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Tome premier.
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•ï S 34 *

24O Histoire de Geneve.

. Qu’ils avcrtiroicnt celui de Rive de ne prêcher que l’Evan-gile.

Que pour le Ministre condamné, ils ne pouvoient révo-quer leur Sentence.

Que pour la place qu’ils demandoient, ils pouvoient laprendre à leur volonté h .

Ce

h On va un peu étendre ce que M.Spon met ici trop en abrégé. Sur l’articledu Ministre , on leur dit , que l’on n’a-voit rien tant à cœur, que de voir prê-cher dans la Ville le seul Evangile , &la plus pure Parole de Dieu. Que pourparvenir à ce but d'une maniéré plus fa-cile , fc qui révoltât moins le Peuple ,le Conseil ne croyoit pas qu’il lut en-core à propos de faire prêcher publi-quement un de leurs Ministres ; parceque tout le monde n’étant pas encorebien convaincu qu’ils annonçassent lavérité, il seroit à craindre qu’il ne s’ex-citàt à cette occasion , quelque troublefâcheux dans la Ville ; mais que l'onavoit crû , qu’il suffiroit pour lors des’cn tenir à un Cordelier, qui avoit étéchoisi pour prêcher pendant le Carême ,dans le Couvent de son Ordre , lequelpassoit pour un homme doux & modé-ré ; de sorte qu’il y avoit lieu d’espererque tout le monde seroit content de sesPrédications. Que si, cependant, con-tre l'esperance qu'on avoit conçûë de lui,l’on remarquoit qu’il annonçât des er-reurs , on lui interdiroit auífi-tôt laChaire.

Ce Cordelier s’apelloit François Coute-lier. Quand il fut arrivé dans Geneve,il vint accompagné de quelques uns deses Confrères , dans le Conseil des DeuxCens, où il fit un long discours étudié.11 dit, qu’il avoit été envoyé par sonProvincial, pour prêcher le Carême, quesi on le vouloir recevoir , il s’applique-roit à le faire d’une maniéré qui satisse-roit tout le monde. Et pour taire voirqu’il ne vouloir traiter aucune matière,sens en avoir l’agrément du Magistrat,il produisit neuf Articles, qui set oient,dit-il, le sujet de ses Sermons. Il pria1« Conseil de lui en dire Ion sentiment,

Sc d’en retrancher ceux qu’il trouveroità propos. On- les examina , Sc on luidéfendit de parler de ceux-ci : Du Cuitede la Vierge, de l ’Invocation des Saints ,du Purgatoire , & des Prières pour lesmorts. Après quoi on l’exhorta d’unemaniéré extrêmement forte, à s’attacherfur tout, à la Morale, & à ne rien avan-cer qu’il ne pût prouver par l’EcritureSainte. 11 promit de se conformer avecexactitude, à tout ce qu'on lui ordonna.

Mais il ne s’en tint pas là. 11 préchoità la vérité , avec plus de modérationque Furbiti n’avoit fait. Cependant, ilne laisioit pas de débiter la Doctrine or-dinaire de l’Eglisc Romaine. Aussi lesDéputez de Berne, qui l'avoient ouï plu-sieurs fois , s’en plaignirent dans le PetitSc dans le Grand Conseil. 11s demandè-rent qu’on l’obligeât, ou à se taire, ouà prêcher d’une autre maniéré , commele Conseil s’y étoit engagé ; Sc à cetteoccasion , ils renouvellerent la Prierequ’ils avoient faite , de permettre à unde leurs Domestiques de prêcher publi-quement , du moins, pendant le séjourqu’ils seroient à Geneve , ajoutant quel’on ne pouvoit pas leur refuser cettesatisfaction , parce qu’ils étoient eux dcleurs Domestiques , exposez à la railleriede quantité de gens , parmi le Peuple ,qui leur reprochoient à tous momens ,

& même dans les Rués, que le Servicequ’ils rendoient à Dieu se seisoit en par-ticulier, dans des lieux obscurs & cachez,comme des Etables. Que pour lever cet-te elpece de bonté, Scqu’ils ne pouvoientplus endurer, il n’y avoit qu’à leur ac-corder leur demande : Qu’auísi-bien, ilsne pouvoient plus retenir leurs gens, * 3c *C’étoieirtles empêcher de faire voir au Peuple la Farel,Virerfausseté de la Doctrine du Cordelier. Ils Sc Froment.demandèrent en même çems , le rappel

à’Aies.ui*