Band 
Tome premier.
Seite
253
JPEG-Download
 

L I V R E I L 253 _

FEvêque aux Catholiques de son Diocèse, de s’y trouver. 1535.Les Syndics, au contraire, exhortèrent les Parties à s’y ren-dre, promettant que chacun y i’croit ouï paisiblement. El-les durèrent jusqu’à la S. Jean. II n’y eut qu’un nommé Ca-roli Docteur en Sorbonne, & un Dominicain de Palais nom-mé Chapuify, qui disputassent vigoureusement pour les Ca-

I i 3 tholi-

avoic défendus d’une maniéré si vive ;mais encore il soutint ceux des Refor-mez , avec tant de force Sc d'habileté ,qu’il ne contribua pas peu à achever, dansGeneve, Touvragc de la Rcformation dela Religion.

Quand il fe fut bien instruit des fen-timens des Reformez, Sc des raisons parlesquelles on les pouvoir défendre, ií for-ma le dessein de soutenir une Disputepublique, fur les Points contestez, entreles deux Partis, espérant de faire, par cemoyen, triompher la vérité, dont il étoitbien persuadé. 11 composa donc des Theseslin- tous ces Points, par lesquelles il s’en-gageoit à faire voir, que les Dogmes queles Théologiens Catholiques foutenoientcontre les Reformez, non feulement, nefe trouvoient point dans l’Ecriture Sain-te , mais même qu’ils lui étoient abso-lument contraires. Quand il fut bienpréparé, il fe présenta devant le Conseil,le 2j. Avril , il y produisit fes Theíes,qui surent lùés; 6c demanda la permis-sion de les soutenir publiquement, dansla grande Sale de son Couvent, après yavoir invité les Ecclésiastiques Sc les gensde lettres, tant de la Ville qu’Etrangers.

Le Conseil donna une aprobation en-tiere, au dessein de Jaques Bernard, per-suadé qu’il étoit, qub cette Dispute pour-roit beaucoup servir à mettre la véritédans tout son jour ; Sc on lui ordonnaen même tems de communiquer ses Thè-ses aux Chanoines , 6c aux autres Ecclé-siastiques , afin qu’ils puisent les exami-ner , Sc venir prêts à la Dispute ; 6; afinde leur donner tout le tems nécessairepour se préparer, le Conseil la fixa au50. de Mai.

Avant qu’elle fut ouverte , on devoit

célébrer la Fête Dieu, qui toœboit cet-

te année au 17. de Mai. L’Abbé de Bón-mont, grand Vicaire f, fit demander auConseil, le jour avant que la Fête se de-voit célébrer , s’il vouloir bien que laProcession se fit, Sc si son intention n’é-toit pas de s’y rencontrer, selon la cou-tume , ôc le fit prier de donner les or-dres , afin qu’elle fut solemnisée avec lapompe 6c les cérémonies ordinaires. Onlui répondit, que cette Fête , auffi-bienque les autres , étant un des Points con-testez , 6c qui dévoient faire la matièrede la Dispute, il étoit à propos de sus.pendre la Procession publique, jusqu’aprèsque les Theses auroient été soutenues-Que s’il paroistoit, après avoir examinétout ce qui feroit dit pour Sc contre,que la Fete dut être célebiée pour l’edi-fication de l’Eglise , Sc que cet usagefut fondé dans la Parole de Dieu , on nemanqueroit pas de la solemnifer à l’ordi-naire, le jour de l’Ocsave, Sc d’obligertout le monde à s’y trouver. Cepen-dant, pour ne pas scandaliser entierementles Ecclésiastiques , on leur pernrít de cé-lébrer la Fete, s’ils vouioienr, le jour mar-qué, Sc de faire des Processions, à con-dition q réelles ne fe feroient point dansles Rués, mais feulement dans les Egli-ses,

Le jour destiné à la Dispute aprochant,le Petit 6c le Grand Conseil s’occupércncà en régler Tordre Sc les préliminaires.Ils déclarèrent d'abord qu’elle fe feroitfous leur autorité, Sc qu’ils la regardoientcomme un moyen très propre, pour réu-nir les esprits, fur les matières de Reli-gion, ôc pour rétablir la tranquillité pu-blique, puis-que tous les Savans du Paisy étant invitez , il y avoit lieu d’eipe-rer qu’ils conviendroient entr’eux, desDogmes qui étoient contenus dans h Pa-

"f U n’eftapellé dansles Regîtresdu Conseil,que Doyendes Chanoi-nes, farceqite la Villene recon-naissantplus l’Evê-que, elle nereconnolj-solt plus ,par là mê-me , le Vi-caire duPrélat.