Livre IL 249
lui fiíTent restitution. II demandoit de plus qu’ils laissaslèntrentrer leur Evêque. Les Genevois répondoient aux premiersPoints , qu’ils fe tiendroient à l’Abícheid de Saint Julien &à la Sentence de Payerne ; & au dernier, que la Ville n’o-feroit fe fier à l’Evêque, pour l’y laisser rentrer. On tintune Journée à Thonon , & une autre à Lucerne, où fe trou-vèrent des Députez de Berne- & de Geneve, qui n’avancérentrien.
On reçût des Lettres du Hoi de France, par lesquelles ildifoit, qu’il .avoir mis en liberté, pour l’amour des Genevois& des Bernois, deux Genevois, qui avoient été pris à Lionpour la Religion, fçavoir Baudichon & Cologny, les priantà la pareille de relâcher Furbity; ce qu’on ne voulut pas fai-re, fans en donner auparavant avis à ceux de Berne, qui lefàifoienc détenir. Ceux - ci y consentirent, néanmoins il nefut pas lì-tôt délivré; car il ne le fut qu’à la fin de Tannée,par lechange que le Duc offrit du Ministre Saunier, qu’ilavoir fait prisonnier en Piémont.
I i Au
ta, qu’on venoit verser dans leur sein >la juste douleur que les Conseils ressen-toient, & leur déclarer, que la Ville étantdepuis II long-tems abandonnée de sonPrélat, dans son plus grand besoin , &n’y ayant plus lieu de rien attendre delui , après savoir vû se joindre, plus d’u-ne fois, à ses ennemis, pour lui faire laGuerre, on regardoit le Siégé comme va-cant , & qu’on les prioit de servir auxConseils de Témoins, de tout ce qui s’é-toit passe, íc de vouloir créer un Vicai-re, un Official, un Juge des Excès, Scles autres Officiers nécessaires.
Les Chanoines répondirent avec unegrande froideur à ce Discours, Sc ne mi-rent aucun ordre à la demande qu’onleur faifoit, de sorte que le Conseil .voyant qu’il n’y avoir point de fonds àfaire fur eux, prit le parti d’interjetter àRome une Appellation contre l’Evêque4c les Adhcrens, le 7 . Octobre , à l’occa-íion de la Jurildiction Epilcopale, trans-portée à Gex. C'est du moins ce que
raporte Roset, Sc ce qui paroit mêmepar les Regîtres publics : Mais cet Appelne fut pas suivi, soit à cause des trou-bles qui vinrent ensuite , soit à cause duchangement de Religion, qui arriva sati-née suivante.
Au r esse , les Chanoines se rendirenttous les jours plus suspects, Sc on apritle z. de Decembre , qu’ils avoient forméle dessein de transférer le Chapitre à An-necy, Sc qu’ils y faisoient même dejaporter secrettement les Livres de leursReconnoissances. Le Conseil résolut dene point permettre que ces Reconnoissan-ces sortissent de la Ville , Sc il ordonnaque , fi l’on trouvoit qu’on en eut déjaécarté quelques unes, on arrêtât les Cha-noines , julqu’à ce qu’ils les eussent rap-portées. La veille de Noël, ils firentdemander au Conseil s’ils pouvoient cé-lébrer la Messe du matin, comme à l’or-dinaire, fur quoi on leur répondit, qu’ilsen usassent comme ils- trouveroient àpropos.
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1534 .
s. Octob»