Livre II. 239
ceux de Berne & les autres de leur parti, au lieu même oùil avoit fait l’injure. Suivant cette conclusion il fut mené leDimanche suivant à Saint Pierre, où lui sut donné par écritce qu’il devoir dire ; mais étant monté en Chaire, il com-mença à son accoutumée par le signe de la Croix, & de-manda l’assistance d u Saint Esprit, par l’interceision de la Bien-heureuse Vierge. Ceux de Berne & les Protestans de la Vil-le voyant cela, l’empêchérent de commencer le Sermon qu’ilavoit préparé, lui disant, qu’il nctoit là que pour faire sarétractation. En même tems il fut tiré de la Chaire en basassez rudement, & fut resserré plus étroitement en prison.
Les Députez de Berne pressoient le grand Conseil sur qua-tre Points. I. Ils vouloicnt avoir justice du Prédicateur,qu’il s disoient les avoir injuriez. 2. Ils représentoient que lePrédicateur de Carême, au Couvent de Rive, prêchoit desErreurs, qu’ils donnoient par écrit. 3. Ils demandoient qu’unde leurs Ministres, qui avoit été banni de la Ville, fût ab-sous. 4. Qu’on leur donnât une place en une des Eglises,pour faire prêcher un de leurs Ministres, pendant qu’ils de-meureroient dans la Ville. A quoi les Syndics & le Conseilfirent réponse ;
Que pour le Prédicateur Furbity , on verroit ce qu’onauroit à taire de lui, selon les règles du Droit.
Qu’ils
dit , qui avoit déplu aux Seigneurs deBerne , consentant , cn cas qu’il ne tintpas parole , d’être mis en prison.
I.e Conseil examinant ensuite le casde F urbiii , trouva qu’il étoit luffisam.ment convaincu de tout ce que les En-voyez de Berne lui imputoient d’avoirdit , à la reserve du premier Article, quiregardoit le partage des Habits îte nô-tre Seigneur. Mais que, comme il n’a-voit point pû prouver, selon son propreaveu , par l’Ecriture Sainte , les autresDogmes qu’il avoit posez , on le con-damnent à faire une rétractation publiquele Dimanche suivant , dans l’Eglisc deSt. Pierre, de ce qu’il avoit avancé ,comme il l’ayoit offert lui même.
On le conduisit à l’Eglise le Dimanche15. du mois de Fevrier . pour exécutercette Sentence > mais on fut fort surprisquand il fut monté en Chaire, de voir,qu’au lieu d’y satisfaire, & de lire larétractation que le Conseil lui avoit don-née par écrit, il commença non seule-ment à faire son Apologie, mais à don-ner encore à ce qui s’étoit passé , untour faux & malin ; de forte que lesSindics qui étoient presens, le firent desicendre & conduire dans les Prisons, oùl’on ordonna qu’il seroit étroitement gar-dé , jufqu’à ce qu’il eut satisfait à laSentence. II y resta jufqu’au commen-cement de l’année 15:36., qu’il en fut ti-ré à la sollicitation du Roi de France.
h On
1534 .
»i. Fevr.