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Tome premier.
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une Création d’un Gouverneur à Geneve, en la temporalité,comme Lieutenant de l’Evêque, avec autorité de punir lesLuthériens; les Lettres dattées du 12 . Janvier 1534 . fous lesceau de l’Evêque. Elles furent lues en Conseil General, lorsde sélection des Syndics : Sur quoi les Bernois exhortèrentvivement le Conseil, de ne pas permettre que leur Juridic-tion leur fut ravie de cette maniéré, puis qu'ils étoient lesseuls Juges des Causes criminelles, disant qu’on fe ressouvintde la derniere guerre, que l’Evêque avoit suscitée: Que poureux, ils aideraient de tout leur pouvoir à maintenir l’Allian-ce. On sit fecrettement le Procez à Portery, pendant lequelfut présentée par ses Parens une Grâce de l’Evêque. Les Syn-

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s’étant aussi-tôt répandu par toute la Vil-le, il fe fit tout d’un coup une émotionpresque génerale : Chacun couroit enarmes par les Rués, & fur tout , ceuxdu parti Reformé témoignoient une gran-de irritation. Il en vint même jufqu’aunombre Je cinq cens devant la Maisonde Ville, qui dirent, qu’ils ne s’étoientassemblez que pour éviter la fureur desPrêtres , pour fe ^garentir des fuites d’u-ne cinquième sédition que l'on méditoit,pour faire main-forte aux Sindics , dansla poursuite de l’homicide qui venoitdette commis ; Sc pour en demanderjustice. Les Envoyez de Berne interpo-sèrent leurs offices pour appaifer cetteémotion, & calmer les esprits. Us y réus-sirent, Sc après avoir assuré ceux quiétoient devant la Maison de Ville, quel’on alloit incessamment faire justice duMeurtrier, Sc qu’ils 11e fouffriroient pasqu'on fit aucun tort à ceux de leur Par-ti , ils leur persuadèrent de mettre basles Armes , & de se retirer chacun chezloi.

L’on se mit auíïï-tôt à chercher avecdiligence les Auteurs du tumulte. Sur l’a-vis qu’on eut qu’ils s’étoient cachez dansle Palais Episcopal, les Sindics, suivis deleurs Officiers, y firent toutes les perqui-sitions possibles , fans les trouver. Usaprirent ensuite d une femme , qu’ils s’é-toient retirez dans l’Eglise de St. Pierre,

au haut dune des Tours , dans laquelleils s’étoient renfermez , munis de toutesfortes d’Armes défensives. Les Sindics lesfurent prendre en ce lieu là, Sc les fi-rent conduire à la Maison de Ville, oùils ordonnèrent de les garder sûrement.

L’on travailla promptement à leur Pro-cès. Claude Pennet , qui fut convaincud’avoir tué Berger , fans aucune provo-cation , fut condamné à avoir la têtetranchée à Champcl ; ce qui fut exécutéle même jour, Sc son Corps fut attachéà un Gibet. Le Vicaire Sc le Chapitreentreprirent de le faire enlever, pour l’en-terrer aux flambeaux avec pompe, com-me un Martyr ; mais le Conseil s’y op-posa. Jean Portier Notaire , Sc l’un desSecrétaires de l’Evéque , complice de Pen-net , avoit été trouvé avec lui , Sc misen prison. Comme il ne fut pas con-vaincu d’avoir tué personne , il auroitaparemment échapé au dernier fuplice,si l’on n’avoit pas trouvé chez lui desBlancs signez, fcéellez du Cachet du Ducde Savoye, Sc certaines Lettres de cons-titution d’un Gouverneur de Geneve ,ou d’un Lieutenant de l’Evêque , avecpouvoir de juger de toutes les affairesCriminelles. Ces Lettres avoient été don-nées par l’Evêque, le 11. de Janvier decette année. Comme le cas étoit grave,Sc qu’il s’agissoit de choses qui alloientdirectement contre les Libertez de la Vil-le,

1534.

ro. Fevr.

dernier

Fevrier.