_ 254 Histoiie DE Gekeve.
1535. tholiques. Les Syndics avoient ordonné que quarte Secré-taires écrivident ce qui se diroit de part & d’autre, afin quele tout étant vû en Conseil, on avisât à ce qu’on auroit enfuite à faire. Après cela, le même Jaques Bernard quittal’Habit, embrassant le parti des Protestans. Quelque tems
après,
rôle de Dieu , ou, que s’ils n’en conve-noient pas, il ne ternir pas difficile auxpersonnes qui scroient présentes à la Dis-pute , 5c qui auroienr leur salut à coeur,de connoitre de quel côté seroit la véri-té. Ensuite, ils ordonnèrent que cetteDispute seroit publiée de leur part à sonde Trompe, qu’on y inviteroit toutes sortesde Savans de la Ville ôc Etrangers, Ecclé-siastiques 5c Séculiers, qu’on donneroit auxuns 5c aux autres une entiere fureté, quechacun indifféremment, y pourroit dis-puter avec toute sorte de liberté. Qu’ondésendroit, sous de grandes peines, tou-tes injures 5c toutes querelles. Ce queson fit savoir aux Prêtres 5c aux Moines.On ordonna de plus, qu’il y auroit huitCommissaires de la part du Conseil, quidirigeroient la dispute, 5c qui auroientsoin que tout s’y passât par ordre 6cavec bienséance , 5c quatre Secretairespour écrire fidellement ce qui seroit ditde part 5c d’autre. Les Commissaires fu-rent Michel Sept , Claude Savoye , JeanBal.trd , Girardin De-la-Rive, ClaudeDe Châteauneuf , Claude Ricbardet , AmiDe Chapeanrouge, 5c Jean- Ami Curtet.Les Secretaires croient Claude Ro/et, Se-cretaire de la Ville, André Viennois , Ri-chard Vellut 5c François W'arrier, Notai*res. De ces Commissaires il y en avoitla moitié qui étoient encore ouvertementCatholiques-Romains, comme Richardet,Balard 5c De-la-Rive, ce qui étoit fansdoute fait exprès , afin qu’il y eut desTémoins des deux Partis. On prit aussiquelques précautions pour la garde, 5cpour la sûreté de la Ville , afin de pré-venir les dangers auxquels elle auroit pûctre exposée, par la quantité d’Etrangerscyi’une íblemnité si extraordinaire pour-roit y attirer. Enfin on résolut, qu’a-près qu’on auroit suffisamment notifié lefour de la Dispute, dans tout le voisi-
nage ; de forte que personne n’en purprétendre cause d’ignorance, elle se tien-droit au tems marqué, soit que les Etran-gers s’y rencontrassent , soit qu'ils n’yvinflent pas.
Le jour avant qu’clle commençât, JeanChapuis Dominicain, 5c le Prieur du Cou-vent de Palais , vinrent prier le Conseilde permettre à Guy Furhitì , qui étoittoujours prisonnier, d’avoir la liberté devenir disputer, parce qu’ils n’avoient pointdans leur Couvent de Religieux qui futhomme de Lettres , 5c en état, par con-séquent , de se bien aquitter d’un Actede cette nature. On leur accorda leurdemande, 5c 011 leur dit même, que leConseil consentoit à l’élargissement deFuríiti , pourvu qu’il satisfit, (elon l’in-tention des Seigneurs de Berne , au Ju-gement du Conseil des Deux Cent. MaisFurbiti, qui ne se soucioit aparemmerrtpas de se trouver à cette Dispute, refu-sa de s’y rendre, quand on vint lui an-noncer la résolution du Conseil , à sonégard.
La Dispute commença au jour marqué,ôc dura environ quatre semaines. L’E-vêque avoit défendu aux Ecclésiastiquesde s’y rencontrer, ôc le Duc de Savoyeavoit fait les mêmes défenses à ses Su-jets , de sorte qu’il y en eut fort peuqui y assistassent. A la premiere Séance,aucun Prêtre n’y parut. Ce qui portales Sindics à aller inviter eux-mêmes leChapitre , à se trouver aux suivantes.On sollicita aussi fortement les Prêtresd’y venir, fur les remontrances que Fa-rci fit au Conseil, de les presser de s’yrendre. De maniéré qu’il s'y rencontratoujours dans la fuite, quelque Ecclesiasitique. Jean Chapuis Citoyen de Geneve »le même dont on vient de parler, 5c unDocteur de Sorbonne nommé Pierre Ca -roli , y vinrent entr'aimes, Se en furent