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Tome premier.
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* 5 ° H 1 S T O I R E DE G E X £ V E.

ï535. Au mois dc Fevrier de Tannée suivante, un Cordelier dej». Pevr. l’Observance se vint présenter aux Syndics, pour avoir per-mission de prêcher Ceux-ci ayant prié les Chanoines deS. Pierre de lui donner la Chaire dans leur Eglise, ils ne levoulurent pas faire: mais le Curé de S. Germain ayant per-mis qu'il prêchât dans la sienne, il commença ses Sermonslc premier Dimanche de Carême, & poursuivit jusqu’à Pâ-ques. On reconnut d’abord qu’il étoit Protestant, de mêmeque le Curé de S. Germain Thomas Vandel, qui étoit au-paravant Chanoine de S. Pierre. Ce Parti commençoit d etrealors le plus fort. II y avoit trois Syndics qui en étoient.Ils entretenoient un Capitaine & un Héraut de Berne, fous

prétex-

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" Le nombre des Reformez devenanttous les jours plus considérable, ils firentparoitre en diverses occasions leur mé-contentement de ce que , pendant qu'ilne leur étoit permis dc prêcher que dansle seul Couvent des Cordeliers , les Ca-tholiques avoient une fcntiere liberté defaire dans toutes les autres Eglises , l’e-xercice de leur Religion, & de pratiquerpubliquement toutes les Cérémonies duPapisme.

Ces plaintes ne surent pas mépriséeseu Conseil, dont la plus grande partieétoit pour le parti des Reformez : LeMagistrat prit des mesures pour pourvoirl’Eglise , pendant le Carême, d’un Prédi-cateur qui fut de leur goût. Sur l'avisqu’il eut, que les Reformez avoient faitvenir dans Geneve un Cordelier , qui a-voit la réputation de bien prêcher , &qui n’étûit pas éloigné de leurs scnti-mens, il se proposa dc lui faire avoirla Chaire. Mais pour ne pas donner su-jet de plainte aux Ecclésiastiques Ro-mains, il voulut que le Cordelier la de-mandât au Chapitre qui, en l’absence del’Evêque & de son Conseil Episcopal, re-voir le premier rang dans l’EgJise.

L>es Chanoines , à qui le Prédicateurnagréoit pas , l’ayant renvoyé au GrandVicaire qui se tenoit à Gex , celui-ci luirépondit , que l’Evcque lui même , quidevoit, disoit-il, venir dans peu à Ge-

neve , y ameneroit avec lui un Prédica-teur, tel qu’il le saloir à fon Peuple, &qu’ainsi il ne pouvoir point lui accorderla permission qu’il demandoit. Cepen-dant le Carême avoit dé j a commencé ,-Sc l’on n’avoit encore pourvu l’Eglised’aucun Prédicateur. Sur quoi le Con-seil fit une Députation aux Chanoines ,pour les prier de permettre au Cordelierde prêcher dans St. Pierre, mais ils nevoulurent faire là delìus aucune tépon-se. Ce qui détermina le Conseil, pourfaire moins de peine au Chapitre, d’aísi-gner au Prédicateur, au lieu de la Ca-thédrale , l’Eglise de St. Germain. MaisThomas Vandel Curé de cette Eglise, Scles principaux de la Paroisse s’y oposé-rent d’abord. Us vinrent au Conseil le14. de Fevrier, déclarer qu’ils se conten-toient d’entendre la Mesie , & le prierde ne point faire prêcher le Cordelierdans leur l’Eglise, pour éviter le désordrequi en pottrroit arriver. Le Conseil fut fer-me dans la résolution qu'il avoit prise ,Sc il leur ordonna d’aller entendre cePrédicateur , en leur promettant pour-tant, que, 5il préchoit des nouveauté?contraires à l’Ecriture Sainte, on le chasi.seroit. Quelques-uns de ceux d u partiCatholique, ne voulurent pas se soumet-tre à cette Ordonnance. Ils disoient,qu’ils avoient droit d’accepter ou de re-fuser les Prédicateurs qu’on leur présen-toir