ, le Conseil procédaau Jugement des prisonniers.
b Tous les prisonniers furent déclarezinnocens. II n’y eut que celui que nom-me M. Spon , lequel n’étoit point dunombre des neuf Prisonniers, ôc qui futsaisi depuis; il servit de victime. Car ilparut clairement par les Informations,que dans l’afsaire de Verly , les Ecclésias-tiques avoiêrt cause tout le tumulte, 6cque Verly lui-même avoir été le principalAuteur de la sédition : De sorte, queComberet sut peut-être plus malheureuxque coupable ; il n’est même pas impôtsible que ce ne fut en se défendant con-tre ce Chanoine furieux, qu’il lui por-ta le coup de mort.
c Thoberet » lisez Comberet,
i c«.
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